Girondins de Bordeaux : Lopes reste, Guion toujours là, Furlan en embuscade

INFO «20 MINUTES» Relégués en Ligue 2, les Girondins de Bordeaux n’ont pas encore décidé avec quel entraîneur il repartirait la saison prochaine

Clément Carpentier
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Admar Lopes, David Guion et Jean-Marc Furlan (de gauche à droite).
Admar Lopes, David Guion et Jean-Marc Furlan (de gauche à droite). — CHRISTOPHE SAIDI/Daniel Vaquero/SIPA - ROMAIN PERROCHEAU / AFP -
  • Les grandes manœuvres ont débuté aux Girondins de Bordeaux après la relégation du club en Ligue 2.
  • Si Admar Lopes va conserver son poste de directeur technique, Gérard Lopez n’a pas encore choisi son entraîneur.
  • Côté effectif, la direction a dressé une liste d’une dizaine de joueurs qu’elle souhaite conserver.

L’onde de choc n’est toujours pas retombée. Trois jours après l’officialisation de la relégation des Girondins de Bordeaux en Ligue 2, ils sont encore nombreux à ne pas vouloir y croire. 31 ans que le club n’avait pas vécu une descente. Et encore, elle était administrative et non sportive à l’époque. Il faudra donc pour certains du temps pour digérer cette rétrogradation. Mais du temps, justement, les Marine et Blanc n’en ont pas. Entre un rendez-vous crucial devant la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) prévu mi-juin et une reprise du championnat de L2 le 30 juillet prochain, les prochaines semaines risquent d’être très mouvementées au château du Haillan.

C’est pour cette raison que Gérard Lopez n’a pas attendu samedi dernier pour s’activer. Le propriétaire et président des Girondins de Bordeaux doit boucher un trou de 40 à 45 millions pour permettre au club de repartir au mieux en Ligue 2. Selon Sud Ouest, il pourrait même être obligé de mettre près de 20 millions d’euros de sa poche. Cela pourrait descendre autour de 12-13 millions si l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois trouve un nouveau sponsor d’envergure international pour le club, dossier sur lequel il travaille depuis des mois. Il était d’ailleurs ce lundi à Paris pour discuter avec de potentiels futurs partenaires. En attendant de savoir s’il obtient des avancées à ce sujet et surtout le feu vert du gendarme financier du football français, le sportif n’est pas pour autant en stand-by : « Tout avance » confie l’un des proches de Gérard Lopez. C’est-à-dire ?

Le choix du coach pas encore tout à fait arrêté 

Pour le moment, la reprise de l’entraînement a été fixée au 23 juin avec notamment les traditionnels tests physiques d’avant-saison. Mais qui sera là ce jour-là ? C’est la grande question. Gérard Lopez a déjà annoncé être « prêt » à faire des « changements importants ». Il pourrait par exemple nommer un président délégué. Comme indiqué par L’Equipe, le nom de Klaus Allofs a circulé ces derniers jours mais le profil de l’actuel directeur sportif du Fortuna Dusseldorf en Allemagne n’aurait pas totalement convaincu les décideurs bordelais. Ces derniers cherchent également une personne idoine pour épauler Admar Lopes, le jeune directeur technique du club depuis un an, et le décharger de certaines missions. En effet, selon les informations de 20 Minutes, le Portugais a été confirmé dans ses fonctions malgré la saison catastrophique des Girondins de Bordeaux.

Gérard Lopez, le président des Girondins de Bordeaux.
Gérard Lopez, le président des Girondins de Bordeaux. - Philippe LOPEZ / AFP

Preuve en est, Admar Lopes s’est rendu ce mardi à Londres avec son coach David Guion afin de rencontrer le président Gérard Lopez pour faire le bilan de la saison. L’ancien entraîneur du Stade de Reims est reparti de la capitale anglaise sans en savoir vraiment plus sur son avenir. Si la tendance est toujours à un départ après l’échec de sa mission de maintenir le club en Ligue 1, il fait toujours partie de la short list dressée par la direction bordelaise. Celle-ci a décidé de se laisser encore quelques jours pour faire son choix qui dépendra avant tout du projet retenu pour la saison prochaine. Soit les Girondins repartent avec un effectif très jeune, soit avec des joueurs plus expérimentés aguerris à la Ligue 2. Cela découlera aussi des moyens pour recruter. Dans cette short list, on retrouve également les noms de  Jean-Marc Furlan et Laurent Batlles comme l’a révélé  Foot Mercato, Le premier fait même office de favori selon nos informations.

