RC Strasbourg : « Ça restera une belle saison… » Qualification en coupe d'Europe ou non, les supporteurs du Racing ont déjà bien vibré
FOOTBALL•Les fans du Racing ne seront pas forcément déjà si leur équipe, surprise de la Ligue 1 cette saison, ne termine pas parmi les cinq ou six premiers de Ligue 1Thibaut Gagnepain
L'essentiel
- Le RC Strasbourg vit une saison exceptionnelle qui pourrait se conclure par une qualification pour une coupe d'Europe.
- Avant le match à Brest ce samedi (17h), 20 Minutes a demandé l’avis aux fans strasbourgeois. Seront-ils déçus si le Racing ne finit pas parmi les 5 ou 6 premiers ?
- Les réponses sont évidemment variables mais un sentiment fort ressort : leur équipe les a fait vibrer cette saison !
Ne cherchez plus de place pour le dernier match du Racing à la Meinau. Samedi prochain contre Clermont (21h), l’enceinte strasbourgeoise sera encore comble. Pour la dixième rencontre à guichets fermés de la saison, sur dix possibles hors restrictions sanitaires.
Cet engouement, fou, est le meilleur témoin de la saison exceptionnelle réalisée par les partenaires de Dimitri Liénard. Tout proche de la relégation en Ligue 2 l’an dernier, ils sont cette fois en course pour une place dans le Top 6 de Ligue 1. Un classement qui pourrait les envoyer en Coupe d'Europe à la rentrée ! Les fans alsaciens en rêvent depuis des mois, à la faveur d’une série de onze sorties sans défaites.
Mais seraient-ils déçus si leur Racing, actuel 6e et qui joue ce samedi à Brest (17h) ratait finalement la qualification ? 20 Minutes leur a posé la question. Et leurs réponses… varient forcément. Avec une tendance nette, néanmoins : « Cela restera une belle saison qui marque une progression nette du club », résume David, qui n’a pas la mémoire courte. Il y a onze ans, à l’été 2011, le RCSA était relégué en CFA 2, la cinquième division ! « Il ne faut pas oublier d’où on vient », appuie un autre David.
« Ce Racing-là à un cœur »
Autre sentiment largement partagé par les fans : le bonheur procuré par cette formation dirigée par Julien Stéphan. Soit la 4e attaque du championnat, capable de cartons contre Saint-Etienne (5-1), Bordeaux (5-2) voire Metz (3-0). « Jamais je n’ai connu une telle saison, aussi bien sur le point comptable que sur le niveau de jeu de l’équipe, apprécie Stéphane, qui vient au stade avec sa fille de 9 ans. Les matchs cette année sont passionnants, l’entraîneur a insufflé quelque chose de nouveau aux joueurs qui ont assez vite répondu favorablement à ses méthodes […] Je suis fier et heureux d’être supporter de ce Racing-là. Il a un cœur, il joue pour le bonheur de ses fans et prend du plaisir sur le terrain. »
Un vrai beau témoignage d’amour loin d’être isolé. Pierre évoque aussi « de superbes rencontres avec des émotions fortes quand Eric salue « un président remarquable (Marc Keller) comme il le fut également en tant que joueur, un super coach et des joueurs qui ont su se hisser à un niveau exceptionnel ». « Le staff, les joueurs nous ont fait rêver mais surtout vibrer et égayer notre quotidien », synthétise Caroline dans ce concert de louanges.
« Quand on mange du caviar toute la saison... »
Mais y auraient-ils, quand même, quelques déçus en cas de 7e ou 8e place finale ? Oui ! « Après avoir été autant de temps dans le Top 5, ça serait très frustrant. La défaite contre Lille a été très amère et change tout. Si on ajoute le but de Lyon dans les arrêts de jeu, ça fait 4 points de perdus », pointe Cédric. « Quand on mange du caviar toute la saison, c’est normal d’espérer un beau dessert », ajoute Ugo en filant la métaphore. « Et puis, je me dis aussi que si ce n’est pas pour cette saison, on ne reverra pas une qualif' en coupe d'Europe de sitôt. Les miracles n’arrivent jamais deux fois ! »
Sauf si le club strasbourgeois venait, quoi qu’il advienne de cette fin de championnat, à poursuivre sa progression. Beaucoup l’espèrent. « Je préfère que le Racing franchisse un cap en Ligue 1 en s’installant dans le haut de tableau plutôt qu’une participation à une compétition européenne qui risque de fatiguer l’équipe », reprend David. « Club en reconstruction, petit budget, il ne faut pas brûler les étapes : la coupe d'Europe nécessite un effectif plus étoffé, le risque est de jouer la prochaine saison de Ligue 1 dans les profondeurs du classement », appuie Jean-Jacques.
« J’ai connu la Meinau où ça sifflait à la mi-temps »
Huber, lui, est déjà tourné vers la suite. « Le plus important est de consolider. De conserver le coach et les bons éléments pour la saison prochaine », prône-t-il. « La plus grande des déceptions, que je crains dans un avenir proche, serait qu’on perde l’esprit actuel, qui fait que le public supporte l’équipe quoi qu’il arrive. Avoir des ambitions plus hautes expose le club à des déceptions plus grandes si les objectifs ne sont pas atteints. J’ai connu la Meinau où ça sifflait à la mi-temps parce qu’il n’y avait que match nul. Depuis la descente, on est devenu un club qui n’a rien à perdre. C’est pour ça qu’on a tout à gagner », rappelle de son côté Fayssal. Comme un avertissement.
Mais ce serait dommage de boucler cette consultation sur une note un brin négative… Alors le mot de la fin revient à Stéphane, qui a eu l’élégance de remercier 20 Minutes pour ses articles. « Si le Racing n’est pas européen, nous aurons vécu une saison de rêve, avec des joueurs engagés, attachés à leurs maillots, et au moins aussi amoureux de leur public que nous le sommes de notre club. Si nous étions en course pour le titre, en jouant défensif et en gagnant 1-0 sur un penalty en fin de match, nous ne serions pas aussi heureux que lorsque Perrin nous harangue et Guilbert effectue ses remontées rageuses. C’est en tout point une saison réussie, et nous serons fiers, que nous soyons 5e ou 8e, en fin de saison. Un seul amour, Racing Club de Strasbourg ! »


















