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Tour de France 2025 : Tadej Pogacar « est encore le plus fort »… La domination de Pogi va-t-elle écœurer le peloton ?
Le diable s’habille en cycliste•Tadej Pogacar a remporté la 4e étape du Tour de France ce mardi à Rouen devant Mathieu van der Poel et Jonas VingegaardAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Tadej Pogacar a remporté la 4e étape du Tour de France, ce mardi entre Amiens et Rouen, et levé les bras pour la centième fois de sa carrière.
- La domination du Slovène, champion du monde, qui gagne (presque) toutes les courses auxquelles il participe, commence un poil à agacer, tout comme son comportement, parfois un peu arrogant.
- « Il énerve déjà, parce qu’il écrase, qu’il domine, expliquait ainsi Philippe Gilbert. Il commence à déranger dans le milieu. Il ne faut jamais oublier de rester humble et de respecter ses adversaires. »
La question n’est même plus « est-ce que Tadej Pogacar va remporter un nouveau Tour de France », mais davantage, avec combien de temps d’avance sur son premier poursuivant, le Slovène va terminer la Grande Boucle ? Dans la foulée d’un Dauphiné dominé de la tête et des épaules, après avoir déjà survolé le Tour des Flandres, l’Amstel ou la Flèche wallonne cette année, le champion du monde en titre rafle tout.
Comme cette quatrième étape du Tour, ce mardi à Rouen, où le Slovène a commencé son entreprise de destruction sur la concurrence : un rythme de fou imposé par son équipe dans les quinze derniers kilomètres, une attaque dévastatrice dans le Mont Saint-Hilaire à cinq km de l’arrivée, où seul Jonas Vingegaard a réussi à s’accrocher par les poils du nez, et un sprint de costaud devant Mathieu van der Poel, excusez du peu.
Au terme de la quatrième étape du Tour de France, le triple vainqueur de la Grande Boucle, en route pour la quatrième, a déjà le maillot jaune à portée de main. Il devrait le revêtir mercredi, après le contre-la-montre autour de Caen. Ne lui parlez déjà plus de Primoz Roglic, qui n’est pas arrivé à suivre les meilleurs dans le Mont Saint-Hilaire et piégé dans les bordures le premier jour ou de Remco Evenepoel, relégué déjà à près d’une minute.
Pogacar « m’impressionne, et pas seulement moi »
Le Belge se montrait pourtant confiant, à l’arrivée à Rouen, à l’idée de reprendre ses 58 secondes de retard sur le Slovène. Tout le contraire de Mathieu van der Poel, presque déjà un peu résigné sur une possible victoire à Mûr-de-Bretagne, vendredi, un terrain qui lui convient pourtant à la perfection : « Ça va être difficile en voyant comment Tadej roule. Il m’impressionne et pas seulement moi, indiquait le Néerlandais sur France 2. Tadej était encore le plus fort, dès la première journée il se bat pour la victoire, c’est impressionnant. »
Le Slovène lui, a voulu la jouer modeste : « Tout le monde était à la limite, dans la dernière montée. Je suis super content et super fier de ce qu’a fait l’équipe. Gagner sur le Tour, c’est incroyable. On était tellement de supers coureurs dans le final, c’était très nerveux, c’est du pur vélo. » Une réaction un peu éloignée de l’image du mauvais garçon qu’il renvoyait depuis le début de l’année, où à l’ambition se mêlait un peu d’arrogance.
Au point de commencer à susciter une petite vague d’écœurement parmi les suiveurs de la bicyclette, notamment après le Dauphiné où en plus d’avoir mis la misère à la concurrence, le triple vainqueur du Tour de France a pu parfois dénigrer ses semblables. « J’étais pressé de voir Urska Zigart [sa compagne] terminer le Tour de Suisse. Je suis arrivé juste à temps. Tout va bien », avait-il expliqué après la première étape de montagne.
« Il énerve parce qu’il écrase, qu’il domine »
Il avait rajouté du grain à moudre dans la machine quelques jours plus tard, où il l’avait joué tranquille dans le finale de l’étape, après avoir roulé sur ses adversaires : « Aujourd’hui, je me suis contenté de gérer l’ascension à mon rythme et j’ai fini le dernier kilomètre plus tranquillement pour ne pas arriver trop rincé sur la ligne. Ça me permet de passer moins de temps sur les rouleaux après la course et d’aller plus vite aux interviews. » Alors, trop c’est trop, pour certains qui n’hésitent pas à critiquer celui qui avait ramené une vague de fraîcheur dans le cyclisme.
« On voit Vingegaard qui finit, qui s’allonge sur son guidon, Remco qui arrive à son tour, il n’en peut plus, s’est exprimé l’ancien champion du monde Philippe Gilbert. Quand eux lisent une phrase pareille, ça choque, clairement, ça choque. Il énerve déjà, parce qu’il écrase, qu’il domine. Il commence à déranger dans le milieu. Il ne faut jamais oublier de rester humble et de respecter ses adversaires. »
Encore une grosse cote de sympathie
L’année dernière, après qu’il eut pulvérisé le record de la montée du plateau de Beille, jusqu’alors détenu par Marco Pantani, Tadej Pogacar avait reçu un petit conseil de Lance Armstrong : « S’il y a des spéculations sur sa performance, ça n’aide certainement pas. Parfois, il faut tenir compte de l’image que les gens ont de vous. » Une sorte de baiser du diable de l’Américain, qui est devenu persona non grata en France après avoir berné tout le monde pendant des années.
Toute l'actu du Tour de FranceMalgré cette domination outrageuse, le Slovène continue d’avoir une cote de sympathie assez élevée. « On ne l’entend jamais rouspéter dans le peloton, il est toujours en train de faufile, il est très respectueux, c’est vraiment un beau coureur, témoignait sur France 2 Kévin Vauquelin, sûrement victime du syndrome de Stockholm. Il court à l’instinct, je pense que c’est ce que veut aussi le public et c’est comme ça qu’on fait de belles choses. » C’est aussi comme ça qu’on énerve un peu tout le monde. Mais avec bientôt quatre Tours de France dans la poche, Pogi en a sûrement que faire.


















