Coupe du monde 2018: Jack White, houblon et bonbons, un bon remède au Mondial ? (3/4)

#RASLACOUPE2018 Avec la Coupe du monde de football, le pays est en proie à une excitation sans borne. À « 20 Minutes », un petit groupe d’outsiders (composé d’une personne) a décidé de résister, coûte que coûte, semaine après semaine...

Emilie Petit

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Jack White a joué à l'Olympia, à Paris, mercredi 4 juillet.
Jack White a joué à l'Olympia, à Paris, mercredi 4 juillet. — Amy Harris/AP/SIPA
  • Même si la France est en demi-finale, le calendrier du Mondial est moins chargé. Et les matches, plus espacés. Alors, on a peut-être encore une chance de remporter notre défi.
  • Coupe du monde ou pas, quand il fait 30 °C, rien ne vaut une bonne bière fraîche. On s’est posé à Opéra pour oublier.
  • Avant les quarts, on est allé prendre l’air à l’Olympia, se balancer au rythme des riffs du multi-instrumentiste, Jack White.

On s’est un peu fait à l’idée que notre défi allait être très compliqué à remporter. Voire relevait du domaine de l’impossible. Mais on a décidé de ne pas laisser tomber. Enfin, pas tout de suite. Parce que, même si la France est en demi-finale, le calendrier du Mondial est moins chargé. Et les matchs, plus espacés. Alors, on a encore une (petite) chance de réussir, non ?

Lundi 2 juillet - La désillusion

Boire un verre à Opéra ? Un bon moyen de débuter cette nouvelle semaine placée sous le signe de l’excitation intense, pour 80 % des Français. Parce que, il faut bien le dire, l'équipe de France en quart, ça en fait frétiller plus d’un. Même si nous, on se serait bien passé des illuminés du ballon pendant quelques jours encore…

C’est donc plein d’espoir que l’on retrouve Jean-Lali attablée à une terrasse ensoleillée. Le foot, a priori, c’est pas trop son truc. On devrait donc pouvoir profiter d’une accalmie, le temps d’un verre. Même si les coups d’œil inquiets qu’elle jette vers le bar d’en face (équipé d’un écran géant) nous inquiètent un chouïa. Serait-elle, elle aussi, tombée dans les filets du Mondial ?

Malgré la chaleur, les terrasses sont prises d'assaut, à Paris, pour suivre le Mondial.
Malgré la chaleur, les terrasses sont prises d'assaut, à Paris, pour suivre le Mondial. - Émilie Petit/20 Minutes

Après avoir commandé un demi de houblon frais, nous expliquons à Jean-Lali, emplis de fierté, notre défi 20 Minutes. Mais sa mine qui se décompose peu à peu ne laisse plus de place au doute. C’est sûr, elle aussi s’est fait embrigader ! Devant son silence, nous essayons de la faire parler : « Jean-Lali, avoue… Tu suis la Coupe du monde de foot ? » Elle baisse les yeux. Bafouille quelque chose. Puis nous regarde l’air contrit, et répond : « OUI ! Et franchement, je suis à fond ! Je ne comprends pas que tu ne te laisses pas porter par l’ambiance. C’est top ! »

Tandis que Jean-Lali abandonne tous faux-semblants et se met à suivre avec avidité le match Belgique-Japon qui bat son plein sur la terrasse d’en face, nous saisissons notre verre, bien décidés à déguster, comme il se doit, notre breuvage. Car, Coupe du monde ou pas, quand il fait 30 °C, rien ne vaut une bonne bière fraîche (*).

Mercredi 4 juillet - One nation (almost) army

Depuis hier soir, c’est le bonheur. Pendant deux jours, nous n’aurons pas à subir/voir/entendre les supporters (de toujours ou d’un match) des Bleus. Le dieu du Mondial a finalement répondu à nos prières. Les matchs de la Coupe du monde ne reprendront que… jeudi ! Ça tombe bien, parce que, ce soir, on va (enfin !) voir l’un des plus grands artistes de ce siècle sur scène. Jack White et ses musiciens s’installent à l'Olympia le temps d’une soirée. Et nous, on a prévu de squatter les gradins. Sans être parasité par cette obsession du ballon rond qui gagne peu à peu tous nos amis.

Heureusement, Jean-Bernard, qui nous accompagne, connaît notre désintérêt pour la chose. Nous passons donc un pacte : ce soir, le Mondial n’existe pas. Ni même Griezmann, Mbappé ou Kanté.

Après avoir passé deux contrôles, il nous reste à franchir un troisième barrage. On nous tend des housses vertes et grises entrouvertes. « Portable », nous lance le monsieur, chaleureusement. Nous nous regardons, avec Jean-Bernard, interloqués. Nous avons bien entendu, mais aucun de nous n’a compris le principe. L’homme à la housse se décide donc à nous expliquer qu’à la demande de l’artiste, aucun téléphone portable n'est autorisé dans la salle. Le sort joue en notre faveur. Pas de téléphone portable, donc pas de notifications spéciales Coupe du monde. Le bonheur !

Pendant deux heures, nous vivons hors du temps, enfermés dans la salle de l’Olympia, au rythme des riffs incontournables de Steady as she goes, Sixteen Saltines, Black math et autres merveilles instrumentales de l'Américain aux cinq carrières (The Hentchmen, The White Stripes, The Raconteurs, The Dead Weather, Jack White en solo).

Pour la première fois, nous pouvons le scander haut et fort : défi relevé avec brio (l’espace d’une soirée…). Et franchement, avec classe.

Vendredi 6 juillet - Fin de la trêve

Deux jours sans cris ni vuvuzelas. Le BON-HEUR, on vous dit. On avait presque oublié (un tout petit chouïa, hein) que le Mondial n’était pas encore terminé. Jusqu’à ce que Jean-Bibi s’arrête devant notre bureau, un panier à la main.

- Une petite pièce pour acheter à manger et à boire pendant qu’on regarde le match ?

- Heu… Le match ?

- Ben, oui ! La France joue contre l’Uruguay dans une heure !

Ok, le foot, c’est clairement pas notre truc. Les goûters, par contre… Alors, belle joueuse, on décide de proposer à Jean-Bibi de venir l’aider à transporter les bonbons et autres joyeusetés. De retour, à la rédac' avec nos victuailles, nous décidons de profiter des quelques minutes de silence pré-rencontre. Enjoy. On a bien fait. Car, trente minutes plus tard s’élève un (voire plusieurs) cri bestial, de derrière l’écran de Jean-Barthe : « Ooooooooh Awrfffffff Ouiiiiiiiiiiiiii ! ». La machine est enclenchée et rien ne peut l’arrêter. La France vient de marquer contre l'Uruguay.

Seule solution : choper quelques bonbons et… fuir ! Après avoir passé les petites rues parisiennes baignées par la foule et le soleil, et supporter tant bien que mal la moiteur des rames du métro, nous arrivons enfin chez nous. Au KLM. Prêts à repartir pour une ultime et dernière semaine, avant la libération.

(*) La consommation d’alcool est dangereuse pour la santé.

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