Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
La femme de Kevin Escoffier raconte son angoisse en attendant le sauvetage

Vendée Globe : « Et là, tout s’effondre », la femme de Kevin Escoffier raconte l’angoisse en attendant le sauvetage

VOILESabrina Millien a écrit un texte dans lequel elle détaille, heure par heure, le déroulé des événements du naufrage au sauvetage de son mari, le 30 novembre dernier
Nicolas Camus

N.C.

De l’extérieur, l’attente a paru interminable. Alors on ne peut qu’imaginer l’angoisse au sein de la famille de Kevin Escoffier quand elle a appris que le marin avait déclenché sa balise de détresse, le 30 novembre dernier lors du Vendée Globe. Sabrina Millien, la femme du skippeur de PRB, raconte cet éprouvant moment dans un texte publié mardi sur le site du magazine Voiles et Voiliers.

Tout commence à 15h00, avec un appel du patron de PRB. « Je reçois ce coup de fil tant redouté par toutes les femmes et maris de marin : "Tu es où ? Tu es toute seule ? Sab, Kévin a déclenché sa balise détresse. Pour le moment nous n’avons pas plus d’infos. Je te rappelle." Et là, tout s’effondre, explique-t-elle. Les jambes tremblent. Les larmes montent. Mais il faut se reprendre et prévenir le reste de la famille avant que l’info sorte publiquement. »

Deux heures plus tard, elle apprend que Jean Le Cam l’a repéré. « L’émotion de ce moment, je ne suis pas près de l’oublier. On craque de nouveau, mais cette fois de soulagement. Il va bien. Il est en vie. Maintenant il faut attendre que Jean Le Cam le récupère. » Sa mère et une amie l’ont rejointe chez elle pour la soutenir, bientôt imitées par d’autres proches qui viennent passer la nuit à ses côtés dans l’attente d’un nouveau coup de téléphone. Elle décide de ne rien dire à ses enfants pour l’instant.

A 21h00, toujours rien. Au contraire, les nouvelles ne sont pas bonnes. Les conditions sont mauvaises, Le Cam – comme Bestaven, Simon et Herrmann, les autres concurrents venus en renfort – n’a plus en visu Kevin Escoffier. « La panique me gagne. Je deviens livide. Des idées atroces me traversent l’esprit, écrit Sabrina Millien, qui connaît très bien le milieu de la voile et des courses au large pour y travailler depuis longtemps. Je suis en train de flancher. Je confie mon téléphone à mes amies pour ne plus gérer les appels, ne plus voir les messages, je n’ai pas la place pour absorber l’angoisse de toutes les personnes qui m’écrivent. »

Aux Sables, le 28 janvier pour remercier Jean Le Cam

A 00h30, « la tête au bord de l’explosion », elle tente de « se distraire l’esprit » en regardant un film avec trois amies. Elle finit par s’endormir, pendant que les autres veillent sur son téléphone. Enfin, à 2h13, la délivrance. « Le téléphone sonne, on me réveille "Sab ! Sab !" Je prends le téléphone et j’entends : "Sab c’est bon. Il est à bord avec Jean." Fin du cauchemar. »


Notre dossier Vendée Globe

Après quelques jours à bord de Yes We Cam, Kevin Escoffier sera récupéré par la Marine Nationale, avant de rentrer en France. Sabrina, elle, se rendra aux Sables-d’Olonnes le 28 janvier pour accueillir Jean Le Cam et lui glisser un petit mot : « Merci de me l’avoir ramené. »