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Comment Jonas Vingegaard et la Visma vont pouvoir détrôner Tadej Pogacar

Tour de France 2025 : Quel plan d’attaque pour espérer détrôner Tadej Pogacar du côté de Vingegaard et de la Visma ?

à la chasseAvec déjà près de deux minutes de retard sur Tadej Pogacar, Jonas Vingegaard va devoir changer
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Avant même les premières grosses étapes de montagne, Tadej Pogacar possède une belle avance sur Jonas Vingegaard, son principal adversaire pour le maillot jaune.
  • La Visma-Lease a bike assure avoir « un plan » pour tenter de faire tomber de son trône le Slovène, même si les premières tentatives dans le Massif Central se sont avérées vaines.
  • Avec trois grosses étapes dans les Pyrénées au programme à partir de ce jeudi, le Danois doit commencer à rattraper son retard pour espérer décrocher un troisième titre à Paris.

En voyant Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard cette année sur le Tour de France, Jean de La Fontaine aurait peut-être réfléchi à deux fois avant d’écrire la fable du Lièvre et de la Tortue. « Rien ne sert de courir, il faut partir à point », disait l’homme de lettres au XVIIe siècle. Grand bien lui fasse, pourrait lui répondre l’herbivore slovène, parti à toutes enjambées depuis le départ du Tour et pas franchement décidé à se laisser endormir par le tétrapode danois.

En dix jours passés sur les routes de France, des vallons normands aux premiers cols auvergnats, Tadej Pogacar a déjà pris près de deux minutes à son adversaire le plus sérieux sur le Tour. Une minute et seize secondes, pour être tout à fait précis, la majeure partie de cette avance acquise lors du contre-la-montre autour de Caen. Depuis, le triple vainqueur de la Grande Boucle n’a jamais vraiment été inquiété et s’il n’avait pas joué le bon samaritain avec Ben Healy, il porterait encore le maillot jaune.

« Une révolution personnelle qui est nécessaire »

Alors, comment faire pour bouter Pogacar 1er hors de son trône dans les dix jours qui viennent ? « Je suis toujours en retard et je vais devoir rattraper ce retard », indiquait le Danois lundi, à la veille de la journée de repos. Premier bon point pour Jonas Vingegaard : la prise de conscience, simple mais efficace, une étape nécessaire dans le processus d’acceptation de la situation avant d’aller à la guerre, comme l’indique le site de psychologie NosPensées.com :

« « La prise de conscience, cela signifie ouvrir les yeux de l’intérieur pour rendre conscient l’inconscient et ainsi pouvoir faire le premier pas puis commencer toute une révolution personnelle qui était nécessaire. Ce n’est qu’à ce moment que nous serons capables d’avancer vers ce que nous méritons. » »

Soyons honnêtes, Jonas Vingegaard va avoir du mal à se défaire de Tadej Pogacar, mais il peut compter sur les stratèges hors pair de la Visma-Lease a bike, qui n’auraient rien à envier à Napoléon. Ceux-là mêmes qui avaient monté le coup du Granon en 2022, des attaques répétées à plusieurs (Vingegaard, Kuss, Roglic), avec des soutiens à l’avant, lesquels avaient permis au Danois de renverser l’ordre établi et voir un Pogacar en souffrance comme jamais, KO après les crochets successifs des Néerlandais.

« Pour l’instant, Pogacar est en maîtrise »

Avec Jonas Vingegaard et Matteo Jorgenson dans le top 5, la Visma-Lease a bike possède encore deux armes à fort pouvoir de nuisance. Et tant que les deux gaillards resteront aux alentours des deux minutes de retard, Tadej Pogacar continuera d’être harcelé. D’autant que l’équipe possède, avec Simon Yates, Sepp Kuss, voire Wout Van Aert, quelques grégarios sympathiques pour mener une nouvelle bataille d’Austerlitz 3.0.

« Il faudra reproduire un peu le schéma du Granon dans les étapes de montagne, analyse l’ancien grimpeur David Moncoutié. Attaquer à tour de rôle en espérant que l’équipe UAE soit moins forte. Il faut essayer un peu tous les jours, profiter de l’abandon de João Almeida, même si Pogacar est tellement fort qu’il peut se passer de ses coéquipiers. Pour l’instant, il est en maîtrise, mais s’il se retrouve esseulé assez loin de l’arrivée… »

Pogacar pas très serein ?

On a eu un aperçu du nouveau « plan » des bourdons néerlandais lors de la 10e étape dans le Massif Central, où les difficultés restaient encore assez douces. Dans les deux dernières montées, le champion du monde s’est retrouvé tout seul et a dû rattraper lui-même les attaques de Jorgenson. Seule fausse note, Vingegaard s’est contenté, lui, de suivre le champion du monde, sans jamais grimper sur la machine pour tenter de fausser compagnie à son meilleur ennemi.

« Il faudra peut-être attendre encore un peu, on l’a attaqué pour le mettre sous pression, a commenté le Danois au casque rouge. Jusqu’à présent, j’ai pu suivre toutes ses attaques, ce qui n’était pas le cas sur le Dauphiné. Cela montre clairement que je suis à un niveau supérieur à celui d’il y a quelques semaines. »

Cette entreprise de harcèlement quotidien, qui n’a pas encore porté ses fruits, n’est pas vraiment du goût de Pogi, fâché de voir la concurrence vouloir le détrôner. « Ils étaient un peu énervants avec leurs attaques alors j’ai décidé d’en placer une moi-même, en mieux », a-t-il rapidement lâché lundi soir aux médias slovènes. « J’ai l’impression qu’il commence à s’énerver. Nous, on essaie juste de suivre notre plan qui est de lui rendre la vie la plus difficile possible », lui a répondu Victor Campenaerts.

Le mauvais souvenir de la Loze

Le travail de sape ne fait donc que commencer, comme l’a indiqué Grischa Niermann, le directeur sportif de la Visma : « Le plan était de progresser étape par étape tout en rendant le travail plus difficile dans le groupe principal. Nous n’avons pas encore trouvé de faiblesse chez Tadej. Espérons que nous le fatiguons vraiment. » A la manière d’une corrida, les Néerlandais agitent à foison la muleta avant de porter l’estocade dans les longues ascensions pyrénéennes et alpestres.

« En troisième semaine, dans la haute montagne, sur des efforts de trente minutes ou plus, Vingegaard est réputé pour être meilleur, mais Pogacar a comblé ses légères lacunes à ce niveau là. »

David Moncoutié
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Sans vraiment y croire, la Visma-Lease a bike espère aussi que Tadej Pogacar traversera la fameuse « journée sans », que tous les coureurs redoutent. Celle où les jambes ne répondent plus, comme lors de la 17e étape du Tour de France 2023 où, lâché par tout le monde dans le terrible col de la Loze, Pogi s’était avoué vaincu. « C’est fini, je suis mort », avait-il lâché à l’oreillette. En revoyant les lacets du terrible col alpestre le 24 juillet, le Slovène aura sûrement quelques mauvais souvenirs en tête. Suffisant pour que la tortue rattrape finalement le lièvre ?