JO Tokyo 2021 : « Le spikeball, vous connaissez ? »... On a trouvé le secret des sabreuses en argent

ESCRIME L’équipe de France féminine, seulement battue en finale par la Russie, travaille son esprit d’équipe grâce à un petit jeu régulier à l’entraînement

J.L.
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Charlotte Lembach, Manon Brunet, Cécilia Berdet et Sara Blazer.
Charlotte Lembach, Manon Brunet, Cécilia Berdet et Sara Blazer. — Fabrice COFFRINI / AFP
  • Les sabreuses tricolores ont remporté la médaille d'argent dans la compétition par équipe.
  • Cécilia Berder, Charlotte Lembach, Manon Brunet et Sara Balzer travaillent l'esprit de groupe à l'entraînement grâce à des petits défis quotidiens, notamment le spikeball.

De notre envoyé spécial à Tokyo,

Dommage que le CIO ait un poil plus d’amour-propre que la Fifa et ne pousse pas pour des JO d’été tous les deux ans. Parce que couvrir l’escrime, franchement, quel panard. Les résultats, of course, mais les athlètes surtout. Encore une bonne tranche de rigolade avec les sabreuses, une petite heure après la partition inachevée face aux Russes. On essaie de percer  le secret du sabre féminin français, double médaillé à Tokyo après des années et des années à courir après la carotte. Et ce, malgré des Anne-Lise Touya ou des Léonore Perrus, « toutes ces grandes championnes qui ont construit le sabre avant nous », rappelle Cécilia Berder.

« Il faut voir nos entraînements, on est des tueuses »

Eh bien figurez-vous que la recette du bonheur, pour nos sabreuses (Cécilia Berder, Manon Brunet, Charlotte Lembach, Sara Balzer), doit coûter 20 balles au décathlon du coin. Ça s’appelle le spikeball, un jeu dont on ignorait l’existence jusqu’à ce que les quatre nous en touchent un mot : « C’est un jeu un peu comme le volley avec un filet en deux contre deux. On ne lâche rien, on est ensemble, on charrie un chouïa, mais on arrive une heure avant l’entraînement pour pouvoir faire ça. On s’est créé une identité là-dedans. »

Une identité où chaque point est disputé comme la dernière touche d’une finale olympique : « Il faut voir nos entraînements, assurer Berder. On est des tueuses. N’importe quel jeu, on est des tueuses. Il y a dix filles dans le groupe, à partir du moment où il y a une balle et qu’on compte les points, il y a tout le temps des bagarres. On s’engueule tout le temps. » La plus mauvaise perdante unanimement désignée par les copines ? Sara Balzer, la petite dernière. On retranscrit l’échange tel quel :

  • Berder : « Elle boude, elle boude »
  • Balzer : « J’intériorise beaucoup mais je ne veux pas montrer que je rage en moi »
  • Berder, morte de rire : « T’inquiète, ça se voit »

Cette histoire de spikeball est tellement prenante, au quotidien que les préparateurs physiques ont dû mettre un stop à la fin du stage préparatoire juste avant les Jeux. La blessure bête est vite arrivée. « Il faut dire que Cécilia se jette par terre pour ramasser les balles », plaisante Manon Brunet. « En général quand on fait un sport collectif à côté, on le fait à fond, ajoute Charlotte Lembach. Comme sur la piste, quoi ». Allez, spikeball pour tout le monde avant Paris 2024.