PSG-Bayern : Bluffer autour de la présence ou non de Kylian Mbappé, vraiment une bonne idée ?
TU BLUFFES, MARTONI•Christophe Galtier entretient un flou total autour de la présence de Kylian Mbappé au Parc des Princes, mardi soirWilliam Pereira
L'essentiel
- Kylian Mbappé, annoncé forfait depuis sa blessure aux ischios face à Montpellier le 1er février, sera finalement disponible face au Bayern Munich, à moins d’une rechute mardi matin.
- Un rétablissement qui doit beaucoup aux capacités de récupération hors-norme de l’attaquant parisien, et un peu, sûrement à une part de bluff de la part du staff parisien, qui rejoint ici la politique des grands clubs quand leurs joueurs majeurs sont incertains pour les matches importants.
Ils sont nombreux à revendiquer la paternité du bluff. Le poker, la Cité de la Peur, les détenteurs d’armes nucléaires. Il leur appartient sûrement à parts égales, tout comme il fait partie du folklore sportif à l’approche de grandes échéances. Novak Djokovic vient de remporter l’Open d’Australie en traversant avec fatalisme la première semaine du tournoi à cause d’une blessure à la cuisse supposément insurmontable. Au PSG, Christophe Galtier jurait une poignée de jours en arrière que Kylian Mbappé n’avait aucune chance d’être sur la feuille de match contre le Bayern Munich, en 8e de finale de Ligue des champions.
Ce à quoi Julian Nagelsmann n’a jamais cru. Jeunesse n’est pas naïveté. « Je ne crois pas qu’il manquera le match, déclarait l’entraîneur du Bayern Munich. Je m’attends à ce qu’il joue. Je ne sais pas ce qu’il a. La déclaration sur le site du PSG est assez vague [lésion de la cuisse gauche au niveau du biceps fémoral et durée d’indisponibilité estimée à trois semaines]. Je ne peux pas imaginer qu’il manque ce match. »
Mbappé apte… à s’entraîner
Il faut dire que le football et plus particulièrement la Ligue des champions regorgent de coups de bluff autour d’absences bidons de joueurs majeurs. En 2014, Diego Simeone avait annoncé au moins 36 fois le forfait de Diego Costa avant la finale contre le Real Madrid pendant que celui-ci se shootait au placenta de cheval, avant de l’aligner d’entrée à Lisbonne. Manœuvre pas vraiment utile : l’international espagnol était sorti au bout de neuf minutes. Petit clin d’œil de l’histoire, Diego Costa souffrait du même mal que notre Kyks national.
Plus le temps avance, plus le scénario imaginé par l’Allemand a de chances de se réaliser. Et moins Christophe Galtier a de cartes en mains pour faire croire l’inverse. Dimanche, Kylian Mbappé s’entraînait individuellement, ce que Galette imaginait impossible. C’est ce point précis qui semble avoir fait tourner le vent. « A la suite d’échanges avec le docteur et la direction sportive, nous avons pris la décision que Kylian, à partir du moment où il se sentait bien, pouvait s’entraîner. »
Ce qui explique qu’il ait pris part à l’entraînement collectif, lundi. Sa présence sur la feuille de match n’est cependant pas garantie, tente de convaincre le coach parisien. « On fera le point demain matin. Les premières questions seront posées à Kylian sur son ressenti, comment il pourra se projeter dans le match. Kylian a fait un travail remarquable pour être disponible mais à l’heure actuelle je ne sais pas [s’il sera sur la feuille de match]. »
Le soir où Messi était sorti du banc pour éliminer Paris
Ce grand cinéma n’est pas sans rappeler une autre pièce de théâtre jouée du côté de Barcelone, dix ans auparavant, par le staff catalan et Lionel Messi, à l’aube du quart de finale retour de Ligue des champions contre le PSG, au Camp Nou. On y était, et on se souvient que le feuilleton nous avait bien occupés. Voilà ce qu’on écrivait alors mot pour mot :
« Depuis la fin du match aller au Parc des Princes, l’état de la cuisse de Lionel Messi est devenu le secret le mieux gardé de Catalogne après la date de fin de chantier de la Sagrada Familia. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Mardi, la télé du club a montré un Argentin tout sourire en train de participer à un petit toro lors de l’entraînement de l’après-midi, avant de couper opportunément la retransmission au moment où les choses sérieuses devaient commencer. Véritablement enseveli de questions sur le sujet, Jordi Roura, toujours préposé aux conférences d’avant-match match malgré le retour de Vilanova, a fait de son mieux pour brouiller les pistes : ''Comment vont les blessés (Adriano, Pedro, Messi, ndlr) ? Leurs sensations sont bonnes. Est-ce qu’ils vont jouer ? Il reste encore deux entraînements pour se décider. Il faudra aussi voir le bilan médical avant de prendre une décision'' ».
L’Argentin avait démarré sur le banc mais était entré à l’heure de jeu à un moment où son équipe était virtuellement éliminée. Rarement une entrée en jeu aura fait reculer aussi vite une ligne défensive rien qu’avec le regard, tandis que le Camp Nou, désespéré, se remettait à y croire d’un coup. Dix minutes plus tard, Pedro devenait le bourreau du Paris SG sur une action lancée par l’Argentin, pourtant sur une jambe.
Quid du bluff total ? Inclure le joueur convalescent sur la feuille de match en le mettant sur le banc pour faire peser sur l’adversaire la menace d’une entrée providentielle, sans forcément l’utiliser. Galtier n’est pas fan de l’idée. « Est-ce qu’il sera là pour faire peur aux Allemands ? Non, s’il est sur la feuille de match ça sera pour jouer. Combien de temps ? Je ne sais pas. Mais il ne sera pas là pour faire acte de présence. » A deux doigts de dire qu’il sera là tout court, quand même.



















