Coupe du monde 2018: Comment on a tenté d'échapper à la folie footballistique... en fuyant en Espagne ! (1/4)

#raslacoupe2018 Avec la Coupe du monde de football, le pays est en proie à une excitation sans borne. À « 20 Minutes », un petit groupe d’outsiders (composé d’une personne) a décidé de résister, coûte que coûte, semaine après semaine...

Emilie Petit

— 

Sous les palmiers de Séville, loin des remous de la Coupe du monde.
Sous les palmiers de Séville, loin des remous de la Coupe du monde. — Émilie Petit/20 Minutes
  • La Coupe du monde de football a débuté le 14 juin. Et le calvaire des « antis » avec….
  • Pour échapper à la fièvre nationale qui a gagné nos amis et notre famille (mais ne nous atteint clairement pas), on a décidé de partir en vacances, loin de la France !
  • L'idée ? Tenter de relever un défi de taille: vivre une Coupe du monde sans Coupe du monde.

« Et c’est le buuuuuuut !!!!! ». Depuis une semaine (allez, à peine plus), les stridulations des présentateurs beuglant sur chaque action, plus ou moins réussie, des internationaux du ballon rond courant sur les pelouses russes nous martèlent les oreilles. Et franchement ? Ça fait mal. Car la Coupe du monde de football a débuté le 14 juin. Et le calvaire des « antis » avec…. C’est comme si la terre (presque) entière avait décidé que, pendant cinq semaines, Paul Pogba, Antoine Griezmann, Kylian Mbappé et  Ousmane Dembélé devaient devenir nos idoles. Nos héros. Nos meilleurs amis à la vie, à la mort. Parce que « tu es française, m… ! T’es obligée de supporter ton équipe ! » nous dit Jean-Jean.

Alors, pour échapper à la fièvre nationale qui a gagné nos amis et notre famille (mais ne nous atteint clairement pas), on a décidé, belle gosse, de… partir en vacances, loin de la France !

16 juin 2018 - Des débuts prometteurs

Direction l'Andalousie ! Olé ! On nous dit que  l'Espagne, vraiment, ce n’est pas un bon plan pour une esquive efficace (à cause d'une embrouille entre le sélectionneur, le Real et la RFEF apparemment) ? No nos importa ! Avec un soleil en surchauffe à 30 degrés et la promesse de couchers de soleil sur les sommets de la  Sierra Nevada, on en est sûre et certaine : rien ne pourra nous atteindre. Et puis surtout, on part un jour après le premier match de l'Espagne (contre le Portugal). Habile Bill !

Sans compter que depuis deux jours, on essaye, coûte que coûte, de faire abstraction des discussions à la rédaction entre Jean-Jean et Jean-Michel qui transpirent d’émotion avant chaque début de match. Alors quand on met enfin un pied sur le sol cordouan, c’est presque déjà gagné. Une vague de bonheur (et de chaleur) nous envahit.

20 juin 2018 - Tapas y cerveza… y futbol !

Quatre jours que les clairons de la Coupe du monde ne nous ont pas fait trembler. Pas même un petit peu. Une vraie bulle de sérénité s’est installée. On est bien, là, à chiller/griller sous le ciel andalou. Mais voilà. La réalité nous rattrape (trop) vite. C’est vrai qu’on les avait bien vus, ces drapeaux espagnols accrochés aux fenêtres. Mais, dans le déni, on s’était dit que cet affichage ostensible, c’était juste par chauvinisme.

Alors, quand, posée à une terrasse, on a commencé, entre deux tapas, à entendre gronder et siffler à côté de nous (tiens, on n’avait pas capté les télés accrochées juste au-dessus de l’enseigne du bar…), on a compris que ça recommencait. Que ces quatre derniers jours, nous avions, en fait, été leurrées. Parce qu’on n’échappe pas si facilement à une Coupe du monde.

On se renseigne quand même. Le match du jour : Espagne versus Iran. Premiers cris, premier but. Un nom résonne sur la place : «  Costa ! Que gol ! ». On décide de faire abstraction en tapant la discute avec Jacky, le gérant du bar. Un Espagnol marié à… une Française ! On lui demande : « C’est pas trop dur, à la maison, Jacky, pendant une Coupe du monde ? ».

Le barman prend alors un air de conspirateur. Regarde à droite, puis à gauche, et lâche : « Honnêtement, je m’en fous complètement de la Coupe du monde, et ma femme aussi ! Mais bon, je vais pas me plaindre, c’est bon pour le commerce ! ». Malgré son drapeau espagnol épinglé fièrement au-dessus de son bar, Jacky est donc comme nous ! Nous choisissons de poursuivre la soirée entre outsiders. Plus tranquillement car, entre-temps, l’Espagne a remporté (dans la douleur) sa rencontre face à l’Iran (« Ils auraient pas marqué un but aussi les Iraniens ? », « Oui, mais il a été refusé à cause d’un hors-jeu », « Heu, ah ok… »).

22 juin 2018 - France : 1 - Antis : 0

Fin du séjour. Départ de Séville. Retour en France. Outre la tristesse de devoir quitter les paysages andalous et les plus de 30 degrés qui vont avec, force est de constater qu’en France, la fièvre footballistique est loin d’être retombée.

Alors que, postés sur le quai du RER B, nous tremblons à l’idée de devoir rentrer chez nous à pied ou de devoir payer un taxi (environ 60 euros la course…) à cause de la grève, notre pensée est subitement interrompue par une voix dans le haut-parleur. Ça y est, c’est sûr, pas de RER. On va nous annoncer qu’ils ont fini leur service. Ou bien qu’il arrivera avec un peu (beaucoup) de retard. Les premiers mots résonnent comme une sentence : « Bonjour, nous vous informons que… ». On frissonne. «… la Serbie a perdu face à la Suisse, 1-2 ». Whaaaat ? Pas de doute, nous sommes bien de retour en France.

Réussirons-nous à relever le défi de vivre une Coupe du monde sans Coupe du monde ? Rendez-vous la semaine prochaine !

Vous essayez, vous aussi, depuis le 14 juin, de ne pas vivre au rythme du calendrier de la FIFA ? Racontez votre expérience dans les commentaires ci-dessous ou en envoyant un mail à contribution@20minutes.fr. Vos témoignages nourriront un futur article.