Laurent Batlles, entraîneur de Troyes, le 29 août 2021 lors d'un match contre Monaco.
Laurent Batlles, entraîneur de Troyes, le 29 août 2021 lors d'un match contre Monaco. - Eurasia Sport Images/Shutterstoc/SIPA

Mais sa situation contractuelle n’est pas évidente. L’actuel entraîneur de l’Auxerre s’apprête à disputer le barrage d’accession en Ligue 1 face à Saint-Etienne cette semaine. En cas de montée, son contrat sera automatiquement prolongé d’un an. Une chose est sûre son nom a bien été proposé au club et il se verrait bien boucler la boucle chez lui en Gironde. Laurent Battles, lui, est très courtisé. Il est notamment la priorité de l’AS Saint-Etienne en cas de descente en L2 et les Verts pourraient aussi miser sur lui en cas de maintien. Bref, ce barrage sera particulièrement scruté par la direction des Girondins de Bordeaux. Un autre coach français d’un club de milieu de tableau de Ligue 1 s’est également proposé. En revanche, la piste Didier Tholot n’a jamais existé.

Le club souhaite conserver une petite dizaine de joueurs avec Mara en étendard

Et les joueurs dans tout ça ? Après un dernier petit-déjeuner ensemble au Haillan dimanche matin où Admar Lopes leur a fait comprendre que très peu reporteraient un jour le maillot des Girondins, ils sont partis en vacances. En coulisse, le directeur technique a déjà avancé ses pions avec l’obligation cet été de vendre pour près de 22 millions d’euros. Selon les informations de 20 Minutes, le Portugais souhaite conserver seulement une petite dizaine d’éléments : Lacoux, Mara, Sissokho, Ignatenko, Gregersen, Briand (une prolongation d’un an va lui être proposée), Kidjé, Bokele, Bakwa et peut-être Medioub. Concernant Ahmehdozic, l’une des seules satisfactions de la saison, tout dépendra de la situation financière du club. Il faudra tout d’abord lever son option d’achat (4 millions d’euros) avant de sûrement résister aux offres. En privé, le jeune défenseur aurait émis le souhait de rester à Bordeaux.

Tous les autres joueurs de l’effectif devraient quitter les Marine et Blanc. Entre les fins de contrat (Costil, Traoré, Adli, Marcelo, Malbec), les retours de prêt (Mensah, Mangas, Pembélé, Dilrosun, Guilavogui), les joueurs à valeur marchande (Elis, Hwang, Oudin, Onana, Maja) et les indésirables, (Niang, Zerkane, Fransergio, Kwateng, Baysse, Mexer), cela représente une vingtaine de joueurs.



L’un des premiers gros enjeux pour le club, s’il repart en Ligue 2, sera de pouvoir conserver son jeune et très prometteur attaquant, Sékou Mara. Les Girondins ne s’en cachent pas, ils veulent reconstruire le club autour de lui. Le joueur, lui, a affirmé après le dernier match de la saison son intention de poursuivre l’aventure : « Je sais déjà ce que je vais faire l’an prochain, je serais avec les Girondins de Bordeaux. Je suis sous contrat avec le club ! Je serais là, la saison prochaine ! » Sauf que l’aspect financier devrait vite prendre le dessus dans ce dossier. Aujourd’hui, des clubs français comme Lyon, Reims, Lens ou allemands (Cologne et Leverkusen) suivent de très près l’avant-centre bordelais et pourraient rapidement faire une offre. Et là il sera très difficile pour les Marine et Blanc de dire non à une offre de 15 millions d’euros étant donné la situation financière du club.