Coupe du monde 2018: France-Argentine en 8e de finale, ça fait flipper non?

FOOTBALL Les Bleus pas rayonnants, les Argentins miraculés, il y a tout pour qu'on le sente moyen moyen ce match...

Nicolas Camus

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Varane face à Messi avant France-Argentine en 8e de finale de Coupe du monde.
Varane face à Messi avant France-Argentine en 8e de finale de Coupe du monde. — SIPA / Montage 20 Minutes
  • La France affrontera l'Argentine en 8e de finale de la Coupe du monde.
  • Les Bleus ont achevé la phase de poule en tête et invaincus, mais le jeu proposé n'a pas été brillant, loin s'en faut.
  • En face, Messi et ses partenaires font figure de miraculés et arrivent lancés.

De notre envoyé spécial à Moscou,

Le grand écart, en quatre jours. Après un troisième match de poule disputé avec la moitié de l’équipe type et au tout petit trot, l’équipe de France va basculer non seulement dans une autre compétition mais face à un adversaire redoutable. L’Argentine, son adversaire en 8e de finale samedi, ne s’est pas transformée en machine de guerre en une soirée. Sa défense paraît toujours aussi faible et la notion de jouer ensemble aléatoire. Mais elle va arriver lancée après un match au couteau face au Nigeria, joué sous la menace d’une implosion de la sélection si ça se passait mal. Et ça n’est vraiment pas passé loin.

Les Argentins vont débarquer à Kazan la tête plus légère et le moral gonflé à bloc. « On en avait besoin. Maintenant la Coupe du monde commence pour nous », a glissé à la fin du match le défenseur Marcos Rojo, improbable sauveur de la nation à la 86e minute. C’est l’avantage quand vous avez vu la lumière au bout du tunnel et que vous avez eu le courage de faire demi-tour. Du coup, vu de chez nous, l’Argentine a une bonne gueule de gros-qu’on-pensait-aux-fraises-et-qui-va-se-réveiller-pile-pour-nous-sortir.

Autre argument de ce scénario diabolique qui se met en place, évidemment, Lionel Messi. On le disait plus capable de surnager au sein d’une équipe si médiocre, ou en tout cas plus assez motivé pour le faire. Loupé. Il a décidé de s’énerver au bon moment. « Il montre qu’il est fantastique à chaque fois, a salué son coach, Jorge Sampaoli. Mais il a besoin du soutien de ses coéquipiers. Le plus important, pour Leo, c’est son côté humain. Beaucoup de gens pensent qu’il ne s’amuse pas à jouer avec l’Argentine, je pense que ce n’est pas vrai. Je le vois souffrir et être heureux avec l’Argentine. »

« On sait qu’on doit encore travailler deux-trois trucs, mais on a confiance en nous »

En face, les Bleus sortent d’un premier tour où, quoi qu’ils en disent, ils n’ont réussi qu’une mi-temps sur six : la première face au Pérou. Pour le reste, ça a patiné sévère. L’argument répété, à savoir « nous au moins on gagne, regardez comme les autres grandes nations ont du mal », n’est recevable qu’à moitié. La France a le mérite d’avoir évité les pièges qui se présentaient devant elle, mais l’Australie, le Pérou et le Danemark, c’était objectivement moins bon que le Mexique, le Nigeria, la Suisse ou la Suède (pour parler de ceux qui ont battu ou accroché les favoris).

S’il n’y a pas de quoi sauter au plafond, il y a tout de même des choses qui jouent pour l’équipe de France.

  • La fraîcheur. Lloris, Umtiti, Pogba, Matuidi, Tolisso et Mbappé se sont reposés face au Danemark.
  • La solidité défensive. C’est le gros point positif de ce premier tour. Les Bleus n’ont encaissé qu’un but, sur penalty, et en moyenne à peine une occasion par match : un coup franc australien prolongé par Tolisso et sorti par Lloris, un face à face remporté par captain Hugo face au Péruvien Paolo Guerrero, et une demi-occase danoise sur ce coup franc capté en deux temps par Mandanda.
  • L’état d’esprit. Gagner en souffrant, ça fait parfois plus avancer un groupe qu’une jolie promenade.
  • N’Golo Kanté.

« De toute façon, si on veut aller loin, il faudra battre n’importe quelle équipe. On sait qu’on doit encore travailler deux-trois trucs, mais on a confiance en nous », résume Antoine Griezmann. On est tenté de dire qu’il est gentil sur le « deux-trois », mais les Bleus n’ont pas besoin de nos leçons pour savoir ce qu’ils ont à faire. En gros, s’appuyer sur les quelques mouvements offensifs et la cohérence collective montrés face au Pérou, le tout à la puissance 10.

Est-ce possible d’élever le ton en si peu de temps ? Ce choc n’arrive-t-il pas un peu trop tôt ? « On verra », a répondu Steve Mandanda, que la question a fait fuir de la zone mixte du Luzhniki. « On sait très bien que Messi fait partie des meilleurs joueurs du monde, mais on a une équipe solide et de très bons joueurs aussi. L’important est de se concentrer sur notre équipe, sur ce qu’on va faire », balaye Steven Nzonzi, qu'on sent un poil agacé comme la majorité ses coéquipiers par les doutes des suiveurs de l’équipe de France. On n’est que mercredi matin, et on piaffe déjà d’impatience.