Coupe du monde 2018: «On a besoin de supporters, pas de spectateurs», les Bleus pas très contents des sifflets

FOOTBALL Le public a manifesté son agacement devant le refus de jeu de la France et du Danemark en fin de match…

Julien Laloye

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Le père et le frère d'Antoine Griezmann ont assisté au match entre la France et le Danemark.
Le père et le frère d'Antoine Griezmann ont assisté au match entre la France et le Danemark. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Moscou,

Ce n’était pas tout à fait le Autriche-RFA de 1982, ce fameux match de la honte qui se termina sur une victoire de l’Allemagne de l’Ouest sur un score qui arrangeait tout le monde sauf l’Algérie (1-0), Mais ce n’était pas très glorieux quand même. Après un match déjà pas folichon, La France et le Danemark n’ont pas été loin de se ficher du monde à partir du dernier quart d’heure, surtout les Danois d’ailleurs. Ces derniers, pourtant assurés d’être qualifiés puisque l’Australie n’a pas existé face au Pérou, multipliaient les passes entre le gardien et les défenseurs centraux, et les Français ne déclenchaient pas un pressing extrême, pour le dire gentiment.

C’était tellement gros que le public du Lujnikhi s’est mis à siffler très sérieusement, et ça venait beaucoup du coin des supporters français, quoi qu’en dise Giroud. « Ce sont les Russes qui ont surtout sifflé je pense. Quand on vient voir un spectacle et des buts… On est désolé de ce premier 0-0. Si une équipe peut se blâmer c’est quand même Danemark, qui est resté derrière et qui jouait même la montre à la fin ». Argument moyennement recevable. Pour la première fois, les spectateurs tricolores s’étaient déplacés en nombre (entre 5 et 10 000 personnes réparties un peu partout), et ils en avaient après les leurs, pour la globalité du spectacle offert depuis le début du mondial.

  • N’Golo Kanté : « Le tempo était très lent, c’est pour ça qu’ils voulaient qu’on montre un peu plus du spectacle, mais je pense que les supporters des deux camps comprennent que le plus important, c’était de se qualifier pour le prochain match ».
  • Steve Mandanda : « Je peux comprendre que le match n’ait pas été plaisant pour les spectateurs, on n’a pas poussé plus que ça en fin de match. Mais pour nous, le plus important, c’était de passer premier »

 

Voilà pour les réactions les plus mesurées. Mais il fallait écouter Antoine Griezmann pour saisir que les sifflets ont laissé poindre un léger ressentiment, ​presque une petite fracture entre l’équipe de France et ses fans : « On est habitués. Si on fait tourner la balle on se fait siffler, si on ne marque pas de but on se fait siffler ». Pogba, qui a décidé de ne plus s’arrêter de parler, est même aller plus loin : « On a besoin de supporters, pas de spectateurs ». Le reproche n’est pas nouveau, mais il vise directement le public tricolore. Les supporters danois, eux, ont fêté la qualification de leurs joueurs sans jamais leur reprocher d’avoir bafoué le jeu.