Coupe du monde 2018: «Ils ne voulaient pas faire d’efforts, et nous non plus», les Bleus assument et ne s'inquiètent pas

FOOTBALL On aurait dû compter le nombre de fois on a entendu «l'important c'était de finir premier» en zone mixte après le match...

Nicolas Camus

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Giroud et Varane au duel lors de France-Danemark en Coupe du monde, le 26 juin 2018.
Giroud et Varane au duel lors de France-Danemark en Coupe du monde, le 26 juin 2018. — David Vincent/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Moscou,

Olivier Giroud nous a ôté le mot de la bouche. « C’était une purge, il faut dire les choses comme elles sont », a admis l’attaquant de l’équipe de France après ce troisième match de poule terminé sur un score nul (0-0) et les sifflets du stade Luzhniki. Tout le monde s’est ennuyé devant ce match, et les Bleus, très remaniés il faut aussi le dire, ne le nient pas. Mais si cette prestation vous a inquiété, sachez qu’eux pas du tout. Ils sont repartis de Moscou avec ce qu’ils étaient venus chercher, et ça suffit à leur bonheur.

« C’est sûr que pour le public et les téléspectateurs, ce n’était pas très beau à voir. Mais l’objectif était de finir premiers du groupe et c’est fait », résume Steve Mandanda. On ne peut pas leur enlever ça. Les Danois, eux, n’étaient là que pour prendre le petit point qui leur assurait la qualification, et ça c’est vu. A onze dans leur camp tout le match, ils n’ont pas aidé à élever le niveau. « On a essayé de prendre l’avantage en première période, mais on s’est heurté à leur défense. Après, dans la seconde, ils ne voulaient pas faire d’efforts, et nous non plus », avoue Griezmann, qui en « habitué avec [son] club », n’a pas été gêné du tout par le contenu du match.

«Cela n’a pas été un non-match»

Ses coéquipiers ne l'ont pas été non plus. On a cherché un peu, personne ne s'est montré ce serait-ce qu'un poil inquiet. «On a montré qu’on était solide, encore une fois», a noté Steven Nzonzi. Si on peut se permettre, on aurait quand même bien aimé voir quelques progrès dans le jeu, dans la foulée de ceux entrevus face au Pérou par rapport à l’Australie. C’est d’ailleurs ce que les Bleus nous avaient promis. Raté.

Deschamps  - qui a réussi à comptabiliser sept occasions (!) - a beau dire que «cela n’a pas été un non-match», l’expression collective a été proche du néant. Il a fallu attendre 40 minutes pour voir un tir cadré, et rien n’a fonctionné devant, notamment la relation Griezmann-Giroud. « On n’a pas fait notre meilleur match dans la complicité, relève le second, mais de manière globale on a tous pas été à notre meilleur techniquement. On a envie de vite oublier ce match. »

Tout le monde va le faire, et tant pis pour les remplaçants. Lemar, Sidibé et Dembélé, notamment, avaient l’occasion de revenir dans les plans du sélectionneur. Ils repasseront. Place maintenant aux matchs couperets. Les Bleus ne semblent pas beaucoup plus avancés qu’au départ. « Non, il y a tout ce qu’il faut, coupe DD, qui assure avoir apprécié ce premier tour. On est perfectibles, mais on voit que c’est compliqué pour tout le monde. » Pour les Bleus, en tout cas, le niveau d’adversité va clairement grimper.