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Actuellement « exceptionnel », Rayan Cherki fait décoller sa carrière en L1

OL-RC Lens : Actuellement « exceptionnel », Rayan Cherki fait décoller pour de bon sa carrière en Ligue 1

FOOTBALLLe plus souvent décevant depuis ses débuts professionnels à 16 ans, le jeune milieu offensif lyonnais a livré un match référence, dimanche contre Lens (2-1), avec à la clé un but et une passe décisive
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Attendu comme un phénomène depuis trois ans et son retentissant match de Coupe de France à Nantes (3-4), Rayan Cherki a mis du temps avant d’enchaîner les rencontres professionnelles avec l’Olympique Lyonnais.
  • Désormais âgé de 19 ans, l’international espoirs est actuellement dans la forme de sa jeune carrière, puisqu’il a enchaîné dimanche une passe décisive et un but afin d’offrir un joli succès à son club formateur contre le RC Lens (2-1).
  • Laurent Blanc et Alexandre Lacazette ont notamment joué un rôle majeur dans l’éclosion de Rayan Cherki, en ce début d’année 2023 qui a permis à l’OL de se relancer en Ligue 1.

Au Parc OL,

Deux buts, deux passes décisives et un penalty provoqué. En janvier 2020, le grand public prenait en pleine poire le talent fou de Rayan Cherki, à l’occasion d’un 16e de finale de Coupe de France débridé à Nantes (3-4). Au vu de cette masterclass absolue dans une Beaujoire médusée, le tout à seulement 16 ans, il ne faisait aucun doute que le natif de Lyon allait très vite s’installer comme l’un des joueurs les plus précoces/frissons de l’histoire de notre Ligue 1. Seul le Covid-19 ayant eu la peau de la fin de saison 2019-2020 en France semblait alors à même de retarder de quelques semaines son explosion. Il a pourtant fallu attendre sa 17e titularisation dans l’élite, dimanche contre le RC Lens (2-1), pour revivre une performance aussi éclatante de sa part.



Entre justesse technique, vista, et distribution de caviars, Rayan Cherki a ainsi été éblouissant face aux hommes de Franck Haise. Sa fixation, puis son soyeux ballon à destination d’Alexandre Lacazette, qui a mystifié sur le coup Deiver Machado et Kevin Danso, est à montrer dans toutes les écoles de football (1-0, 23e). Une sobriété et une efficacité très loin des agaçants numéros de soliste si souvent tentés depuis trois ans, que ce soit avec Rudi Garcia ou Peter Bosz. C’est simple : lors de ses 61 premières apparitions en Ligue 1 depuis octobre 2019, le dribbleur ambidextre ne comptait qu’un but inscrit à Monaco (2-3 en mai 2021). Rien que sur les huit dernières depuis la reprise post-Coupe du monde, celui-ci a planté trois buts dans une compétition qui se refusait jusque-là bien davantage à lui que la Coupe de France (6 buts et 3 passes décisives en 6 matchs) et la Ligue Europa (2 buts et 3 passes dé en 4 rencontres). Quel a finalement été le déclic pour l’international espoirs, également auteur du but de la victoire dimanche, d’une frappe surpuissante hors de portée de Brice Samba (2-1, 64e) ?

« Dieu sait qu’il faut se prendre la tête avec lui »

« Il ne s’est rien passé de spécial, a assuré l’intéressé après cette victoire. J’ai la confiance du coach et de mes coéquipiers. Je me sens bien, je travaille bien, je récupère bien. Quand toutes ces choses-là sont alignées, on ne peut que faire de bonnes choses. J’ai toujours su ce que j’étais capable de faire, c’était juste une question de confiance. Je joue à un poste qui m’aide et qui aide l’équipe, je pense que ça se voit ».·Malade et privé de Parc OL dimanche, Laurent Blanc a pu constater à la télévision que le vent d’espoir d’accrocher une place européenne (le Losc, 5e, n’est plus qu’à 6 points) dépendait actuellement du rendement de son meneur de jeu.

Celui-ci est tout simplement passé de trois années dans la peau d’un remplaçant, le plus souvent exilé sur un côté, à une place de titulaire indiscutable dans le cœur du jeu, en soutien de deux attaquants (Lacazette et Barcola), depuis un mois. Présentée ainsi, son éclosion « sur le tard » (à 19 piges, quoi) est forcément liée aux méthodes de Laurent Blanc. D’ailleurs, dès le 11 novembre après OL-Nice (1-1), le nouveau coach lyonnais y était allé de son analyse poussée sur lui.

