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Quand le monde de l’athlétisme « devient spectateur » d’Armand Duplantis

JO 2024 – Il y a un an : « Je suis devenu un spectateur »… Le show Duplantis a transporté le monde de l’athlétisme

souvenez-vous l'été dernier (12/18)Le sauteur à la perche suédois a été l'un des acteurs marquants des Jeux en battant une nouvelle fois son record du monde grâce à un bond sensationnel à 6,25 m
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’athlète suédois Armand Duplantis a été la star de la soirée d’athlétisme de lundi au Stade de France.
  • Outre son deuxième sacre olympique consécutif, celui-ci s’est offert un nouveau record du monde de saut à la perche, avec un bond à 6,25 m.

Il y a un an se tenaient les plus beaux Jeux olympiques de l'histoire (oui, on le pense toujours). Du 26 juillet au 12 août, « 20 Minutes » vous propose de revivre un grand moment de chaque journée, à travers les récits de ses envoyés spéciaux. Une manière de faire revivre l'émotion, et se rappeler où l'on était quand ils se sont déroulés.

En très haute altitude au Stade de France,

Lorsque Armand Duplantis s’est envolé dans le ciel de Saint-Denis, lundi à 22h17, pour battre pour la neuvième fois de sa carrière le record du monde, avec ses 6,25 m franchis, on a aussitôt pensé à Valters Kreiss. Très vite éliminé de la finale du saut à la perche après trois échecs à 5,70 m, le Letton de 20 ans a sagement poireauté sur sa chaise pendant 2h30 pour assister à la suite de ce concours.

« Je tenais à rester et à apprendre en observant les sauts des autres, indique celui qui n’aura réussi qu’une seule tentative dans sa soirée à 5,50 m. Et puis je voulais être le témoin d’un possible record du monde. » Car il n’y avait pas besoin d’être un expert de la discipline pour comprendre d’emblée que l’identité du médaillé d’or s’accompagnait d’autant de suspense que celle du maillot jaune sur le Tour de France 2024.

La finale des JO d’Armand Duplantis a ainsi « démarré » à 5,70 m après 30 minutes de concours. Pour le deuxième saut, il fallait compter une heure d’attente pour en arriver à une barre à 5,85 m franchie par le fascinant Suédois en sifflotant. Enfin, à 21h30, il a achevé la concurrence en enchaînant des bonds à 5,95 m et 6 m avec une marge presque insolente. « Mondo » a passé sa première partie de soirée à remettre bas d’entraînement et veste, tout en gambadant un peu pour tenter de rester chaud, dans une compétition avare en continuité le concernant.

Le moment que tout l’athlé attend

Sa médaille d’or olympique en poche, comme à Tokyo trois ans plus tôt, avec une barre des 6 mètres validée pour la 86e fois (!!!!) dans sa jeune carrière, le Suédois entre dans un nouveau mode. Non sans louer poliment la prestation du reste du podium, composé de ses potes Sam Kendricks (2e avec 5,95 m) et Emmanouil Karalis (3e avec 5,90 m) : « Je sais de quoi ces gars sont capables. C’est une très bonne chose pour moi et pour le sport que je sois ainsi poussé. » Euuuuuuuh, ce n’est pas vraiment l’impression qu’ont les supporteurs suédois depuis déjà plusieurs années.

Dernier du concours lundi, le Letton Valters Kreiss a vécu une première finale olympique délicate mais formatrice aux côtés du GOAT de la perche.
Dernier du concours lundi, le Letton Valters Kreiss a vécu une première finale olympique délicate mais formatrice aux côtés du GOAT de la perche. - A. Thuillier / AFP

« On s’est habitué à ce qu’il y ait un manque d’adrénaline dans les concours de saut à la perche, vu la domination systématique de "Mondo", expliquent Adrian et Maria, venus de Malmö pour assister à ce rendez-vous. La seule vraie excitation est de savoir s’il parviendra à battre à nouveau son record du monde. » On passe vite sur le record olympique du Brésilien Thiago Braz (6,03 m), rayé des archives grâce à un envol à 6,10 m plein de maîtrise de Duplantis. Les finales féminines du disque, du 5.000 m et du 800 m sont toutes archi-bouclées. C’est donc le moment que le monde de l’athlé attend. Au même titre que la finale 100 m masculin de la veille ?

« Oh que oui, "Mondo" fait des choses folles, alors je vais rester ici pour voir s’il va battre ce record du monde, annonce la sprinteuse Adaejah Hodge, lundi juste après sa demi-finale du 200 m. Je sais qu’il a ce record en lui. Jusque-là, je ne l’ai regardé qu’à la télévision mais là, je vais profiter de ces Jeux olympiques pour vivre l’expérience en tant que spectatrice en bord de piste. »

« Le plus grand rêve de gosse que j’avais »

Et elle n’était pas seule lundi soir, puisque le sprinteur star américain Noah Lyles, certes venu récupérer sa médaille sur le même timing, était excité comme une puce lors de l’exploit d’Armand Duplantis. « Je n’ai aucun problème avec le fait que "Mondo" soit le centre des attentions, assure Valters Kreiss. D’ailleurs, comme j’ai été éliminé tôt en finale, je suis devenu un spectateur de "Mondo'' » et de tout ce qu’il va faire dans la soirée. »

Dans l’ordre : chauffer la foule, approcher le record à 6,25 m dès la première tentative, puis corriger les mini-détails pour parvenir à ce saut génial, d’un esthétisme quasi poétique, à la troisième tentative. « Que puis-je dire ? Le plus grand rêve de gosse que j’avais était de battre le record du monde durant des Jeux olympiques, raconte le héros du soir. Honnêtement, ça a été plus incroyable que je n’avais pu l’imaginer, d’autant que c’est face à une foule de 80.000 personnes en train de devenir dingue quand je me suis élancé. » Avant de poursuivre.

« A chaque fois que je bats le record du monde, il y a un débordement d’émotions. J’ai eu la chance de connaître ça plusieurs fois maintenant mais à chaque fois le sentiment est le même. Dès que je passe au-dessus de la barre, c’est comme si ça n’était pas réel pour moi. »

Armand Duplantis

« C’est clairement l’ère de "Mondo" »

Et notre Suédois n’a pas fini de rendre les gens « dingues », tant qu’il associera des performances sportives colossales et un sens du spectacle très apprécié, à l’image de sa célébration dédiée à l’atypique tireur turc des JO à la main dans la poche Yusuf Dikeç. De son côté, et malgré sa marge de progression après moins de cinq ans de saut à la perche, Valters Kreiss se voit mal contrarier l’hégémonie de « Mondo ».

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« C’est clairement son ère, au même titre qu’il y a eu l’ère de Bolt en sprint. Il est rapide, costaud, il est né pour voler. C’est vraiment cool d’être témoin d’une telle soirée. C’est très excitant de le voir prouver à nouveau que l’homme peut sauter de plus en plus haut. » L’homme on ne sait pas, mais ce zinzin de l’espace d’Armand Duplantis s’en donne à cœur joie.