01:45
Coupe du monde 2022 : Deux points et deux buts marqués… Comment expliquer les débuts ratés des sélections africaines ?
FOOTBALL•Parmi les équipes africaines, seul le Ghana est parvenu à inscrire un but lors du premier match des phases de poules de la Coupe du monde au QatarAdrien Max
L'essentiel
- Les sélections Africaines n’ont inscrit que deux buts, du Ghana, pour seulement deux points (Maroc et Tunisie après leur nul), lors de la première journée des phases de poules de la Coupe du monde 2022.
- Des difficultés dans le jeu offensif et dans les résultats que l’ancien international sénégalais, Ricardo Faty, explique par la rigueur tactique au détriment de la technique et « du grain de folie ».
433 minutes. Il aura donc fallu attendre pas moins de 433 minutes pour voir une équipe africaine inscrire un but dans cette Coupe du monde 2022, par l’ancien olympien André Ayew, auteur de l’égalisation du Ghana face au Portugal jeudi (73e). Puis un second d’Osman Bukari à la toute fin de match (89e), qui n’a pas empêché les Ghanéens de s’incliner 3 buts à 2 face aux coéquipiers de Cristiano Ronaldo.
Cette défaite du Ghana est venue s’ajouter à celles du Sénégal face aux Pays-Bas (0-2) et du Cameroun face à la Suisse (1-0), et aux matchs nuls du Maroc contre la Croatie (0-0) et de la Tunisie face à au Danemark (0-0), pour un total de deux points et deux buts inscrits. Une première journée bien compliquée pour les sélections africaines, loin des ambitions affichées. « On a un avantage cette fois, disait pourtant le capitaine sénégalais Kalidou Koulibaly dans L'Equipe il y a quelques jours. On est habitués à jouer en milieu de saison pour la CAN, avec peu de préparation. » Raté, pour l'instant.
« Un sentiment d’inachevé »
« Ça me laisse un sentiment d’inachevé, je suis un peu frustré. Le Maroc et la Tunisie font quand même match nul, le Sénégal a affronté les Pays-Bas, le Ghana marque mais perd, ce qui est encore plus frustrant. Ces équipes pouvaient vraiment mieux faire », estime Ricardo Faty, ancien international Sénégalais qui a assisté à trois des cinq matchs des nations africaines.
Ce manque de réalisme offensif, et donc indirectement de points dans cette phase de poule, peut s’expliquer par l’évolution du football africain, comme l’avance Ricardo Faty.
« « J’ai surtout l’impression que ces équipes ne veulent pas encaisser de but avant toute chose. Il y a une rigueur tactique qui est mise en place. Si je prends l’exemple du Sénégal que je connais bien, Aliou Cissé, leur sélectionneur, est quelqu’un de très pragmatique, avec une équipe qui est plus dans l’attente. Même s’il y a des entraîneurs locaux dans les sélections, certains d’entre eux comme Aliou Cissé ou Walid Regragui, le sélectionneur du Maroc, ont tiré des grosses notions tactiques de leur expérience en Europe, et la tactique prend le dessus sur le côté technique ». »
« Des prises de risque, et un grain de folie »
L’ancien joueur passé par l’AS Rome fait aussi ce parallèle avec les joueurs « de plus en plus nombreux en Europe », et qui, progressivement délaissent leur « grain de folie technique », pour cette rigueur tactique. La méforme de certains, comme Hakim Ziyech avec le Maroc, ou l’absence d’autres comme Sadio Mané, peuvent aussi expliquer ces débuts plus que ronronnants. « Ce que je reproche aux sélections africaines est exactement ce qu’amène Sadio Mané au Sénégal. Du liant entre la défense et l’attaque, avec des prises de risque », considère Ricardo Faty.
Mais au moment de descendre de son taxi pour rejoindre le stade Al-Thumama où joue le Sénégal face au pays hôte, le Qatar, pour son deuxième match de la compétition, l’ancien international garde espoir. « J’espère juste que c’était à cause du premier match, et le besoin de s’acclimater à l’événement. Pour beaucoup de joueurs, il s’agit de leur première Coupe du monde. J’ai vraiment espoir pour les deux prochains matchs du Maroc, du Sénégal et du Ghana, il y a la place pour prendre des points et se qualifier ».
Avant un dernier petit conseil de Tonton Ricardo : « Ils doivent faire ce qu’on a vu du Ghana contre le Portugal, être moins timorés, se lâcher et ne pas avoir peur de rater. Ils doivent prendre des risques, comme on a l’habitude de voir ces joueurs dribbler en championnat, se débrider pour se mettre en confiance. » Pour lui, la Coupe du monde des sélections africaines commence vraiment ce vendredi après-midi avec le Sénégal face au Qatar (14 heures). Au vu de la performance du pays hôte lors de son match d’ouverture, cette fois c’est victoire obligatoire.



















