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Dakar 2022 : « Nous sommes soulagés », réagit Sodicars après la saisie du parquet antiterroriste
INTERVIEW•Marie-France Estenave, chargée de la communication de l’écurie girondine, attend des premières réponses à ce qu'elle qualifie d'attentat après l'explosion dans un véhicule jeudi dernier.Propos recueillis par Clément Carpentier
L'essentiel
- Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire pour « tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste » après une explosion dans un véhicule de la course la semaine dernier.
- L’équipe Sodicars, dont l’un des pilotes a été gravement blessé, dénonce un attentat à la bombe depuis plusieurs jours.
- Elle se dit ce mercredi soulagé après l’ouverture de cette enquête et espère vite des réponses à ses questions.
C’est une décision des plus importantes. Ce mardi soir, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire pour « tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste », après « l’explosion qui a touché le véhicule occupé par un équipage de cinq Français ». Les investigations sur cette explosion survenue le 30 décembre à Djeddah en Arabie saoudite, qui a blessé « grièvement le conducteur de la voiture [Philippe Boutron] », sont confiées à la direction de la sécurité intérieure (DGSI).
Cette décision a été prise alors que cela fait plusieurs jours que l’équipe du pilote, Sodicars Racing, et les rescapés de l’explosion dénoncent « un attentat à la bombe », alors que les autorités saoudiennes parlent d’un accident. L’ouverture de cette enquête est donc un signe fort pour Marie-France Estenave, chargée de la communication de l’écurie girondine. Pour 20 Minutes, elle revient aussi sur les dernières informations sur l’état de santé de ses troupes et de l’enquête.
Comment réagissez-vous à l’ouverture de cette enquête ?
Nous sommes avant tout soulagés ! Soulagé pour les familles, pour l’entreprise. On était très inquiet. On était même persuadé que l’affaire allait être enterrée. Il fallait que ça bouge rapidement. Là, on est un peu rassuré par cette décision. Je pense que la pression médiatique a joué et je suis content qu’on ait été finalement entendu.
Vous espérez avoir vite des réponses à vos questions…
Oui, c’est important. Mayeul Barbet [le copilote] va être entendu dès ce jeudi par la DGSI à Lyon chez lui. Le reste des rescapés qui sont encore sur place et poursuivent la course ont reçu des documents ces dernières heures et doivent les renvoyer le plus rapidement possible à la DGSI. J’ai aussi été contacté par ASO [l’organisateur de la course], il voulait récupérer toutes les vidéos et photos de l’explosion mais on a déjà tout envoyé aux enquêteurs. Notre position est toujours la même, c’est un attentat. Après est-ce que c’était le Dakar qui était visé ? La France ? On ne sait pas. Mais on ne croit pas à la piste interne à la course, personne ne nous en voulait de quoique ce soit avant ce drame.
Quel est l’état de santé de Philippe Boutron ?
Il est toujours hospitalisé à l’hôpital Clamart. Il a été rapatrié lundi. Depuis dimanche, il est plongé en coma artificiel pour le soulager de ses blessures à la jambe [brûlures et plaies ouvertes]. Il a déjà subi sur place là-bas plusieurs opérations. Il doit en subir une nouvelle aujourd’hui pour lui enlever des résidus de l’explosion. Pour l’instant, on n’a pas plus d’informations sur un risque d’amputation. Son épouse est à ses côtés et ses proches. Mayeul [Barbet] lui aussi est rentré. Il est chez lui mais il reste très choqué par ce qu’il s’est passé.


















