Formule 1 : Comment le premier titre de Verstappen l’a « transformé » pour aller en chercher un deuxième

FORMULE 1 Le pilote de l’écurie RedBull, Max Verstappen, est beaucoup plus zen depuis son premier titre de champion du Monde de Formule 1

Adrien Max
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Max Verstappen tout sourire avant d'aborder le Grand Prix du Japon, dimanche (7h), où il peut remporter un deuxième titre de champion du Monde de Formule 1.
Max Verstappen tout sourire avant d'aborder le Grand Prix du Japon, dimanche (7h), où il peut remporter un deuxième titre de champion du Monde de Formule 1. — Masanori Inagaki
  • Le pilote de Formule 1 Max Verstappen peut remporter un deuxième titre de champion du Monde ce dimanche (7h) lors du Grand Prix du Japon, sur le circuit de Suzuka.
  • Son premier titre remporté l’année dernière lors du dernier Grand Prix de la saison, à Abu Dhabi, l’a « transformé ».
  • Le pilote néerlandais, arrivé à l’âge de 17 ans en Formule 1 est beaucoup plus calme, et zen, ce qui lui permet d’être largement en tête à cinq Grand Prix de la fin de saison.

Formule 1 « Mais c’est quoi ce bordel, mais c’est quoi ce bordel ? Mais qu’est-ce que vous me dîtes ? Je ne comprends pas, c’est quoi le problème ? » Une colère comme au bon vieux temps, dont on avait presque perdu l’habitude. Le pilote de Formule 1 Max Verstappen n’a pas hésité à monter dans les tours, samedi dernier lors des qualifications du Grand Prix de Singapour. La raison ? Son équipe l’a contraint à rentrer dans les stands alors qu’il s’apprêtait à réaliser le meilleur tour, synonyme de pôle position pour la course du lendemain. Mais à cause d’une trop faible quantité d’essence dans ses réservoirs - il faut au minimum un litre d’essence à l’arrivée - le Néerlandais n’a pas eu d’autres choix que de venir garer sa voiture dans les paddocks, sans pouvoir passer la ligne d’arrivée. De quoi pousser une bonne gueulante contre son équipe.

Et pour cause, il n’a pas pu faire mieux que 7e, dimanche lors de la course, soit sa position au départ après sa mésaventure en qualification, alors qu’il devait gagner, et espérer une contre-performance de ses rivaux Charles Leclerc et Checo Perez, pour remporter son deuxième titre de champion du Monde. Ce n’est finalement que partie remise pour le Grand Prix du Japon, sur le circuit de Suzuka, qui s’élancera ce dimanche (7h). Les conditions pour le voir devenir une deuxième fois champion du Monde lui sont encore plus favorables.



« Plus serein, plus apaisé, plus zen »

Ce petit coup de sang, l’un des seuls de la saison à l’exception de ses deux abandons lors des trois premières courses, symbolise paradoxalement son changement d’attitude cette année. « C’est impressionnant de voir comme son premier titre l’a transformé, il est beaucoup plus serein, plus apaisé, plus zen qu’avant, en étant toujours aussi fort sur la piste », souligne Daniel Ortelli, auteur du live Max Verstappen, le sacre d’un champion, aux éditions City Edition.

Il avait plutôt habitué les fans de Formule 1 à tout le contraire, de ses débuts à une période pas si lointaine où il enchaînait les abandons à cause du manque de fiabilité de sa monoplace. « Quand il est arrivé en Formule 1 à 17 ans, beaucoup ont crié au fou en disant que c’était n’importe quoi de faire rouler un gamin. Il était conscient de ça, avec une énorme pression sur les épaules. Il était un peu inhibé, il parlait comme un robot et n’était pas du tout décontracté. Et ça se ressentait en piste, où il était très agressif », se remémore Daniel Ortelli qui l’a connu lors de ses tout premiers essais en F1, en 2014, sur le circuit de Suzuka, notamment. Au point d’être trop souvent pointé du doigt par les autres pilotes pour sa conduite musclée, comme l’année dernière lors de son combat avec Hamilton.

« Max est presque devenu un chuchoteur de pneus »

Mais en étant conditionné par son père Jos Verstappen, ancien pilote de Formule 1, à devenir champion du Monde, difficile de se comporter différemment. « Il a toujours tendu vers cet objectif, et le voir l’atteindre l’année dernière a complètement modifié sa façon de fonctionner », avance Daniel Ortelli. Et même de piloter. « Max est presque devenu un chuchoteur de pneus », a fait remarquer Helmut Marko, l’un des dirigeants de RedBull, à l’ORF autrichienne cette saison, heureux de ne plus le voir « paniquer » lorsque quelque chose « ne fonctionne pas ». Depuis le début de la saison la Ferrari est plus performante sur un tour, comme en témoignent leurs onze pôles positions obtenues en qualifications. Mais une fois en course, Max Verstappen est RedBull deviennent presque intouchables, notamment grâce à la gestion des pneus.

Les progrès de son écurie, et la zenitude de Verstappen sont d’ailleurs intimement liés. Ses anciens accès de colère ont fait progresser l’écurie autrichienne, et ces progrès lui permettent désormais d’être plus serein. « Il a réussi à souder l’équipe vers l’exigence et depuis ils ne laissent rien au hasard. C’est ce qui leur a permis de sauter sur l’occasion de remporter le titre à Abu Dhabi l’année dernière. Il y a une exigence totale et une stratégie parfaite », estime l’ancien suiveur de la F1.




Au point de voir Max Verstappen complètement relâché jeudi en conférence de presse, avant un week-end pourtant décisif, allant jusqu’à plaisanter avec Daniel Ricciardo, beaucoup plus réputé pour sa bonne humeur que le Néerlandais. Les 104 points d’avance sur Charles Leclerc, le pilote Ferrari, n’y sont clairement pas pour rien. C’est d’ailleurs le seul risque de voir se perdre Verstappen selon Daniel Ortelli, celui de vouloir partir chez Ferrari après avoir tout gagné avec RedBull, « exactement comme Alonso ou Vettel à leur époque, et ils se sont tous manqué dans les grandes largeurs », prévient-il. Un défi à la mesure du génie hollandais ?