Coupe du monde: l'Espagne classe mondiale

MONDIAL 2010 Pour sa première finale, l'Espagne devient championne du monde...

Antoine Maes, à Johannesburg

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Les joueurs de l'équipe d'Espagne, soulevant la Coupe du monde, le 11 juillet 2010, à Johannesburg.
Les joueurs de l'équipe d'Espagne, soulevant la Coupe du monde, le 11 juillet 2010, à Johannesburg. — REUTERS

De notre envoyé spécial à Johannesburg,

C’était donc un mondial de l’inédit. Première organisation africaine. Première victoire d’un pays européen hors de son vieux continent. Et surtout, premier sacre pour l’Espagne, qui a étendue sa domination à la planète en faisant tomber les Pays-Bas (1-0), deux après avoir conquis l’Europe. A Vienne en 2008, la Roja avait atteint un sommet du jeu. Cette souveraineté technique s’est un peu diluée en Afrique du Sud. Mais ce qu’ils ont perdu en qualité de jeu, les ibères l’ont récupéré en intelligence. Car il a fallu un sang-froid monumental pour faire plier cette anti-Hollande, qui elle, avait décidé de laisser les sentiments au vestiaire.

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Film d’horreur contre film d’auteur

Même Vicente Del Bosque en a parfois perdu son flegme légendaire. Compressés, agressés, bastonnés, les Espagnols ont un mal fou à se sortir des vilaines griffes Oranje. Quand Van Bommel est à deux doigts de casser la jambe d’Iniesta (22e), ou lorsque De Jong fracasse le thorax de Xabi Alonso (28e), on imagine bien Bert Van Marwijk à la tête d’une superproduction: Mon Sacre à la Tronçonneuse. Mais l’Espagnol n’aime pas le gore. Il donne dans le petit film artisanal, avec de longues séquences de passes redoublées, souvent improductives, sauf quand Ramos place une tête juste au-dessus (11e). Quant à Xavi, le cerveau de l’équipe, il est tout simplement déconnecté du jeu par l’étouffement continu des néerlandais.

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Cynisme néerlandais

Mais cette façon de se goinfrer de possession de balle, la Roja ne veut pas y toucher. Le style a survécu à la défaite inaugurale contre la Suisse (1-0), pas de raison de l’abandonner si près du but. «Si on doit mourir, on mourra avec nos idées», expliquait Fernando Torres au début de la compétition. La Hollande a moins de scrupule avec l’esthétique qu’elle portait il n’y a pas si longtemps en bandoulière. Elle compte surtout sur Robben, mais le gaucher du Bayern perd deux duels avec Casillas (45 + 1, 62e). Van Bommel ne rend pas les ballons que les Espagnols mettent en touche. Et les cartons jaunes d’Howard Webb sortent souvent souligner la virilité des Néerlandais (huit en tout, plus deux pour Heintinga, expulsé en prolongation).

Iniesta frappe enfin

C’est à ce moment que Soccer City se dit que le cynisme va payer. Que pour la 2e fois consécutive, une équipe d’épiciers va être sacrée championne du monde, et encore aux tirs-au-but. C’est Andrès Iniesta qui va tordre le coup au mauvais sort. Pendant tout le match, le génie au teint blafard du Barça s’est efforcé de ne jamais conclure ses chevauchées par une frappe. Une manie effroyable, qu’il a bien voulu abandonner à quatre minutes de la fin des prolongations pour faire grimper son pays sur le toit du monde (1-0, 116e). Un petit mètre 70, c’est un minuscule escabeau pour la Roja, mais elle n’en redescendra pas pendant les quatre prochaines années.
 

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