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Le Stade Toulousain est-il trop « carbo » pour viser le doublé ?

Top 14 : Le Stade Toulousain est-il trop « carbo » pour viser le doublé face à La Rochelle ?

RUGBYLe Stade Toulousain retrouve La Rochelle ce vendredi en finale du Top 14, un mois après l’épilogue de la Coupe d'Europe
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • Ce vendredi soir au Stade de France, Toulouse visera le doublé Coupe d’Europe – Top 14, et La Rochelle son premier titre de champion de France.
  • Alors que les Maritimes ont impressionné en demi-finale, les Haut-Garonnais ont bénéficié de circonstances favorables pour l’emporter.
  • Les coéquipiers de Will Skelton semblent en mesure de mater l'ogre toulousain.

Un mois après la finale de Champions Cup à Twickenham, les Stades Toulousain et Rochelais se retrouvent ce vendredi au Stade de France, avec vue sur le Bouclier de Brennus. Alors oui, cette saison, les hommes d’Ugo Mola ont déjà battu à trois reprises en trois rencontres officielles ceux du binôme Jono Gibbes – Ronan O’Gara : deux fois en phase régulière du Top 14 puis lors du sommet de la Coupe d’Europe (22-17).

Mais une petite musique lancinante enrobe cette finale de championnat, dans la foulée du récital rochelais face au Racing 92 en demi-finale (19-6) : les Maritimes seraient cette fois favoris, face à des Haut-Garonnais sur la jante. « J’ai vraiment l’impression que l’énergie est du côté de La Rochelle », a ainsi lâché Mourad Boudjellal sur RMC Sport.

Une « envie » partagée

L’ancien président de Toulon a aussi parié sur un plus gros appétit chez une équipe dont le palmarès se résume à deux Coupes de la Ligue en 2002 et 2003, face à un ténor repu, vainqueur des derniers titres décernés en France (2019) et en Europe (2021). Boudjellal parle toujours beaucoup, mais il parle d’or en tant que patron du dernier club à avoir réussi le fameux doublé, en 2014.

« Sur l’envie, c’est difficile de juger, car chacun a son objectif, juge de son côté Marie-Alice Yahé, ex-internationale devenue consultante sur Canal+. Les Toulousains ont tellement envie de faire le doublé… Et puis une finale, c’est tellement à part… » Les Rochelais découvriront Saint-Denis, alors que les Toulousains considèrent presque l’enceinte dyonisienne comme leur maison secondaire.

« C’est un remake de la finale de Coupe d’Europe, reprend l’ancienne numéro 9, qui interviendra ce vendredi soir sur Canal+ Sport pour une retransmission plus technique que celle proposée dans le même temps sur Canal+, axée sur le "grand public". Sur le plan de la philosophie, ça va être la même chose qu’à Twickenham. Les équipes vont s’adapter aux compositions annoncées mais sans renier leur ADN. Les Rochelais vont lancer un défi physique avec leur cinq voire leur huit de devant extraordinaire. Ils vont aller taper. Est-ce que le Stade Toulousain va pouvoir répondre pendant 80 minutes ? »

En finale, « on ne peut plus parler de fatigue »

C’est là que le bât pourrait blesser chez les Rouge et Noir, apparus pas loin de la rupture lors de la finale de la Coupe d’Europe puis samedi dernier en demi-finale du championnat, contre l’Union Bordeaux-Bègles (24-21). A chaque fois, Antoine Dupont et ses collègues ont fait parler leur mental conjugué à une dose de réussite, en jouant une bonne partie du match à 15 contre 14, après les expulsions du Rochelais Botia et du Girondin Seuteni.

Et si cet ultime rendez-vous de la saison, sans l’ouvreur Romain Ntamack, commotionné en demi-finale, était le match de trop ? « Sur des matchs comme ça, la motivation vient toute seule, balayait ce jeudi Dupont, le meilleur demi de mêlée de la galaxie, privé de son compère habituel. Quand on parvient à ce niveau-là d’une compétition, en finale, on ne peut plus parler de fatigue, même si nos corps sont usés quand on arrive à 12 mois de saison. »

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« Les troupes sont plutôt dans un bon état, assurait deux jours plus tôt Laurent Thuéry, en charge de la défense toulousaine. On met le focus sur la récupération, avec un seul entraînement mercredi, pour arriver avec le plus de fraîcheur possible. » Depuis un mois, il est autant, sinon plus, question de massages ou de cryothérapie que de rugby dans les entrailles d’Ernest-Wallon.

« C’est la dernière semaine de la saison, on va mettre toute notre énergie », promet le troisième ligne Selevasio Tolofua, soucieux comme ses copains d’offrir une sortie royale à Jerome Kaino (38 ans), double champion du monde avec les All Blacks. Seulement, en face, il y aura les « monstres » Skelton, Atonio et Alldritt, qui ont pu bénéficier d’un jour de plus de récupération depuis leur demi-finale, vendredi dernier.

Un jour de plus de récup pour La Rochelle

« Je ne pense pas que ce soit un trop grand avantage pour nous, élude le manager rochelais Jono Gibbes, qui s’apprête à rejoindre Clermont. Les Toulousains sont très expérimentés, peut-être qu’ils ont besoin de moins de jours pour se préparer. Ce n’est pas une question de physique mais de mental et de motivation. »

« Ce sera dur et très serré, prophétise Marie-Alice Yahé. Je ne vois pas une équipe qui prendrait le large. » Sauf coup du sort, comme un carton rouge par exemple…