JO Tokyo 2021 : « On voit d’autres sports », « les horaires, c’est compliqué »… Les Français sont-ils au rendez-vous derrière leurs écrans ?

TEMOIGNAGES Les Jeux olympiques de Tokyo sont quasiment à mi-parcours, l'occasion de savoir si nos internautes s'enflamment ou non depuis le début de la quinzaine 

J.B.
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La délégation française lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Tokyo.
La délégation française lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Tokyo. — Chine Nouvelle
  • Les JO de Tokyo arrivent ce week-end à mi-parcours.
  • Horaires décalés, gradins vides… Cette olympiade si particulière séduit-elle les Français devant leur télé ?
  • Si certains aiment suivre des sports que l’on voit rarement, d’autres se plaignent des trop nombreuses pubs…

Un rendez-vous planétaire reporté d’un an, puis risquant d’être annulé jusqu’au dernier moment. Des gradins vidés de leurs supporters. Et un décalage horaire beaucoup moins pratique qu’à Rio, où il suffisait de veiller un peu tard pour sauter sur son canapé. Les JO de Tokyo, désormais à mi-parcours, resteront des olympiades très particulières, pandémie de Covid-19 oblige.

Mais en dépit des obstacles, le spectacle est au rendez-vous. Les Français le sont-ils aussi ? Se lèvent-ils au milieu de la nuit pour suivre les athlètes français ? Regardent-ils tout ce qui passe, ou certaines disciplines en particulier ? Nous avons posé la question à nos lecteurs.

« Ça me libère l’esprit »

Encore plus qu’en hiver, la magie des JO d’été, c’est évidemment la diversité sportive : comptez près de 50 disciplines représentées à Tokyo. Un programme qui change de l’ordinaire et qui ravit Greg : « On voit d’autres sports que le tennis, le foot ou le vélo, et c’est top ». Au menu de Fred, il y a eu, lors de la première semaine, « le skate, le kayak, le tir à l’arc, bien sûr le judo, la gym… » C’est simple, dit-il, « ça me libère l’esprit ». Un bienfait qu’apprécie également Sylvie : « J’adore tous les sports, donc là, je suis servie ». Et d’ajouter : « Etant une personne à mobilité réduite, ça occupe mes journées ».

Pour d’autres, on est dans une organisation bien rodée : « Je mets la télé et j’écoute tout en faisant mes tâches ménagères, confie Fabienne. Et s’il se passe un truc avec nos Français, je me pose ».

« C’est le seul moment où tu suis autant le tir à l’arc que le 100 m nage libre »

Parmi celles et ceux branchés sur Tokyo 2021 depuis dix jours, on trouve des aficionados. « J’attends ces jeux depuis Rio, je regarde tout et je suis les résultats sur le Web », explique Alexandra. Qui n’est pas rassasiée malgré les longs directs de France tv : « je suis frustrée par la programmation, qui ne montre que les compétitions franco-françaises ». « Tous les quatre ans [cinq en l’occurrence], ce n’est pas tous les jours, abonde Marguerite. Nous voyons notre pays et d’autres délégations et ça fait plaisir. Et puis les JO, ce sont les seuls moments ou je me lève la nuit pour suivre un sport, un athlète qui va me transcender ». L’émotion, c’est aussi ce que retient Marion : « c’est le seul moment de ta vie où tu suis avec autant de ferveur le tir à l’arc que le 100 m nage libre ».

Des bassins aux tatamis, il y a forcément un petit faible pour les Bleus. « Les Français ne sont pas toujours montrés, dommage », regrette Léana. Doumé, lui, se « régale » avec des « Français au rendez-vous ». Et si Marion retient le « moment de gloire » de l’épéiste Romain Cannone, elle s’interroge : « Voir les favoris perdre pose des questions sur l’envie et la culture de la gagne en France. J’espère qu’on reviendra au sommet pour Paris 2024 ».

Le trop-plein de pubs ?

Et le décalage horaire, dans tout ça ? « Malheureusement, concilier travail et horaires des épreuves, c’est compliqué, reprend Marion. Donc j’ai l’impression de louper toutes les épreuves phares, ce qui rend ces Jeux assez frustrants. Honnêtement, c’est rageant de se réveiller le matin avec défaites sur défaites des favoris ».

Mais il n’y a pas que le manque de sommeil qui peut perturber les amateurs. « C’est tout le temps interrompu par des pubs, note David. Et toujours au meilleur moment. Quel dommage… ». Pascal râle aussi : « Le sport est ma passion. (Mais) à force d’avoir des pubs à n’importe quel moment, je ne regarde plus, et en parlant autour de moi, je m’aperçois que je ne suis pas le seul à avoir agi ainsi ».

« Je m’en fiche comme de ma première culotte »

Aussi universels soient-ils, les Jeux ne peuvent bien sûr pas plaire à tout le monde. Car Gritche, jouer, il le fait en live : « Je ne regarde aucune transmission de sport, ça m’ennuie. Je préfère le pratiquer ». « C’est la première année où je ne regarde pas les JO, Aucun intérêt ! », affirme quant à lui Jean-Paul, sans en dire plus.

Pour d’autres, pandémie ou non, décalage horaire ou non, déceptions françaises ou non, c’est peine perdue. « Vous croyez que (les Jeux sont) une priorité (dans ce) monde qui s’écroule ? », lance Daniel. Avant que Didier ne nous parle sous-vêtements : « Je ne suis pas sportif, et donc je me fiche comme de ma première culotte des Jeux ». C’est dit.