Trail : Le Marathon du Mont-Blanc plonge les enfants dans l’univers des courses en montagne

RUNNING Événement trail du week-end autour de Chamonix (Haute-Savoie), le Marathon du Mont-Blanc va accueillir ce samedi 800 enfants de 6 à 15 ans dans le cadre de son mini-cross

Jérémy Laugier
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Le Marathon du Mont-Blanc accueillera 800 enfants ce samedi après-midi.
Le Marathon du Mont-Blanc accueillera 800 enfants ce samedi après-midi. — Fabian Bodet
  • Véritable institution du trail en France, le Marathon du Mont-Blanc accueille durant tout le week-end 10.500 participants de 85 nationalités différentes.
  • L’une des spécificités de cette course organisée autour de Chamonix (Haute-Savoie) est de mettre l’accent sur le mini-cross, sur des distances de 800 m à 3 km, avec 800 enfants attendus entre 6 et 15 ans.
  • 20 Minutes vous explique comment ces (très) jeunes traileurs en herbe portent avec enthousiasme leur premier dossard de course.

« On se souvient tous que gamins, on ne trouvait pas ça fun de courir. Nous étions même capables de prétexter des maux de ventre pour ne pas y aller. C’est donc une fierté d’avoir 800 enfants inscrits sur notre mini-cross. » Organisateur du Marathon du Mont-Blanc avec le club des sports de Chamonix (10.500 participants de 85 nationalités durant tout ce week-end), Fred Comte se réjouit de la montée en puissance des courses gratuites proposées à destination des plus petits.

Le mini-cross permet aux 800 traileurs en herbe, ayant entre 6 et 15 ans, de parcourir 800 m, 2 km ou 3 km dans le bois du Bouchet à Chamonix (sans dénivelé), en fonction de leur âge, ce samedi entre 14h30 et 16 heures. Et ainsi de goûter très tôt à l’ambiance des courses en montagne, aux côtés de parents, le plus souvent inscrits sur le 10, 23 et 42 km de cette épreuve majeure.

« Les jeunes partent comme des avions ! »

« On voudrait les inciter à gérer leur vitesse comme dans des courses en montagne mais les jeunes partent comme des avions ! C’est énorme de voir leur départ en masse, qui ressemble à un sprint », sourit Fred Comte. Pour éviter d’encourager un esprit de compétition très développé dès le plus jeune âge, loin de l’univers du trail running, il n’y a plus de chronomètre ni de classement dans ces différentes catégories jeunes, contrairement aux premières éditions. Une médaille est par contre offerte à chaque participant ayant atteint la ligne d’arrivée.

« Nos deux filles, Lily [11 ans] et Rose [8 ans] ont bien compris cela, raconte Aurélie Fricker, venue d’Alsace avec son mari pour participer au 42 km. Elles ont beau être sportives, elles veulent avant tout s’amuser pour leur premier trail. » Un état d’esprit partagé par Evan (6 ans), l’un des benjamins de l’épreuve, qui vivra lui aussi sa première fois avec un dossard. « Il a hâte de découvrir l’ambiance d’une première course de trail, explique sa maman Audrey Mortz, ancienne arbitre professionnelle de basket comme son mari David, venus eux aussi en famille depuis l’Alsace. Evan adore le ski et la montagne, et c’est sûr qu’on lui a transmis notre amour du sport, de manière générale. »

A 4 ans, Kelly se faisait une rando avec plus de 1.000 m de D +

Ne parlez pas de la devise de Pierre de Coubertin à Eva (17 ans), Enzo (15 ans) et Kelly (12 ans), déterminés à jouer la gagne sur les nombreuses courses auxquelles ils participent, y compris en Suisse où il y a un véritable podium à l’arrivée. Il faut dire que leurs parents Cyril et Gaëlle David se sont rencontrés lors d’un stage pour les championnats de France dans les catégories jeunes de cyclisme, il y a une vingtaine d’années. Embarquée dans le trail par Cyril, inscrit ce samedi sur le 23 km, la famille David, qui vit sur un plateau situé au-dessus d’Evian-les-Bains (Haute-Savoie), détonne sur le circuit.

La très sportive famille David au grand complet, autour de la petite dernière Tessa, ici après une course de trail.
La très sportive famille David au grand complet, autour de la petite dernière Tessa, ici après une course de trail. - Gaëlle David

« Trois de nos quatre enfants participent à des mini-trails depuis très longtemps et ils remportent souvent les courses de leur catégorie », indique Gaëlle David. Comme en 2018 sur l’emblématique site de Zermatt. Sur un parcours allant jusqu’à 2,6 km (avec 150 m de dénivelé positif), « c’était le jackpot pour eux », puisqu’ils avaient tous fini en tête de leur course. Seule Tessa (2 ans), encore trop petite pour prendre un départ, se contentera de jouer les supportrices ce samedi. Gaëlle David raconte cette ferveur familiale pour le trail : « C’est vraiment chouette d’avoir pu leur transmettre notre passion pour les sports outdoor. Dès l’âge de 4 ans, Kelly nous accompagnait sans broncher en rando jusqu’au sommet de la Dent d’Oche [2.222 m], avec plus de 1.000 m de D +.» Il poursuit :

On est toujours surpris par leurs performances, mais cette envie de se donner à fond dans la course vient vraiment d’eux. Nous ne cherchons pas à les pousser dans ce sens. Il leur arrive d’aller courir tous les trois ensemble, le soir en montagne autour de chez nous, pendant une heure. »

Il faut avoir au moins 22 ans pour s’inscrire sur les 23, 42 ou 90 km

Eva David, inscrite sur le 10 km avec sa maman ce samedi matin, pourra la saison prochaine se tester sur la Young Race (de 18 à 22 ans, 15 km et 810 m de D +). Cent cinquante jeunes coureurs seront cette année sur cette catégorie relevée, qui accueille « les stars du trail de demain », dixit Fred Comte. Car les jeunes de moins de 22 ans n’ont actuellement pas le droit de participer au 42 km, ni même à un semi-marathon, en raison de l’important dénivelé autour de Chamonix.

Ces prudentes règles fixées par la Fédération française d’athlétisme (FFA) n’empêcheront sans doute pas Eva, Enzo, Kelly et tant d’autres jeunes passionnés de la montagne de s’attaquer un jour à de redoutables distances. Et ainsi de supplanter leurs parents.