Finlande-France : Un gros crash et des promesses, retour sur l’année des Bleus en montagnes russes

FOOTBALL Les Bleus disputent ce mardi soir à Helsinki leur dernier match d'une année 2021 pour le moins paradoxale

N.C.
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En zoomant un peu c'est plus marrant.
En zoomant un peu c'est plus marrant. — Rafael Ben-Ari/ Chameleons Eye /Newscom/SIPA/Montage 20 Minutes
  • L'équipe de France affronte la Finlande à Helsinki, mardi soir, pour son dernier match de qualification à la Coupe du monde 2022.
  • Un match pour du beurre, puisque les Bleus sont déjà qualifiés depuis samedi et l'orgie face au Kazakhstan.
  • Ce dernier match doit simplement permettre aux hommes de DD de bien finir cette année 2021 où ils auront rempli deux objectifs, mais failli sur le principal.

Pendant que certaines grandes nations peuvent se faire du mouron quant à leur présence au Qatar dans un peu plus d’un an, l’équipe de France aborde son dernier match de qualif l’esprit léger, ce mardi soir en Finlande. Le billet est en poche depuis la danse collée au Kazakhstan samedi au Parc, il n’y a plus qu’à se faire plaisir à Helsinki pour conclure en beauté une année 2021 pour le moins paradoxale. Les Bleus se sont crashés lors de la compétition que tout le monde attendait, mais ont réussi à faire passer ce fiasco pour de l’histoire ancienne très rapidement pour nous laisser attaquer 2022 avec l’idée qu’on allait rouler sur le monde. Petit retour sur ces mois en montagnes russes, avec DD et cap’tain Hugo aux platines.

Le truc qui a balayé toutes nos certitudes : le retour de Benzema

Didier Deschamps qui rappelle Karim Benzema​, comme ça sans prévenir juste avant l’Euro ? Lol. On en a fait des confs de presse depuis 2015, on sait ce que veut dire ce regard de DD à chaque fois que le sujet est abordé de près ou de loin. Ça, c’était jusqu’au 10 mai. La rumeur, qui avait commencé à bruisser la veille au soir, a pris corps tout au long d’une matinée vite devenue la plus excitante de l’année, jusqu’à la confirmation à la mi-journée par nos confrères du Parisien.

Le retour du Madrilène, rayé des documents officiels depuis l’affaire de la sextape plus de cinq ans auparavant, est un événement que plus personne n’osait imaginer. En tout cas pas sous Deschamps. « L’étape la plus importante a été qu’on puisse se voir et discuter. J’ai pris le temps de réfléchir, d’analyser ce qu’on s’était dit », avait-il sommairement justifié en soirée devant une assistance venue avec le pop-corn.

  • Ce qu’en pense Lloris : « Il a une certaine aura sur le terrain. Il amène quelque chose en plus à l’équipe. On est tous d’accord sur le fait que son retour a été marqué par ses performances, ses statistiques. C’est un immense joueur, ce qu’il réalise au Real est remarquable. Peu de joueurs ont eu l’occasion de le faire sur autant d’années. Il a été récompensé avec ce trophée lors de la Ligue des nations mais la Coupe du monde, c’est autre chose. »

La descente d’organes qu’on n’avait pas vue venir : l’Euro

Le titre de champion du monde dans la sacoche, un trio envié par toute la galaxie en attaque, un socle défensif en titane et le félidé à DD en back-up, toutes les pièces étaient réunies pour un Euro de feu. Tout avait bien commencé avec la leçon donnée aux Allemands, et puis le trou noir, le vrai. Les Bleus, qui menaient 3-1 à la 80e minute en 8e de finale, perdent les pédales et se font sortir aux tirs au but. PAR LA SUISSE. « Dix minutes d’égarement », comme le dit le sélectionneur aujourd’hui, pour un accident industriel en bonne et due forme comme on n’avait plus connu depuis dix ans. Pas grave, le Tour de France vient de commencer et Thibaut Pin… Non, rien.

