Ligue 1: Les adieux émouvants d'Alain Casanova au TFC

FOOTBALL L'entraîneur de Toulouse, menacé de relégation, s'est exprimé après son remplacement par Dominique Arribagé, ce lundi...

Nicolas Stival
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Alain Casanova s'exprime après son éviction du poste d'entraîneur du TFC, le 16 mars 2015 à Toulouse.
Alain Casanova s'exprime après son éviction du poste d'entraîneur du TFC, le 16 mars 2015 à Toulouse. — N. Stival/20 Minutes

Un entraîneur d'une équipe relégable en Ligue 1, fraîchement remplacé, qui quitte un stade sous les applaudissements des journalistes venus assister à la présentation de son successeur. Etonnant, non? Pourtant, cette scène a bien eu lieu, lundi à Toulouse, avec Alain Casanova dans le rôle principal. Le désormais ancien doyen des entraîneurs de L1, en poste depuis 2008, est remplacé par Dominique Arribagé, après 257 matchs dans l'élite.

35% - Alain Casanova a enregistré le 3e meilleur ratio de victoires avec @ToulouseFC en L1. Violet. pic.twitter.com/qaqgNBoOcQ
— OptaJean (@OptaJean) March 16, 2015



«Le premier responsable de l'échec, c'est moi, assure le président Olivier Sadran. Mais à la différence de beaucoup d'autres présidents, je ne pouvais pas démissionner, car je suis actionnaire.» Sans Sadran et ses sous, le TFC ferait faillite.

Aussi, c'est Casanova, pourtant très lié à son patron, qui a sauté, alors que Toulouse compte trois points de retard sur le premier non-relégable avant un périlleux derby de la Garonne, samedi. N'allez pas chercher de déclarations vengeresses chez le Clermontois de naissance, arrivé au TFC comme gardien en 1992 avant de devenir entraîneur des portiers, entraîneur-adjoint puis technicien en chef.

«Aucun entraîneur n'a eu un aussi grand confort que moi»

«Ce qui compte, c'est l'avenir du club et la nécessité de le sauver, assure Casanova. Je serais le plus malheureux des hommes si Toulouse n'atteignait pas ses objectifs. Et le plus heureux dans le cas contraire.» Pas de rancœur alors? «Aucun entraîneur n'a eu un aussi grand confort que moi. J'ai travaillé avec un président, des directeurs général (Jean-François Soucasse) et sportif (Ali Rachedi) extraordinaires et avec des gens de très grand talent au centre de formation.»

Le Franco-Espagnol de 53 ans souhaite bonne chance à Arribagé et se dit «fier de ce qui a été fait» au TFC sous sa direction, avec «une philosophie de jeu qui est apparue » et des «équipes de jeunes avec de très bons résultats». Seulement, cette saison avec l'équipe première a été plus dure. Casanova a beaucoup tenté pour inverser la tendance. En vain.

«Je me sentais encore les capacités pour redresser la barre»

«On a manqué un peu de personnalité et de leaders. Des joueurs ont aussi mis un peu de temps à s'intégrer. Et puis le doute s'est installé. Mais il n'est pas question de dire que l'effectif n'était pas à la hauteur. Il lui faut juste un peu de confiance, de détermination.»

Peut-être que le choc psychologique jouera pour renverser une situation très complexe. «Je me sentais encore les capacités pour redresser la barre et je pense qu'on se serait maintenu, indique toutefois Casanova. Mais je n'étais sûr de rien non plus... Si ce changement peut être le déclic, c'est tout ce que je souhaite au club.»

Il a refusé un reclassement interne

Après avoir refusé les propositions de reclassement de Sadran, le technicien va prendre un peu de repos. Sous contrat jusqu'en 2016, il ne voulait ni d'un poste à la formation, ni d'un fauteuil dans un bureau. La séparation devrait se faire à l'amiable. «Je suis entraîneur professionnel, le foot c'est ma passion, ma raison de vivre, lance Casanova. J'ai envie de rester au plus haut niveau si l'occasion se présente.» Et si c'était en Espagne, son pays d'origine et de cœur, ce serait encore mieux...