Coupe Davis : Pourquoi faut-il savourer ce France-Equateur en barrage ?

TENNIS La France accueille l’Equateur en barrage à Pau sur deux jours dans une formule qui se rapproche de celle historique de la Coupe Davis

Clément Carpentier
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Les supporters Français sont attendus à Pau.
Les supporters Français sont attendus à Pau. — Vincenzo PINTO / AFP
  • L’équipe de France de tennis reçoit l’Equateur en barrage de la Coupe Davis vendredi et samedi à Pau.
  • Cette rencontre disputée sur deux jours aux meilleurs des quatre simples et du double se rapproche de la formule historique de cette compétition.
  • Un bonheur pour les joueurs mais aussi les supporters qui seront de retour pour mettre une vraie ambiance de Coupe Davis comme au bon vieux temps.

C’est un parfum que les amoureux de tennis vont humer avec grand plaisir vendredi et samedi au Palais des Sports de Pau. Celui de la nostalgie. Celui du retour de la « vraie » Coupe Davis l’espace de 48h ! Personne n’en voudra donc à Sébastien Grosjean si pendant quelques minutes sur son banc de capitaine de l’équipe de France il se revoit plus de 20 ans en arrière face à Gustavo Kuerten dans cette même salle en train de livrer un duel épique au Brésilien (défaite au 5e, 9-7) pour son premier match dans cette compétition à seulement 21 ans. C’était le bon temps !

Mais depuis Gérard Piqué et sa société Kosmos sont passés par là avec un joli chèque de trois milliards d’euros. Résultat des courses, bye-bye les ambiances de feu et les matchs en cinq sets aux couteaux entre deux nations. Place depuis 2019 à une sorte de « Coupe du monde » où il faut bac +12 pour comprendre comment ça fonctionne. Au point que les organisateurs en sont à trois formules différentes en trois ans. C’est dire la réussite de cette nouvelle version. Bref ! Dans ce marasme ambiant, on va donc apprécier ce petit bout de soleil que nous offrent ses barrages de l’édition 2022 qui vont « ressembler à une vraie rencontre de Coupe Davis » dixit Grosjean.

Une rencontre sur deux jours avec possiblement quatre simples et un double

Alors oui « il n’y aura pas les trois jours [de compétition] et les matchs en cinq sets » comme le rappelle le capitaine français mais c’est déjà mieux que ces rencontres sur quelques heures aux meilleurs des deux simples et un double devant trois pelés et un tondu que l’on connaîtra de nouveau en septembre lors de la phase de poules puis de la phase finale à Abu Dhabi, grande terre de tennis comme tout le monde le sait. A Pau, « fief [français] de la Coupe Davis » pour Sébastien Grosjean, on pourrait avoir le droit à quatre simples et un double (en troisième match) sur deux jours pour départager la France et l’Equateur.


« C’est un parfum de l’ancien format », se délecte l’ancien Nicolas Mahut, l’un des plus ardents opposants à la nouvelle formule. Celui qui a vécu l’élimination dans l’anonymat en 2019 à Madrid et celle dans le huis clos d’Innsbruck (Covid-19 oblige) l’an dernier, les deux fois en phase de groupes, sait de quoi il parle. « C’est bien que les jeunes puissent aussi découvrir ce qu’est vraiment la Coupe Davis », insiste-t-il. Parmi eux, le bizut du week-end, Benjamin Bonzi :

« J’ai grandi avec les rencontres de Coupe Davis à la télé. Quand j’étais au pôle France on se réunissait avec les autres jeunes pour regarder les matchs. Je me souviens forcément aussi des images incroyables de la finale 2017 (remportée contre la Belgique 3-2). C'est pour ça que, pour moi, c’est particulier et un vrai honneur. »

Le public de retour comme au bon vieux temps

A Pau, l’actuel 67e mondial récent demi-finaliste du tournoi ATP 250 de Marseille sera le cinquième homme de cette équipe de France. Des Bleus qui pourront s’appuyer sur Adrian Mannarino et Arthur Rinderknech en simple dès ce vendredi et sur la paire Mahut-Herbert, quintuple vainqueur de Grand Chelem, samedi. Mais surtout sur un public enfin de retour pour se rapprocher encore un peu plus d’une vraie ambiance de Coupe Davis : « On est ravis de pouvoir partager une rencontre avec notre public, à domicile, de vivre ces retrouvailles avec l’atmosphère qu’on a toujours connue dans cette compétition, avec un public qui a toujours répondu présent », avoue le capitaine Français.

Les supporters Français sont attendus à Pau.
Les supporters Français sont attendus à Pau. - OSCAR DEL POZO / AFP

Arthur Rinderknech, impatient de découvrir cela, « espère que le public fera son boulot car cela fera une belle et grande différence. On va tout donner et prendre du plaisir ». Dans cette configuration, il devrait vite (re) venir car « ça se rapproche » de ce que Sébastien Grosjean a vécu lors de sa carrière de joueur. Un capitaine qui ne se cache pas et insiste sur le fait « d’essayer de faire le maximum aujourd’hui pour retrouver la vraie formule qui avait fait la magie de cette compétition. » Pas sûr que l’ami Gérard ne l’entende de cette oreille…