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Et si l’Espagne avait bien fait de virer Julen Lopetegui ?

Coupe du monde 2018: Et si l’Espagne avait bien fait de virer Lopetegui?

FOOTBALLLe limogeage du sélectionneur espagnol mercredi, deux jours avant le premier match de Coupe du monde contre le Portugal, a semé la consternation…
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • Julen Lopetegui a choqué une bonne partie des Espagnols.
  • Avec la brûlante rivalité Real Madrid - FC Barcelone, sa position aurait été impossible à tenir.

A première vue, cela ressemble à un sabordage. Une équipe qui choisit de se priver de son sélectionneur à succès juste avant le début de la compétition, on a vu mieux pour préparer une Coupe du monde. L’invaincu Julen Lopetegui a pris la porte mercredi, avec ses 14 victoires et ses six nuls dans les bagages, remplacé par Fernando Hierro.

L’annonce de sa signature au Real Madrid pour les trois prochaines saisons lui a valu ce retour au bercail express, qui a stupéfié le monde, alors que se profile un explosif premier rendez-vous contre le Portugal, ce vendredi. Mais au soir de la finale, le 15 juillet, le président de la Fédération Luis Rubiales pourrait bien être encensé pour ce choix.

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Les Espagnols comprennent… enfin, ceux qui ne supportent pas le Real

Journaliste à Barcelone pour le quotidien sportif madrilène As, Moisés Llorens se trouve au carrefour des passions outre-Pyrénées. Pour lui, « les Espagnols fans du Real Madrid ne comprennent pas le renvoi de Lopetegui, alors que les autres pensent que le président Rubiales a fait le meilleur choix. »

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« C’est un acte de responsabilité », ajoute-t-il au sujet du cas Lopetegui, un employé de la Fédération qui signe avec un club « trois jours avant le Mondial, sans en parler avec son supérieur ». Un discours qui colle à celui de la légende Xavi : « Le président a pris la bonne décision, a lâché l’ex-cerveau de la Roja et du Barça. La Fédération est au-dessus de tout le monde. »

Ses choix auraient forcément été contestés

Malgré les succès de la Roja depuis dix ans (deux Euros, une Coupe du monde), l’Espagne reste « un pays d’équipes de clubs plus que de sélections, remarque Moisés Llorens. Même si la victoire au Mondial 2010 a réveillé un certain intérêt pour l’équipe nationale. »

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Or, comme pourrait le dire Stéphane Guy, « le Real Madrid, c’est pas Gijon, c’est pas Valladolid ». La rivalité Real – Barça reste l’alpha et l’oméga du foot hispanique. Si Lopetegui avait gardé son poste, tous les choix du successeur de Zidane auraient été décodés via cette grille de lecture. Une belle source d’embrouilles en perspective, surtout si le très connecté et farceur Gérard Piqué y rajoutait un ou deux petits tweets dont il a le secret.

La jurisprudence Jacques Santini

Le 3 juin 2004, soit neuf jours avant le début de l’Euro portugais, Tottenham annonçait la signature de Jacques Santini, alors sur le banc des Bleus. Certes, le sélectionneur français de l’époque arrivait en fin de contrat alors que Lopetegui avait prolongé le sien en mai jusqu’en 2020. Mais son autorité en avait pris un coup, dans une sélection qui comptait beaucoup de cadors (Barthez, Zidane, Desailly, Thuram…) champions du monde et d’Europe, comme la Roja aujourd’hui. Les Bleus avaient quitté le Portugal sans gloire dès les quarts de finale, sortis par les futurs champions grecs…

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Le départ d’Antonio Conte pour Chelsea était connu un peu plus de deux mois avant l’Euro 2016. Certes son Italie avait plutôt séduit en France avec un potentiel réduit, mais elle s’était arrêtée aussi en quart.

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Résolument optimiste, Piqué (encore lui) a joué les archivistes et préfère s’appuyer sur l’exemple de l’équipe de basket universitaire des Michigan Wolverines, championne NCAA en 1989 après avoir viré son coach, Bill Frieder.