01:06
RC Strasbourg : Avant de jouer son maintien dimanche contre Lorient, le Racing sait-il gérer historiquement les matchs couperets ?
LIGUE 1•Les Alsaciens pourraient être obligés de disputer les barrages en cas de défaite contre Lorient. Ils sont déjà passés par là dans leur histoire...Thibaut Gagnepain
L'essentiel
- Le RC Strasbourg joue sa survie en Ligue 1, dimanche soir contre Lorient.
- Est-ce que le club alsacien sait gérer ces matchs couperets ? Il faut se replonger dans son passé pour répondre à la question.
- On a sélectionné cinq matchs avec un enjeu au moins aussi fort, tous ayant eu lieu lors de barrages ou d’ultimes journées de championnat.
L’Alsace retient son souffle. Ce dimanche soir, le RC Strasbourg joue sa place en Ligue 1 face à Lorient. En cas de défaite et de bons résultats de Nantes et Brest, l’avenir du club bas-rhinois dans l’élite pourrait être menacé. Un match couperet lors d’une dernière journée de championnat, le Racing en a déjà disputé plusieurs par le passé. Parfois avec bonheur, parfois beaucoup moins… Petit rafraîchissement de mémoire !
2013 : Le plus fou
C’est l’acte fondateur du renouveau du club strasbourgeois. Deux ans après sa relégation administrative en cinquième division (CFA 2 à l’époque), le revoilà aux portes du National. Il n’y a même plus qu’une marche à franchir : battre le leader Raon-l’Etape et lui subtiliser sur le fil l’unique billet d’accession. Programmée le 26 mai, la rencontre est décalée au 2 juin et déplacée à Epinal pour des raisons de sécurité. « Contrairement à ce que pensent les Raonnais, ça ne nous avait pas arrangés », explique à 20 Minutes le coach de l’époque, François Keller. « Si on avait joué une semaine plus tôt, j’étais sûr et certain de notre victoire. On revenait de trop loin pour se planter. Mais cette semaine supplémentaire m’a mis le doute. » Que ses joueurs ont assez vite levé grâce à un but de Benedick (0-1, 41e) puis un autre d’Amofa (68e). Avant une ultime montée d’adrénaline pendant dix dernières minutes d’anthologie. « Quand j’ai mis le troisième à la 88e alors que je venais d’entrer, c’était la folie !, se souvient David Ledy. Mais c’est aussi devenu stressant. » Car les Vosgiens sont revenus à 3-1 puis 3-2 dans la foulée. Pour des arrêts de jeu sous haute tension où les Alsaciens ne maîtrisaient plus rien du tout. « C’était Fort Knox, on balançait tout ce qui venait », reprend Keller en se rappelant même d’une occasion adverse. « Heureusement, c’est passé à ras du poteau. »
2009 : Le plus traumatisant
La Mosson reste, encore aujourd’hui, un stade maudit dans l’imaginaire de nombreux supporteurs alsaciens. Le traumatisme remonte au 29 mai 2009, pour la dernière journée de Ligue 2. « Il nous suffisait d’un match nul pour monter et eux devaient gagner » replante le décor Guillaume Lacour. L’ancien milieu de terrain se souvient être parti sur place « plusieurs jours avant » afin de préparer cette finale d’accession. Ça n’avait pas empêché un vrai naufrage en première période, avec deux buts encaissés en moins de vingt minutes (2-0, 19e). « On avait ensuite raté un péno [par Cohade] et peut-être que ça aurait changé quelque chose… » Car le Racing avait réduit l’écart à 2-1, grâce à Kandia Traoré (2-1, 45e+4) et eu l’opportunité de recoller. Comme sur lourde cette frappe dans les ultimes secondes de… Lacour. Mais elle avait été contrée ! « Pour moi, ce match est toujours difficile à évoquer. J’ai tourné la page mais en parler fait ressortir des souvenirs. » Pas les meilleurs, loin de là.
2010 : Le plus « mérité »
Un an après avoir frôlé le retour dans l’élite, le Racing se retrouve au bord du gouffre. Tout proche de quitter le monde professionnel pour le National. Là encore, ce match couperet se dispute face à un adversaire concerné par le même combat, Châteauroux. « J’étais encore le petit jeune dans l’équipe mais je me souviens d’une énorme pression », rembobine David Ledy, entré en cours de jeu ce 14 mai 2010 avant de se « faire ouvrir le crâne ! ». Et de voir son équipe s’incliner 2-1 sur un doublé de Baby. « La saison avait été très compliquée avec de nombreux changements (Janin à la place de Gress), le rachat du club… Ça ne nous avait pas aidés et je pense que ce dernier match avait été à l’image de tout ça », synthétise Guillaume Lacour.
1992 : Le plus « vintage »
Les plus pointilleux se souviendront d’un autre barrage d’accession en Division 1. Perdu salement (6-0) en 1990 à Nice après pourtant un succès 3-1 à l’aller grâce à un doublé d’un certain Youtri Djorkaeff. Mais si on remonte un peu dans les annales du club strasbourgeois, c’est bien une autre partie qui a marqué les esprits. Face à Rennes à la Meinau, avec un geste magique à la clé, cette frappe victorieuse de près de 40 mètres de Stephen Keshi. Ce 13 mai 1992, Frank Lebœuf, José Cobos, Marc Keller, Olivier Dall’Oglio ou encore Yvon Pouliquen portaient le maillot bleu. « Le stade était plein, l’ambiance magnifique et son tir exceptionnel », savoure encore aujourd’hui le dernier nommé en évoquant vite la fête qui avait suivi. « Elle avait duré au moins une semaine ! » A la hauteur de cette victoire 4-1 synonyme de promotion dans l’élite.
2017 : Le plus récent
Finalement, pas besoin de remonter si loin pour trouver la trace d’une équipe strasbourgeoise qui joue sa vie sur un match. Thierry Laurey en était déjà le coach, et Aholou et Liénard déjà sous ses ordres. Pour – et certains y verront peut-être un signe en vue de ce dimanche – un résultat positif à l’arrivée. Face à Bourg-Péronnas ce 19 mai 2017, le Racing avait validé sa montée en Ligue 1. Non sans trembler. « Quand ils sont revenus à 2-1 à la 75e minute, j’ai le souvenir de ce grand coup de froid à la Meinau… C’était hyper stressant et palpitant », se rappelle Jérémy Grimm, qui avait ensuite participé à la grande soirée sur place. Dimanche, couvre-feu oblige, elle n’aura pas lieu. Quoiqu’il arrive.


















