Top 14 : « Plus de stratégie et moins d’énergie »… Comment Toulouse s’est offert un doublé historique

RUGBY Dans le dur physiquement au bout de cette saison à rallonge, les Toulousains ont su adapter leur jeu pour broyer leurs adversaires rochelais

Nicolas Camus
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Le Stade Toulousain a remporté son 21 Bouclier de Brennus, le 25 juin 2021 au Stade de France.
Le Stade Toulousain a remporté son 21 Bouclier de Brennus, le 25 juin 2021 au Stade de France. — Michel Euler/AP/SIPA

Au Stade de France,

On leur promettait le pire dans cette finale, disputée même pas une semaine après la demie, au bout du bout d’une saison hors-norme, face à un adversaire battu un mois plus tôt mais qui semblait avoir trouvé les clés pour les contrarier. On se trompait. Les Toulousains ont été bluffants de solidité, de gestion et d’efficacité pour étouffer La Rochelle ce vendredi et remporter le Top 14.

« Le jour de repos en moins nous a fait réfléchir différemment, explique le coach Ugo Mola. On a été obligé d’être innovanst. On a fonctionné sur une semaine avec plus de stratégie et moins d’énergie et d’entraînements que d’habitude. » Comprendre, récup’avant tout et séances vidéos approfondies, notamment pour comprendre les nombreuses choses qui n’avaient pas fonctionné malgré la victoire lors de la finale de la Champions Cup face à ces mêmes Rochelais en mai.

Tout ça s’est traduit sur le terrain par une maîtrise parfaite du tempo du match et des espaces, tout en commettant très peu de fautes. Ensuite, le Stade Toulousain s’en est remis au pied de Thomas Ramos, impeccable suppléant de Romain Ntamack. Ceux qui étaient venus pour voir le dernier tour de magie d’Antoine Dupont n’étaient pas au bon endroit.

« On a eu un jeu assez réducteur en début de match, et on a su prendre le score dès le début. Même quand ils sont venus chez nous, on a eu une défense irréprochable. Ça nous a fait du bien, raconte le demi de mêlée Rouge et Noir. On connaissait très bien l’adversaire, on savait leurs forces mais aussi les nôtres. On était confiant sur notre jeu, on n’a rien inventé, juste été sérieux. »

Le deuxième doublé de son histoire pour Toulouse

La pluie qui s’est mise à tomber dru à la pause a conforté les tenants du titre (en 2019) dans leur plan. « On a fait preuve d’une grande maturité, apprécie François Cros. Même si la deuxième période n’est pas la plus belle, c’était ce qu’il fallait faire au vu des conditions. » C’est dit avec le petit sourire de celui qui sait que de toute façon, personne ne retiendra la manière. En revanche, tout le monde parlera ce samedi matin du joli doublé toulousain.

« C’est quelque chose d’incroyable, on ne réalise pas vraiment, reprend le troisième ligne. On s’était fixé l’objectif de ne pas se contenter de la victoire en Champions Cup. Ça a été une saison très longue, très dure. Il faut apprécier. C’est rare, un doublé. » Le club en connaît la valeur, puisque malgré son palmarès il ne l’avait réalisé qu’une seule fois, en 1996. Il avait raté la marche à deux reprises depuis, en 2003 et 2008.

« La fête va être démentielle ! »

« Honnêtement, ça nous semblait utopique en début de saison, avoue Dupont. Et maintenant qu’on y est, on a du mal à réaliser la grandeur de ce qu’on a fait. C’est très important pour l’histoire du club. » Son entraîneur ne peut pas être plus fier. « C’est la victoire d’un groupe sensationnel, tant les mecs absorbent tout, bossent sans compter, ne rechignent pour rien, assure Ugo Mola. Il n’y a pas un moment où ils me disent non quand je demande plus. J’ai la chance d’avoir une génération et des joueurs incroyables qui permettent au Stade toulousain de continuer son histoire incroyable. »

Ce samedi, la fête va être belle à Toulouse. Cinquante-huit semaines après le début de cette saison qui aura été «un enfer» (dixit Mola), avec 11 joueurs opérés et une bonne douzaine de fractures à soigner, l’équipe l’a amplement mérité. « Après plus d’un an de compétition sans jamais vraiment s’arrêter, on se retrouve à faire un doublé, c’est fou, lâche l’ailier Matthis Lebel. La fête va être démentielle ! » Juste à côté, Antoine Dupont est prêt à y laisser ses dernières forces. « Dans ces cas-là, elles se trouvent toutes seules, se marre-t-il. Et je suis sûr que les mecs seront moins fatigués demain que les lendemains de matchs habituels. » L’effet doublé ou l’effet vacances ? Les deux, évidemment.