Wimbledon : Pied gauche, abdos… Jusqu’à quand Rafael Nadal sera-t-il plus fort que la douleur ?

TENNIS Même diminué, Rafael Nadal est qualifié pour les demi-finales de Wimbledon. L’Espagnol devrait défier Nick Kygios vendredi, si son corps l’y autorise encore

Nicolas Stival
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Rafael Nadal lors de sa victoire contre Taylor Fritz, mercredi en quart de finale de Wimbledon.
Rafael Nadal lors de sa victoire contre Taylor Fritz, mercredi en quart de finale de Wimbledon. — Chine Nouvelle / Sipa
  • Toujours en délicatesse avec son pied gauche, Rafael Nadal doit désormais composer avec une blessure aux abdominaux.
  • Ces douleurs n'ont pas empêché l’Espagnol de se qualifier pour les demi-finales de Wimbledon, alors qu’il semblait proche de l’abandon en quart contre Taylor Fritz.
  • L’homme aux 22 titres en Grand Chelem a toutefois laissé planer le doute quant à sa présence lors de la demi-finale prévue vendredi contre Nick Kyrgios.

Selon Marca, les examens passés ce jeudi par Rafael Nadal ont décelé une déchirure de 7 mm au niveau d’un muscle abdominal. Malgré cette blessure, le quotidien sportif madrilène assure que le futur papa veut disputer sa demi-finale de Wimbledon, vendredi contre le sanguin Nick Kyrgios. Le recordman de victoires en Majeurs (22) avait laissé planer l’incertitude mercredi, à l’issue d’une nouvelle victoire incroyable Taylor Fritz, arrachée après 4h20 de match, au super tie-break (3-6, 7-5, 3-6, 7-5, 7-6 [10-4]).


Diminué depuis plusieurs jours par cette lésion aux abdos, l’Espagnol de 36 ans a semblé au plus mal à plusieurs reprises contre l’Américain, 14e mondial. Il est notamment allé se faire soigner aux vestiaires au milieu du deuxième set. Nadal a reçu de son propre aveu des anti-inflammatoires et des analgésiques, sans oublier des massages de kiné.

Son service était ralenti, avec un geste modifié à cause de la douleur ? Ses revers presque toujours slicés par nécessité ? Sa sœur et surtout son père, présents en tribune, l’incitaient à jeter l’éponge, avec de grands gestes à l’appui ? Il s’est accroché et a fini par triompher. Comme d’hab’, ou presque.

Son père et sa sœur voulaient qu’il abandonne

« Ils me disaient d’abandonner, a lâché après coup l’ancien numéro 1 mondial, aujourd’hui quatrième. C’est difficile, même si j’y pensais depuis un moment et même si ça m’est déjà arrivé. C’est quelque chose que je déteste faire. Alors j’ai continué d’essayer de jouer. » A l’entendre, la ferveur du Central Court a également aidé le cyborg de Manacor. « J’ai pensé à plusieurs reprises que je ne terminerais pas le match, mais le public, avec l’énergie qu’il m’a envoyée, m’a permis d’aller au bout », a-t-il assuré.

Voilà donc Nadal toujours en lice pour un incroyable Grand Chelem calendaire, celui qui avait échappé in extremis l’an dernier à un Novak Djokovic en pleine possession de ses moyens (au moins physiques), au moment de conclure en finale de l’US Open contre Daniil Medvedev. Pour cela, l’Espagnol a gagné des tournois auxquels on a longtemps cru qu’il ne participerait pas.

  • L’Open d’Australie ? Il avait à peine fait son retour deux semaines avant, début janvier à Melbourne, après cinq mois d’absence à cause du désormais célèbre syndrome de Mueller-Weiss qui entraîne une nécrose de l’os naviculaire de son pied gauche, puis d’un Covid carabiné.
  • Roland-Garros ? Il est arrivé dans son jardin avec un bilan famélique (pour lui) sur terre battue, lors d’une campagne perturbée par une côte fissurée. Puis son pied s’est rappelé à son mauvais souvenir en 8es de finale à Rome contre Denis Shapovalov. « C’est une douleur qui va et qui vient. Parfois plus forte, parfois moins. Aujourd’hui, c’était fou », lâchait-il après son revers face au Canadien, le 12 mai.
  • Wimbledon ? Le 7 juin, deux jours après avoir remporté son 14e titre Porte d’Auteuil à grand renfort d’infiltrations qui ont « endormi » son pied et agacé beaucoup d’autres sportifs (coucou les cyclistes), Nadal apparaissait en béquilles. Il sortait d’une clinique barcelonaise où il avait subi un traitement par radiofréquence pour engourdir les nerfs de son pied.

Un mois plus tard, Rafa marche sur ses deux pieds et devrait donc disputer sa huitième demi-finale à Wimbledon, avec de grosses bandes sur son ventre et sous son tee-shirt. « Mon corps, en général, va bien mais le problème ce sont les abdos », glissait Nadal après le succès sur Fritz, qui a confié avoir eu « envie de pleurer » après avoir perdu contre un joueur qui « a probablement beaucoup souffert », selon l’Américain.

Dans une story Instagram, Fabio Fognini – pas le meilleur ami de l’Espagnol sur le circuit – a en revanche émis de gros doutes sur la réalité de cette blessure, en s’interrogeant sur la capacité d’un athlète diminué à disputer, et même remporter, un match de 4h20.

Quoi qu’il en soit, une question se pose déjà : que faire si Rafael Nadal remporte son troisième Wimbledon, après les titres antédiluviens de 2008 et 2010 ? Pour la statue, c’est déjà fait du côté de Roland-Garros​. On se permet de suggérer le lancement d’une édition spéciale du jeu Docteur Maboul.