Châteaubriant-Montpellier : « Je n’ai pas fait de croix sur le monde pro », affirme l’ex-Canari Dollard Wandji

INTERVIEW Agé de 24 ans, le défenseur du club amateur de Châteaubriant (N2), qui accueille lors des 8es de finale de la Coupe de France Montpellier ce mercredi soir (18h45), avait été recalé du centre de formation du FC Nantes en 2014

Propos recueillis par David Phelippeau

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L'ex-Canari Dollard Wandji.
L'ex-Canari Dollard Wandji. — Jérôme Bouchacourt/ Footamateur.fr
  • Dollard Wandji, défenseur central de Châteaubriant, adversaire de Montpellier en 8e de finale de la Coupe de France ce mercredi (18h45), a évolué quatre ans à la Jonelière.
  • A 24 ans, l’ancien Canari, qui évolue depuis plusieurs années en N2 ou N3, affirme ne pas avoir fait de croix sur le monde professionnel.

Il est né à Saint-Herblain, a grandi quartier Bellevue à Nantes puis a rallié Châteaubriant « à l’âge de 5 ou 6 ans ». Ce mercredi soir, en 8e de finale de la Coupe de France, les attaquants montpelliérains vont voir se dresser sur leur chemin un défenseur made in Loire-Atlantique. Son nom :  Dollard Wandji, défenseur central d’1,86 m, véritable clé de voûte de l’arrière-garde de Châteaubriant (N2). Un patronyme bien connu des suiveurs du centre de formation du FC Nantes. Et pour cause : Dollard Wandji a passé quatre ans à la Jonelière (2010-2014) sans réussir à passer pro. A 24 ans, le défenseur ne s’est pourtant toujours pas départi de cette ambition.

De quelle génération au FCN, faites-vous partie ?

Génération 1996. Personne n’a vraiment percé au plus haut niveau. Il y avait Alexis Alegué (L2 maintenant), Alexandre Olliero (L2), Brice Hereson (N2), Christopher Shiashia (N2)? etc. J’ai été présélectionné en équipe de France U16 à cette époque-là. J’ai passé quatre ans (2010-2014) au FCN, mais lors de ma dernière saison, je n’ai quasiment pas joué en raison d’une pubalgie. Lorsque Samuel Fenillat [le directeur du centre de formation] m’a annoncé que je n’étais pas gardé, j’étais déçu mais pas surpris. Ça reste un échec. On espère tous sortir par la grande porte quand on entre au centre de formation d’un club pro. J’étais abattu sur le coup, mais je me suis vite dit qu’il fallait que je me remette sur les rails et que je rattrape le train…

Vous passez ensuite quatre ans au Poiré-sur-Vie (National, CFA et CFA 2) puis six mois à Besançon (CFA 2) puis six mois à la Roche-sur-Yon (CFA 2) avant de revenir en 2019 à Châteaubriant où vous aviez évolué tout jeune. Pourquoi ce choix ?

C’était un véritable retour aux sources. Papy Leye me connaissait très bien et son adjoint Florian Plantard aussi. J’ai repris des études, un BTS gestion des entreprises à Rennes, mais ce n’est pas pour cela que j’ai absolument fait une croix sur le monde pro. Je continue de gravir les échelons et je ne me ferme aucune porte. Devenir pro est toujours un objectif.

Qu’est ce qui vous permet de croire encore à cet objectif personnel en jouant en N2 (4e division nationale) ?

Ça va très vite dans le foot comme on dit souvent. J’ai l’intime conviction qu’en faisant des performances, même en N2, tu peux te faire repérer. J’y crois à fond. Je me lève et je me couche en pensant à ça. Ce qu’on vit en Coupe de France avec Châteaubriant est une vitrine parfaite pour se faire connaître. Les yeux vont être braqués sur nous mercredi. Je ne suis pas le seul dans l’équipe à avoir cet objectif de rallier le monde pro. La moitié des joueurs aspire à ça.

Papy Leye a un grand rôle pour cela ?

Papy, c’est un père pour tous. Il nous traite comme ses fils. Grâce à son expérience et sa connaissance du football, il sait nous faire progresser et nous motiver.

Pensez-vous vraiment avoir le niveau pour jouer en L2 ou en L1 ?

J’ai toujours pensé que c’était plus une question d’adaptation, de chance et d’opportunités que de niveau. J’ai vu des potentiels énormes dans certains clubs qui n’ont jamais percé. Je me dis que pour moi ça peut basculer un jour. Je ne me fixe aucune limite.

Et si vous n’y arrivez pas ?

Je ne pense pas à l’échec. Je n’ai pas le temps pour ça. J’ai pris un coup lorsque Nantes a choisi de ne pas me conserver. J’ai été obligé de passer du monde pro au monde amateur, ça m’a fait perdre du temps, mais rien n’est fini.