Ligue 1 : L’OL accorde à John Textor un « ultime délai » jusqu’à mercredi pour le rachat du club

FOOTBALL Le rachat de l’Olympique Lyonnais par l’homme d’affaires américain semble de plus en plus incertain, au vu du communiqué publié ce lundi par OL Groupe

J.Lau. avec AFP
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John Textor, ici lors de sa présentation devant la presse, le 21 juin à l'auditorium du Parc OL.
John Textor, ici lors de sa présentation devant la presse, le 21 juin à l'auditorium du Parc OL. — OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP

Lancé par une conférence de presse en grande pompe au premier jour de l’été, le 21 juin dernier, le rachat de l’Olympique Lyonnais par John Textor n’est toujours pas officiel à la fin de l’automne. L’OL vient en effet de publier un communiqué ce lundi pour faire part d’un nouveau et « ultime délai » pour ce rachat, après plusieurs reports. L’investisseur américain n’a désormais plus que deux jours, jusqu’à mercredi, pour boucler l’opération d’OL Groupe, qui est valorisé à hauteur de 800 millions d’euros.

« Au regard des avancées réalisées dans les 48 dernières heures, les vendeurs et OL Groupe ont accepté de concéder un ultime délai à Eagle Football [la société contrôlée par Textor] au 7 décembre 2022 pour trouver un accord final, inconditionnel et financé avec l’ensemble des parties », indique la holding propriétaire du club lyonnais dans ce communiqué.

Un feu vert à obtenir auprès de la Premier League

Eagle Football, qui regroupe John Textor et l’homme d’affaires canadien Jamie Salter s’est engagée fin juin à acquérir la totalité des actions et la moitié des Osranes (obligations convertibles en actions émises pour financer la construction du Parc OL) détenues par Holnest, la holding familiale de Jean-Michel Aulas (27,7 % du capital). Plus la totalité des parts détenues par Pathé (19,36 %) et le fonds d’investissement chinois IDG Capitals (19,85 %). La cession, dans un premier temps fixée fin septembre, a été différée depuis à plusieurs reprises, dans l’attente notamment du feu vert de la Premier League au montage prévu.

Vendredi, les vendeurs et OL Groupe avaient accordé un délai supplémentaire à Eagle Football afin de finaliser les procédures, précisant qu’ils prendraient leur décision dimanche soir sur « la suite à donner à l’opération au regard des avancées réalisées d’ici là ». John Textor avait assuré aux vendeurs avoir « obtenu la totalité des financements nécessaires à l’opération », selon le communiqué du groupe vendredi. Mais une dernière condition restait à satisfaire : l’apport en nature à la holding Eagle Football des parts qu’il détient dans le club anglais de Crystal Palace, pour obtenir le feu vert de la Premier League.

« Il n’est pas rare de découvrir des obstacles »

« Eagle Football a informé ce jour les vendeurs que des progrès avaient été faits pour obtenir l’accord de toutes les parties, en ce compris l’accord de la Premier League, pour procéder aux opérations et à leur financement, mais qu’un délai supplémentaire lui était nécessaire », explique OL Groupe dans son communiqué de ce lundi. Le groupe avertit toutefois que « passé ce dernier délai, les vendeurs et OL Groupe ne pourront que constater qu’il est devenu improductif de donner un délai supplémentaire à Eagle Football ». « OL Groupe va également considérer des sources alternatives de renforcement de ses fonds propres pour avoir rapidement des solutions disponibles pour le cas où des opérations avec Eagle Football ne seraient pas réalisées », précise-t-il. Cette cession, qui prend des airs d’Arlésienne, représenterait un tournant historique pour le club de Ligue 1, présidé depuis 35 ans par Jean-Michel Aulas, même si ce dernier doit conserver « au moins trois ans » son poste de président, selon l’accord prévu.

La cotation des actions d’OL Groupe et des Osranes est suspendue depuis le 17 novembre, dans l’attente de la finalisation de la vente. Avant la suspension, l’action affichait une valeur de 2,79 euros. « Sachez que des transactions comme celle-ci peuvent être assez compliquées pour les acheteurs et les vendeurs, et il n’est pas rare de découvrir des obstacles sur le chemin d’un closing qui créent des complexités et des retards », avait écrit John Textor, mi-octobre sur son site Internet, pour rassurer les supporteurs lyonnais. Ceux-ci sont plus que jamais perplexes, un mois et demi plus tard, comme si souvent quant à l’actualité sportive de leur club, qui court après un titre depuis plus de dix ans.