OL-PSG : Comment les Lyonnaises, détrônées par le rival parisien, comptent-elles « rester sur le devant de la scène » ?

FOOTBALL Après la Ligue des champions le mois dernier, les coéquipières de Wendie Renard ont à nouveau subi la loi du PSG (0-0), dimanche en D1 féminine

Jérémy Laugier
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Amel Majri et les Lyonnaises n'ont jamais su prendre à défaut le PSG de Sara Däbritz, dimanche au Parc OL. OLIVIER CHASSIGNOLE
Amel Majri et les Lyonnaises n'ont jamais su prendre à défaut le PSG de Sara Däbritz, dimanche au Parc OL. OLIVIER CHASSIGNOLE — AFP
  • Après avoir vu le PSG briser en avril ses rêves d’une sixième Ligue des champions de rang, l’OL doit cette fois tirer un trait sur la perspective d’une 15e D1 consécutive.
  • En concédant le nul (0-0) face au PSG, dimanche dans son stade, l’OL doit désormais espérer un mémorable exploit de la part de Dijon, vendredi (20h45) à Paris pour la dernière journée du championnat.
  • Sonia Bompastor reconnaît que son équipe a avant tout peiné dimanche sur le plan de la création offensive.

Au Parc OL,

« Elles ne sont pas encore championnes. On ne sait pas ce qu’il peut se passer sur la dernière journée de D1. » La gardienne lyonnaise Sarah Bouhaddi a beau faire mine de croire en un invraisemblable exploit de Dijon (8e), vendredi prochain (20h45) à Paris, certaines de ses coéquipières ont acté dimanche le constat d’une « saison blanche » pour l’OL après le décevant nul (0-0) concédé contre le PSG. Même si le contexte Covid-19 a entraîné l’annulation de l’édition 2021 de la Coupe de France, ce premier millésime fanny depuis mai 2006 pour Lyon n’était envisagé par personne, il y a neuf mois, après une septième Ligue des champions « légendaire » soulevée en Espagne.

Au-delà du discours d’après-match de Sarah Bouhaddi, les larmes de l’inconsolable jeune latérale de l’OL Selma Bacha en disaient long dimanche soir sur le mood désenchanté du groupe. Au micro de Canal +, Amandine Henry a résumé le sentiment général du vestiaire lyonnais, alors que se profile vendredi une ultime étape sans saveur face à Fleury : « On garde espoir… même s’il ne faut pas se faire d’illusion, car elles ne vont pas lâcher ».

L’ombre d’Ada Hegerberg a encore plané

« Elles », les Parisiennes donc, vont préserver ce si précieux point d’avance au classement, synonyme de premier titre de champion de France dans l’histoire du PSG féminin. Et de coup de massue sur un OL habitué à concasser la concurrence, à l’image de Parisiennes ayant dû se contenter jusque-là de deux Coupes de France (2010 et 2018). « Nous sommes tristes car nous sommes des compétitrices et qu’on gagne ce championnat depuis 14 ans », admet Sarah Bouhaddi, perdue en plein double discours. Ce qui a sauté aux yeux cette saison, lors des quatre affiches accrochées entre Lyonnaises et Parisiennes (D1 + C1), c’est le manque de tranchant offensif de l’OL, limité à deux buts inscrits, dont aucun en championnat.

« Aujourd’hui, on a manqué de maîtrise, de justesse technique, et d’esprit tueuse », liste Sonia Bompastor, qui avait misé sur un jeune tandem Delphine Cascarino-Catarina Macario peu en vue. Et si l’ombre de la Ballon d’or 2018 Ada Hegerberg, qui n’a pas disputé la moindre minute de jeu depuis janvier 2020, planait plus fort que jamais dans ces chocs OL-PSG ? « On connaît les qualités de buteuse d’Ada et elle nous aurait fait du bien, confie Sonia Bompastor. Mais il ne faut pas se retrancher derrière les excuses » d’absences de taille « comme Sara Björk Gunnarsdottir, Griedge Mbock, Damaris Egurrola ou encore Eugénie Le Sommer. »

« Pour aller chercher un règne, il faut plus qu’une victoire »

Après tout, le PSG devait dans le même temps disputer son match le plus important de la saison sans sa meilleure buteuse Marie-Antoinette Katoto. Le constat est criant : sans elle, Paris s’est créé cinq fois plus d’occasions que son adversaire direct pour le titre au Parc OL. A l’image de leurs homologues garçons à partir de 2009, les Lyonnaises peuvent-elles entamer sans le savoir un interminable cycle de lose ? Sarah Bouhaddi pointe d’ailleurs « le manque de confiance » de cette équipe, parfois amorphe.

« Il y a une volonté de rester sur le devant de la scène, assure Sonia Bompastor. On reste ambitieux et on veut avoir les meilleures joueuses dans notre club. » A commencer par les Parisiennes Christiane Endler et Signe Bruun, annoncées par RMC Sport la semaine passée comme les premières recrues du mercato lyonnais. Et n’allez surtout pas vous aventurer à parler de fin de règne à Amandine Henry… « Non, on a gagné 14 championnats, glisse-t-elle. Je pense que pour aller chercher un règne, il faut plus qu’une victoire quand même. » Paris tenu ?