Girondins Bordeaux : Le club relégué en ligue 2, « un bien triste moment », pour le maire

DESCENTE Les Girondins ont été officiellement relégués samedi malgré leur victoire à Brest (4-2)

20 Minutes avec AFP
— 
Malgré leur victoire à Brest (4-2), les Girondins ont été relégués samedi en ligue 2.
Malgré leur victoire à Brest (4-2), les Girondins ont été relégués samedi en ligue 2. — DAMIEN MEYER / AFP
  • Le club des Girondins de Bordeaux a été relégué samedi malgré sa victoire à Brest (4-2).
  • Des questions se posent pour reconstruire le club après ce revers, au niveau sportif et financier.
  • Le « comité de soutien et de vigilance » sera réuni par le maire début juin, date à laquelle il attend une présentation de la stratégie des dirigeants.

La menace est devenue réalité. Bordeaux en L2, du jamais vu depuis 1991-1992 : plombés par leurs repreneurs successifs, les Girondins ont été officiellement relégués samedi malgré leur victoire à Brest (4-2). Et l’avenir s’annonce incertain pour ce club historique et son propriétaire Gerard Lopez. « C’est un bien triste moment pour notre club, notre ville, les supporteurs, ses salariés et toutes celles et ceux qui y sont attachés », a réagi Pierre Hurmic​, maire de Bordeaux, dans un communiqué samedi soir.



L’été dernier, après une négociation avec le fonds américain King Street, Lopez avait débarqué en sauveur à Bordeaux, malgré une image brouillée par la fin de sa gestion du club de Lille (2017-2020), dont il avait été évincé pour des problèmes financiers.

L’homme d’affaires hispano-luxembourgeois a lancé un projet s’apparentant selon lui à l'« ascension du Kilimandjaro sans oxygène ». De fait, Bordeaux a manqué d’air tout au long de la saison, se signalant par une porosité édifiante (91 buts encaissés), la pire en L1 depuis 1978. Surveillé dans sa reprise par la DNCG, gendarme financier du football français, Lopez avait misé sur le sélectionneur suisse Vladimir Petkovic, tombeur des Bleus à l’Euro-2021. Un pari raté et écourté dès février.

Eviter le dépôt de bilan

Entre les cadres du vestiaire marqués par deux dernières saisons traumatisantes, et les jeunes du cru trop rarement mis en avant, l’encadrement ne parvient pas à réussir l’amalgame. Rapidement, des tensions se font jour par manque d’autorité au quotidien, les écarts de conduite se multiplient, les gros salaires de l’équipe sont pointés du doigt, d’autres sont envoyés en réserve ou poussés à changer d’air.

Interrogé en début d’année sur une éventuelle relégation, le directeur général délégué Thomas Jacquemier avait affirmé que « pour les Girondins, il n’y a pas de modèle, il n’y a pas de vie en L2. Les revenus que l’on tire des droits télé en L2 ne permettent pas au club d’y survivre ».

La descente pour Bordeaux, en proie à des difficultés financières récurrentes (67 millions de déficit pour 2020-2021 selon la DNCG), pourrait signifier le dépôt de bilan et direction la N3 (5e division). Voyant poindre l’inéluctable, le club a néanmoins étudié plus en détail la question et croit le rebond possible en L2, à certaines conditions.

Quel avenir pour le club ?

La descente en L2 désormais actée, se pose aujourd’hui la question de la restructuration et du train de vie d’un club surdimensionné qui risque de ne pas échapper à un plan social, et de ses moyens. Aux 7 millions d’euros de la LFP censés aider tout club relégué, s’ajoute seulement une demi-part (8,25 M EUR) du versement promis à tous les clubs de L1 en juillet par le fonds d’investissement CVC, nouvel actionnaire de la société commerciale du foot français – l’autre demi-part de 8,25 M EUR étant versée au club promu en parallèle. Autre apport financier espéré cet été, les plus-values prévues (20 %) sur les transferts de Jules Koundé et Aurélien Tchouaméni, formés aux Girondins et sollicités par les plus grands clubs européens.

Pour le reste, le club au scapulaire va devoir gérer au mieux les options d’achat, pour la plupart obligatoires, des joueurs venus en prêt, et gérer sa masse salariale, sachant que les salaires baissent légalement de 20 % en cas de descente. Il devra aussi se montrer convaincant pour bien revendre ses plus fortes valeurs marchandes (Hwang Ui-Jo, Junior Onana, Alberth Elis) pour éviter ainsi la faillite.

« Je réunirai début juin les différentes personnalités du "comité de soutien et de vigilance" que nous avons constitué en Mai 2021 lors de la reprise du club, a annoncé le maire dans son communiqué. A cette occasion j’inviterai les dirigeants à venir nous présenter leur stratégie pour assurer l’avenir économique et sportif des Girondins ».