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A quoi va ressembler la trêve des clubs de L1 pendant la Coupe du monde ?

Ligue 1 : « C’est du n’importe quoi », à quoi va ressembler la trêve des clubs pendant la Coupe du monde ?

FOOTBALLLa plupart donneront quelques jours de vacances avant d’organiser une nouvelle préparation athlétique plus ou moins poussée selon le nombre d’internationaux et la date de leur retour
Julien Laloye

Julien Laloye

L'essentiel

  • Les clubs de L1 vont devoir rebondir après une trêve d’un mois totalement inédite dans l’histoire du championnat à pareille époque.
  • Entre la gestion de la forme physique de ceux qui restent ou la mise au repos à prévoir des mondialistes en fonction de leur parcours, les entraîneurs vont devoir imaginer une seconde préparation particulière.

Au Parc des Princes,

Brunch dominical de qualité dimanche au Parc, même si le lieu n’est répertorié sur aucun des sites branchouilles qui fourmillent d’endroits de débauches à 50 euros la tranche de lard et le jus d’orange dans la capitale. Allez, on ne se souvient plus de ce qu’on a mangé et on s’est un peu endormis au milieu, mais merci aux supporteurs auxerrois d’avoir égayé ce PSG-Auxerre un peu plus que leurs joueurs. Deux banderoles « boycott Qatar » puis « Fuck Qatar » brandies à quelques minutes d’intervalle, les stadiers parisiens n’ont pas volé leurs salaires, les bougres.

Neymar est parti en quatrième vitesse

Pour le reste, une manita dans les règles et un dernier match sans blessure, grâce à la collaboration des hommes de Pélissier. Peut-être voulaient-ils aussi se préserver pour le Qatar, au moins le seul d’entre eux a priori concerné, le latéral ghanéen Mensah. Et voilà tout ce beau monde devant la grande inconnue de la saison : une trêve d’un mois entre les Pyrénées et les Alpes sans aucun sens sur le papier, entre ceux qui vont au Qatar, ceux qui restent, mais qui vont quand même en sélection de jeunes ou s’enfiler deux matchs internationaux avec une équipe de troisième zone, et les sans-grade, à qui il va bien falloir donner des vacances en attendant.



Chacun compose à sa façon. A Paris, puisqu’on y est, on peut presque éteindre le chauffage : 12 sélectionnés pour le Mondial, à peine de quoi faire un tennis ballon avec les restants. Ce sera donc coupure en fonction des temps de jeu, préparation individuelle pour les punis, puis reprise progressive des entraînements collectifs à partir du 5 décembre, suivant les présents. Galtier a d’ailleurs lâché l’affaire, expliquant de lui-même qu’il irait aussi voir quelques matchs au Qatar, après tout. Chez les autres, on tente bon an mal an de bâtir un calendrier cohérent : deux semaines de vacances dans la plupart des cas, puis un stage dans un endroit accueillant (Maroc ou Espagne, faites vos jeux) avec un nombre de matchs amicaux proportionnel aux résultats enregistrés jusqu’ici.

« Se vider la tête » avant de partir en stage

Ainsi, Laurent Blanc a déjà décidé de charger la barque de l’OL, avec reprise le 25 pour se refaire une cerise athlétique et pas moins de cinq amicaux pour faire croire que l’effectif lyonnais vaut autre chose qu’une 9e place bien au chaud dans le ventre mou. Les joueurs auxerrois, eux, ne savent pas encore à quelle sauce ils vont être mangés, mais tous attendent les vacances pour digérer une première partie de saison bien plus chargée que d’habitude pour les clubs qui ne jouent jamais l’Europe : « On va déjà essayer de se vider la tête pour mieux revenir à la guerre, le repos va faire du bien, concède Lassine Sinayoko. Après j’imagine que le staff va nous faire bosser pour rattraper ces deux semaines perdues, même si personnellement je vais suivre un programme avec un coach sportif personnel. »

Son coéquipier Benoît Costil, vieux routard de la L1, se montre plus sceptique sur les bienfaits éventuels de cette trêve inhabituelle. Mais cela donnera au moins du temps à Christophe Pélissier, à peine arrivé, d’inculquer un ou deux prétextes tactiques dans le détail avant la reprise.

« « Peut-être que c’est une bonne chose pour mettre en place les consignes du coach, repartir sur une mini-préparation, peut-être un stage sachant que beaucoup de joueurs sont arrivés après le stage l’été dernier. Ça peut permettre de passer quelques jours ensemble, de peaufiner les liens, et de mettre en place ce qu’on souhaite faire sur cette longue deuxième partie de saison. » »

Du repos à prévoir en rentrant pour les mondialistes

La promesse d’une autre saison sur 23 journées qui ne fait pas de mal à ceux qui ont raté les 15 premières. Pour les bons élèves, cette sombre histoire de Coupe du monde ressemble au crève-cœur des vacances de la Toussaint : pourquoi s’arrêter maintenant alors qu’on cartonne dans toutes les matières et que le bulletin n’est pas encore tombé ? Bruno Genesio s’imagine déjà le pire pour son Barça breton : « On se doit de s’adapter, mais on part quasiment dans l’inconnu. Il va falloir presque une deuxième préparation avec des joueurs qui sont absents et à qui il faudra donner du repos quand ils seront éliminés. Peut-être qu’à la reprise on jouera sans six ou sept joueurs suivant leur parcours, c’est du n’importe quoi. »

L’entraîneur rennais est naturellement bougon, mais une anecdote quand même qui dit l’impuissance des coachs de L1 ces derniers jours : Christophe Galtier, qui avait pris sur lui d’organiser des jeux ludiques à l’entraîner pour éviter « la psychose de la blessure », ces derniers jours, s’est précipité sur Neymar avant que ce dernier, remplacé à l’heure de jeu, ne rentre aux vestiaires en quatrième vitesse. Pourquoi un tel empressement à lui souhaiter bonne chance pour le Qatar ? « Je savais qu’il devait partir vite, je n’étais pas sûr de le revoir dans le vestiaire à la fin du match » . Pas sûr que le Brésilien montre pareil diligence à revenir tâter de l’hiver parisien fin décembre, victoire à la Coupe du monde ou pas.