« La rentrée de Rayan a été très bonne. Je suis content parce que c’est un garçon qui est pétri de qualités mais qui ne fait pas toujours les efforts au bon moment, au bon endroit. Dieu sait qu’il faut se prendre la tête avec lui, mais je me la prendrai sans problème car c’est un joueur de talent. » »


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Des airs d’association Fekir-Lacazette en 2014-2015

Un peu comme un précédent grand espoir issu de l’académie portant comme lui le numéro 18 dans le dos… Eh oui, on pense à Nabil Fekir, complément idéal d’Alexandre Lacazette durant une incroyable saison 2014-2015 qu’il avait bouclée avec 13 buts et 12 passes décisives en L1. Pris sous son aile par l’ancien Gunner dès son retour à Décines l’été dernier, Rayan Cherki évoque la bromance qui redonne le sourire aux supporteurs lyonnais. « On a tout simplement une relation qui dépasse le foot, s’enthousiasme-t-il. On s’aime bien, on s’entend bien, donc ça se ressent sur le terrain. Il joue pour moi et je joue pour lui. On espère que ça continuera comme ça le plus longtemps possible, tant que ça fait du bien à l’équipe. »

Même lorsque cette entente de bienfaiteurs se stoppe brutalement, après la blessure musculaire d’Alexandre Lacazette, le joueur de 19 ans force le destin pour offrir au Parc OL son premier succès en Ligue 1 depuis le 30 octobre. Le voilà donc doublement décisif, comme mercredi en Coupe de France contre le Losc (2-2 dont son ouverture du score, 2-4 aux tirs au but). N’allez pas croire que le jeune homme à la panenka cata la plus commentée de l’histoire des matchs amicaux fasse une fixette sur ces fameuses stats.


En 2014-2015, le tandem composé d'Alexandre Lacazette et de Nabil Fekir était le tube de l'année en Ligue 1. Huit ans plus tard, l'association Lacazette-Cherki fait aussi saliver les supporteurs lyonnais.
En 2014-2015, le tandem composé d'Alexandre Lacazette et de Nabil Fekir était le tube de l'année en Ligue 1. Huit ans plus tard, l'association Lacazette-Cherki fait aussi saliver les supporteurs lyonnais. - PASCAL GUYOT / AFP

Cherki a vécu « simplement » la rumeur PSG

« On sait que dans le football actuel, il n’y a plus que les stats qui comptent, glisse-t-il tel un Karim Benzema. Je ne suis pas partisan de ce football-là car j’aime le beau football et les gens qui prennent du plaisir dans les tribunes. Mais je sais que pour passer un cap, il faut que je sois décisif pour mon équipe et que j’essaie de l’emmener là où elle doit être. » C’est-à-dire bien au-delà de son actuelle 9e place. « Nous, on a toujours cru en l’Europe, on a une très bonne cohésion de groupe », poursuit celui qui a vu son club formateur lui faire (enfin) de la place cet hiver, avec les départs en prêt de Faivre, Reine-Adélaïde et Toko Ekambi dans son secteur de jeu. Dimanche, il est sorti à dix minutes de fin sous son ovation la plus fournie depuis ses débuts professionnels. « C’est très gratifiant pour moi, j’espère que ce n’est que le début. »

Après tout, quand on traîne un peu en route de 16 à 20 ans, ce n’est pas forcément si grave que ça dans la construction d’une carrière à haut niveau. Le visage de l’expérimenté défenseur croate Dejan Lovren s’illumine lorsqu’on l’interroge sur son jeune coéquipier : « C’est un grand talent, un joueur exceptionnel sur le plan technique, mais aussi par sa puissance. C’est encore un très jeune joueur, mais s’il travaille bien, il pourra faire une très belle carrière. Je suis là pour le pousser un peu ».

L’OL a pu compter sur le PSG pour en faire de même, avec cette étrange rumeur d’un transfert souhaité dès cet hiver par le club de la capitale. « Vous m’avez pris un peu de court, non je rigole, s’est amusé à ce propos l’intéressé dimanche. J’ai vécu ça simplement. Je ne suis pas quelqu’un qui regarde forcément les réseaux sociaux et la télévision. Je fais mon petit bout de chemin. Quand ça sera l’heure de parler de ça, on parlera de ça. » En attendant, Rayan Cherki enchaîne les buts et les gestes de classe sous le maillot lyonnais. Son « petit bout de chemin » n’est subitement plus une impasse du tout.