Wimbledon : « Je me suis parlé dans le miroir »… Comment Djokovic a (encore) renversé un match en passant par les toilettes

TENNIS Alors qu’il était mené deux sets à zéro par Jannick Sinner, Novak Djokovic a réussi à se qualifier pour les demi-finales de Wimbledon après une pause toilettes. Pas une première pour le Serbe

Nicolas Stival
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Novak Djokovic peut toujours rêver d'un septième titre à Wimbledon, où il n'a plus perdu depuis son abandon en quart de finale, en 2017.
Novak Djokovic peut toujours rêver d'un septième titre à Wimbledon, où il n'a plus perdu depuis son abandon en quart de finale, en 2017. — Chine Nouvelle / Sipa
  • Tout proche de précipice contre le jeune Jannick Sinner, Novak Djokovic a remonté un débours de deux manches pour remporter son 26e match d’affilée mardi à Wimbledon.
  • Le Serbe s’est octroyé une pause toilettes avant le troisième set, qui a changé la physionomie de ce quart de finale.
  • Djoko est coutumier du fait. Un autre spécialiste, Stefanos Tsitsipas, en avait fait les frais l’an dernier en finale de Roland-Garros.

Quand on pense « tennis » et « pause toilettes » (c’est rare, mais ça peut arriver), le nom de Stefanos Tsitsipas est souvent le premier qui vient à l’esprit. Les « pisse stop » du Grec lors du dernier US Open ont fait jaser, mais ils ont repoussé dans l’ombre ceux de Novak Djokovic. Avant de s’octroyer un passage par les vestiaires mardi à Wimbledon, alors qu’il était mené deux sets à zéro par Jannick Sinner en quart de finale, pour finalement retourner la situation en sifflotant (5-7, 2-6, 6-3, 6-2, 6-2), le cador serbe avait déjà agi de même l’an dernier à Roland-Garros.

Et plutôt deux fois qu’une, contre Lorenzo Musetti en 8es puis… Tsitsipas en finale. Pour le même scénario, répété désormais sept fois depuis le début de sa carrière : mené deux manches à une, le numéro 1 mondial de l'époque avait fini par triompher. « Il est revenu sur le court comme si c’était quasiment un nouveau joueur, avait alors lâché le beau Stefanos. Je ne sais pas ce qui s’est passé là-bas. Je ne sais vraiment pas. » Avant de lancer un prémonitoire : « Bravo à lui. Il a bien fait de faire ça. »

Ce mardi, Djoko a bien voulu expliquer ce qu’il avait fait au moment de rejoindre les entrailles cossues du Central Court, où il reste invaincu depuis 2013. « Il y a eu deux matchs : dans les deux premiers sets, il [Sinner] a été meilleur. J’ai pris une pause pour aller aux toilettes à la fin du deuxième set et j’en ai profité pour me parler dans le miroir, pour me remonter le moral », a expliqué le joueur aux 20 titres en Grand Chelem, dont six Wimbledon.

Joue-la comme Vincent Cassel

Rejouer la fameuse scène de Vincent Cassel dans La Haine aurait donc suffi à remettre le Serbe de 35 ans sur les rails, tout en coupant les pattes de son jeune adversaire italien, son cadet de 14 années, si impressionnant jusque-là. « Je me crois toujours capable de remonter deux sets de retard, a souri le Serbe. C’est peut-être l’expérience, la pause toilettes, ou une combinaison des deux… »

Quand on dispute un tournoi où l’on n’a plus perdu depuis 2017 – abandon en quart de finale contre Tomas Berdych – et que l’on a l’ego de Djoko, la confiance ne s’évapore pas aussi facilement qu’un ru de Provence au mois d’août. L’homme qui a dit non au vaccin anti-Covid (ce qui pourrait lui faire rater l’US Open, après l’Open d’Australie) a rendez-vous en demi-finale avec le Britannique Cameron Norrie. Autant dire qu’il partira favori pour une 27e victoire d’affilée sur l’herbe londonienne, sans forcément passer cette fois par la case vestiaires.