Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Dominé sur le chrono, Jonas Vingegaard est-il déjà largué pour le général ?

Tour de France 2025 : Dominé sur le chrono, Jonas Vingegaard est-il déjà largué pour le général face à Pogacar ?

le coup sur la cabochePrincipal adversaire de Tadej Pogacar, Jonas Vingegaard a perdu énormément de temps sur le contre-la-montre, ce mercredi
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Le Belge Remco Evenepoel a remporté le contre-la-montre de la 5ème étape du Tour de France, devançant Tadej Pogacar de 16 secondes, tandis que Jonas Vingegaard a terminé loin derrière, perdant déjà 1'13 sur son principal rival au classement général.
  • La contre-performance inattendue de Vingegaard surprend jusqu'à son propre directeur sportif, Grischa Niermann : « Je suppose que Jonas n’avait pas assez de puissance aujourd’hui. On ne s’attendait pas à ce déficit de temps, on espérait mieux. »
  • Ce retard pourrait pousser l'équipe Visma-Lease a bike à adopter une stratégie plus offensive dans les prochaines étapes, notamment dans les Pyrénées, rappelant leur tactique gagnante de 2022.

Kévin Vauquelin a dû se demander si quelqu’un ne lui faisait pas une mauvaise blague dans l’oreillette en plein pendant son contre-la-montre, ce mercredi. « T’es plus rapide que Primoz Roglic, l’encourageait vivement l’un des directeurs sportifs d’Arkea-B & B Hôtels dans la voiture qui le suivait. T’es plus rapide que Matteo Jorgenson, T’es plus rapide que Jonas Vingegaard. Allez môme ! »

S’il a fait un superbe chrono (5e) à Caen, le puncheur français n’imaginait sans doute pas faire mieux que tout ce beau monde, prétendant à un podium à Paris. Et encore moins que Jonas Vingegaard, double vainqueur du Tour de France et principal protagoniste pour éviter la dictature de Tadej Pogacar sur la Grande Boucle, qui a terminé bien loin du vainqueur du jour, Remco Evenepoel.

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

La victoire du Belge était attendue, espérée même pour mettre un brin de suspense dans ce Tour promis au glouton slovène, toujours en quête de davantage de victoires, de davantage de records, de davantage de maillots. Mais l’écart entre les deux hommes (16 secondes) a été une première surprise. Et la différence entre Pogacar et Vingegaard, une deuxième. En 33 km, le Danois a perdu une minute et cinq secondes sur le despote de Team Emirates.

Pogacar s’attendait à un meilleur temps de Vingegaard

Après cinq étapes, et sans aucune étape de montagne encore disputée, le petit Jonas a déjà 1’13 de retard sur son principal adversaire, qui ne s’attendait pas à voir son garde du corps exploser comme ça sur un chrono tout plat. « Je m’attendais à ce qu’il soit plus près, qu’il soit même devant moi, a commenté Pogacar sur France 2. Si j’avais eu une journée comme celle vécue sur le Dauphiné [où il avait réalisé un très mauvais chrono], il aurait même pu me battre. Mais j’ai été meilleur, j’ai peut-être plus cru en moi-même, mais je m’attendais quand même à ce qu’il soit plus proche. »

Il n’était pas le seul. Grischa Niermann, le directeur sportif de la Visma-Lease a bike n’était pas très loquace à l’arrivée, ne trouvant pas d’explication à la performance de son poulain : « Après quelques kilomètres, il était déjà à huit secondes derrière Remco et puis il a perdu du temps tout le long du chrono. Je suppose que Jonas n’avait pas assez de puissance aujourd’hui. On ne s’attendait pas à ce déficit de temps, on espérait mieux. »

D’autant que rien ne laissait présager d’une telle contre-performance. « Je pense que je peux dire sans problème que je suis plus fort que jamais, assurait le Danois juste avant le départ du Tour de France. Je suis au pic de ma forme, le plus haut niveau que j’aie jamais atteint. Là je suis plus lourd que ce que j’étais, mais c’est du muscle, et on sait que ça donne de la puissance. » Visiblement pas trop, pour cette fois.

Un mal pour un bien ?

La veille de ce funeste contre-la-montre, le Danois avait pourtant donné de solides gages de cette fameuse puissance. Il s’était ainsi accroché comme un damné dans la terrible Rampe Saint-Hilaire, où Pogacar avait décidé d’éparpiller la concurrence avec une attaque violente en danseuse pendant près d’une minute. Au bord de la rupture, Vingegaard avait finalement réussi à coller au cul du Slovène pour finir dans le même groupe. Avant donc de craquer vingt-quatre heures plus tard à distance.

Mais ce petit retard ne serait-il pas la meilleure nouvelle pour le spectacle sur le Tour de France. Déjà un peu décroché, la Visma va devoir sûrement s’adapter et changer de stratégie. « On va devoir avancer et aller chercher du temps si Jonas veut gagner ce Tour », a ainsi expliqué Grischa Niermann. Il serait étrange de ne pas voir Jonas Vingegaard passer à l’attaque plus tôt, sous peine de voir Pogi rouler sur un tapis rouge avant même l’arrivée à Paris.

S’il peut grappiller quelques secondes par-ci par-là sur les différentes étapes vallonnées des prochains jours, il faudra sûrement attendre les Pyrénées, en fin de semaine prochaine pour voir les premières missions commandos se mettre en place. Le temps pour tous les suiveurs de la Grande Boucle de se mettre à rêver d’un scénario semblable à celui du col du Granon, en 2022, où les abeilles néerlandaises avaient « essayé de mettre Pogacar sous pression, de le démolir », comme l’expliquait alors Steven Kruijswijk.

Toute l'actualité du Tour de France

La Jumbo-Visma avait décidé, à une soixantaine de kilomètres de l’arrivée, de lancer un plan d’attaque incroyable avec Primoz Roglic et Jonas Vingegaard en chef d’orchestre, bien accompagnés par les premier violon Wout Van Aert et les cuivres Christophe Laporte ou Sepp Kuss. Cette année, les Bataves possèdent encore, avec Simon Yates ou Matteo Jorgenson, d’une solide troupe pour tenter de mettre hors d’état de nuire le Slovène. Il faudra au moins ça. Et encore, ça pourrait ne pas suffire.