  • Ce qu’en pense Lloris : « On a accompli deux de nos trois objectifs cette année. Dans le sport de très haut niveau, c’est difficile de gagner mais c’est encore plus difficile de rester tout en haut. On s’en est bien rendu compte lors de l’Euro. Même s’il y a de bonnes choses, la compétition s’est presque résumée à dix minutes mal maîtrisées et cela a provoqué notre élimination. Ensuite, même s’il y a eu des périodes de doutes lors du rassemblement de septembre avec des performances en demi-teinte, on a su retrouver nos valeurs. »

Le grand n’importe quoi qui nous a réconciliés avec le foot : Le Final 4 de la Ligue des nations

A 2-0 pour la Belgique à la mi-temps de la demi-finale, on commençait à réfléchir aux slogans pour les affiches de campagne #Zidane2022. Et puis la révolte. Benzema en pivot, Mbappé au péno, Théo Hernandez au second poteau… Une vraie folie furieuse, entretenue en finale par le Madrilène et le Parisien pour renverser l’Espagne. Il n’y avait pas grand-chose de maîtrisé, juste de la rage et ce talent offensif qui n’attendait que l’étincelle pour s’imbriquer. Ça faisait longtemps.

  • Ce qu’en pense Deschamps : « La meilleure vitamine c’est de gagner. Il y a la fierté de ce qu’on a fait face à deux grandes nations, mais ça ne nous donne aucune garantie. Il ne faut pas se relâcher par rapport à notre objectif. En tout cas, l’équipe de France a encore prouvé si elle en avait besoin, qu’au-delà de la qualité footballistique, elle avait une force mentale et un état d’esprit. On a un groupe de compétiteurs qui a toujours envie d’aller chercher ce qu’il y a devant lui. L’équipe de France fait toujours partie des meilleures nations européennes et mondiales. »

La question à la con qu’on s’est posée : Est-ce qu’on serait pas mieux sans kyky ?

C’était après le match contre la Finlande, début septembre. Le Parisien était blessé, Benz et Griezmann avaient régalé et nous avaient un peu rabibochés avec les Bleus, après deux matchs nuls un poil désespérants face à la Bosnie et l’Ukraine. Lors de cette victoire (2-0), Anthony Martial avait été un complément parfait des deux leaders d’attaque, jouant pour eux et fluidifiant le jeu. Suffisant pour un procès par contumace de Mbappé, dont la soif de ballons et de stats serait incompatible avec la vie en collectivité.

« Je n’irai jamais sur ce terrain-là », avait coupé DD. Un mois plus tard, le crackito de Bondy en plantait deux lors du Final Four de la Ligue des nations, avant de s’offrir un quadruplé d’un autre âge en novembre pour emmener la petite troupe au Qatar. D’autres questions ?

  • Ce qu’en pense Lloris : « Lorsqu’on ne répond pas aux attentes, il y a toujours des doutes mais il faut se servir de ces moments-là pour progresser et se remettre en question. C’est ce que font les grands champions et Kylian a un bel avenir devant lui. Il en a conscience, il est fait pour battre des records, gagner énormément de titres et il ne faut pas qu’il se fixe de limites. »

La nouveauté qui donne envie d’être en 2022 : Le schéma à trois défenseurs (mais avec de vrais pistons)

On n’oublie pas que c’est dans ce système que les Bleus s’étaient noyés en première période face à la Suisse, mais avec Rabiot piston gauche, Pavard à droite et un Lenglet au fond du trou titularisé dans l’axe. Revenu au 4-3-3 à la rentrée de septembre, DD a de nouveau tenté le coup lors du troisième match face à la Finlande, avec d’autres joueurs. Un succès, et un schéma pérénisé depuis. L’avènement de Théo Hernandez à gauche et l’option Coman à droite dans une version offensive, ajoutés à l’entente de plus en plus naturelle entre les trois gâchettes devant, ouvrent de belles perspectives pour l’année prochaine. Miam.

  • Ce qu’en pense Deschamps : « C’est une option différente. C’est un rapport de force. Si je pense que la force est plus de notre côté comme ça, je serai amené à prendre la même décision. Si Kingsley a un offensif avec le même registre en face, en revanche, ça reste à voir. Cela demande des compensations et d’une défense à trois on peut se retrouver à quatre. Avoir deux options très offensives sur les côtés, c’est possible. Mais en général c’est plutôt une seule. Ce qu’a fait Kingsley samedi, ça change beaucoup de choses dans notre animation offensive. C’est susceptible d’être répété à l’avenir. »