Messi au PSG : Pourquoi les superteams ne sont pas la garantie du succès

SPORTS Aligner les meilleurs éléments d'un sport n'est pas toujours synonyme de victoire. La preuve

David Blanchard
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Les Brooklyn Nets avec leur trio infernal James Harden, Kyrie Irving (11) et Kevin Durant. (AP Photo/Adam Hunger)
Les Brooklyn Nets avec leur trio infernal James Harden, Kyrie Irving (11) et Kevin Durant. (AP Photo/Adam Hunger) — Adam Hunger/AP/SIPA
  • Le PSG alignera cette année un effectif exceptionnel.
  • Mais les équipes alignant les meilleurs joueurs ne sont pas toujours les plus fortes.
  • Petits exemples récents, du Real Madrid des Galactiques aux Brooklyn Nets.

Messi-Neymar-Mbappé. Mais aussi Verratti, Donnarumma, Wijnaldum, Ramos… Bref, que des stars. Les meilleures. Personne ne va résister à un tel déploiement de forces, c’est écrit, tout est joué… Ou presque. Car si la logique veut que le succès aille aux plus grands talents, il existe parfois des exceptions. En voici quatre pour se souvenir que ce ne serait pas la première fois qu’une équipe aligne autant de talents sans la victoire au bout. Ce qui ne signifie pas bien sûr que le PSG ne réussira pas dans sa quête de Ligue(s) des champions.

Le Real Madrid des Galactiques

Zidanes y Pavones. Des stars et des joueurs formés au club. Le Real du début des années 2000 est unique. Tous les meilleurs y sont recrutés, entre 2001 et 2006 : Raul pour commencer bien sûr, l’avant-centre espagnol formé au club, puis Figo, Zidane, Ronaldo, Beckham, Owen… Tous Ballons d’or (sauf Beckham). Tous attaquants. Mais au final un palmarès maigrichon : une C1 en 2002, et deux titres nationaux.

Pourquoi ça n’a pas (totalement) fonctionné : Le recrutement exceptionnel était surtout très bien marketé. Ronaldo pour le Brésil, Zidane pour la France, Beckham pour les Anglais, Figo pour le Portugal… L’attaquant star de chaque pays, avec le spectacle à la clé. Mais au final, un 11 trop déséquilibré pour rester durablement au sommet.

Pourquoi le PSG doit se méfier : Avec Messi, le club a choisi d’ajouter un élément de plus à sa déjà impressionnante armada offensive. Il va gagner encore plus de likes sur son compte Instagram, mais il n’a pas forcément réglé ses problèmes à la récupération du ballon, ni au poste de latéral gauche.

Les Brooklyn Nets de KD

Kevin Durand et Kyrie Irving l’année dernière. James Harden ensuite, puis Blake Griffin et LaMarcus Aldridge. Jamais une franchise NBA n’avait en l’espace de deux ans formé une telle équipe. Trois des cinq meilleurs joueurs sous le même maillot. Cinq All-Stars. Une puissance de feu inégalable, avec juste un questionnement sur l’aspect défensif.

Pourquoi ça n’a pas (encore) fonctionné : Les blessures ont pourri le développement de ces Nets, qui sont des vétérans. Le trio censé écraser la Ligue n’a quasiment jamais pu jouer ensemble, et Aldridge a même dû arrêter sa carrière.

Pourquoi le PSG doit se méfier : Neymar et les blessures… L’âge de Messi et de Ramos… On ne veut pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais tout est en place pour que l’infirmerie chauffe.

Les Ineos Grenadier d’Egan Bernal

Ineos n’aime pas perdre. Après avoir gagné huit Tours de France sur neuf entre 2012 et 2019, grâce à Wiggins, Froome, Thomas et Bernal, le titre 2020 leur échappe. Le jeune Pogacar coiffe sur le poteau Roglic. Alors Dave Brailsford frappe un grand coup l’hiver dernier, en ajoutant à Thomas, Bernal, Carapaz (vainqueur du Giro 2019) et Tao Geoghegan Hart (vainqueur du Giro 2020) Richie Porte (3e du Tour sortant), Daniel Martinez (grand espoir colombien) et Adam Yates.

Pourquoi ça n’a pas fonctionné : Bernal a gagné le Giro, mais n’a pas participé au Tour. Les Ineos n’ont pas existé sur la plus grande course du monde, et sont les meilleurs des deuxièmes cette année au final. Parce que Tadej Pogacar est bien le plus fort, même si son équipe ne l’aide pas beaucoup. Et que le cyclisme reste un sport individuel.

Pourquoi le PSG doit se méfier : Messi ok, mais vieillissant. Neymar ok, mais souvent blessé. Mbappé ok, mais trop personnel. Et si le meilleur joueur du monde actuellement n’était pas Erling Haaland, le jeune buteur norvégien du Borussia Dortmund ? Une équipe surprise qui gagne la C1 portée par un joueur en feu, ce ne serait pas la première fois après tout…

L’équipe de France 2002

Champions du monde en titre, champions d’Europe en titre, les Bleus semblent invincibles au moment de remettre leur titre en jeu en 2002. A ses remarquables qualités défensives, la sélection a ajouté des attaquants en feu. Henry est le meilleur buteur anglais, Trézéguet de même en Italie, et Cissé en France. Zidane est au sommet. L’expérience, la jeunesse, le talent : la deuxième étoile est dans la poche.

Pourquoi ça n’a pas fonctionné : Bien sûr Zidane se blesse en préparation, rendant orphelin le milieu français. Mais les Bleus ne savent pas dépasser cette absence, victimes de leurs égos et sans doute d’avoir déjà trop gagné pour être encore affamés. Une collection de stars, pas une équipe.

Pourquoi le PSG doit se méfier : Les égos, n’est-ce pas le problème parisien dont se plaignent les entraîneurs successifs ? Et ajouter Ramos ou Messi dans le vestiaire va-t-il calmer les choses ou les envenimer encore plus ? Chelsea a su rappeler la saison dernière en Champions League qu’une équipe est toujours meilleure qu’une somme d’individualités.