Vendée Globe : « J’ai connu l’insoutenable »… Le héros Jean Le Cam termine 4e après un périple éreintant

VOILE Jean Le Cam se sera illustré en sauvant Kevin Escoffier du naufrage dans les eaux australes

W.P, avec AFP

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Jean Le Cam à bord de son bateau sur le Vendée Globe
Jean Le Cam à bord de son bateau sur le Vendée Globe — Jean Le Cam / Yes We Cam

Jean Le Cam a été jeudi soir le 8e à rejoindre les Sables d'Olonne​. Grâce aux compensations liées au sauvetage de Kevin Escoffier qui lui en doit une belle, il termine à la 4e place, qu’il qualifiait, de même que celle de dauphin, de « place du con » il n’y a pas si longtemps. C’était bien évidemment pour se marrer. Grâce à ce classement, le roi Jean termine numéro 1 des bateaux à dérives, lui qui a longtemps rivalisé avec les nouveaux foilers dans la descente de l’Atlantique.

« Avant-hier (mercredi) j’étais huitième, après je me retrouve sixième et là je finis quatrième. Alors là ! J’ai pas eu beaucoup de chance dans ma vie mais sur ce coup-là, j’ai été servi ! », a lancé Le Cam rentré au port six heures après avoir coupé la ligne en raison de la marée.

« Tu te dis que ça va péter d’un moment à l’autre »

Mais ce tour du monde n’aura pas été de tour repos pour Le Cam. L’opération Escoffier a laissé des traces sur son bateau, et le skippeur expérimenté avoue avoir eu peur de couler à son tour. « Quand j’ai débarqué Kevin sur le Nivôse (frégate de la Marine Nationale), j’étais dans le front chaud et le lendemain je vais voir à l’avant et le bateau était délaminé », relate-t-il. « Quand t’as la coque qui bouge de cinq centimètres comme ça, que t’as la mousse qui craque, tu te dis que ça va péter d’un moment à l’autre. Et si ça pète, tu coules ».

Réussissant à réparer avant que « ça re-pète », il a poursuivi sa course sans rien dire, mais avec la peur au ventre. « J’ai connu pas mal de trucs assez difficiles dans ma vie mais là, j’ai connu l’insoutenable et en fait l’insoutenable, on y arrive », a-t-il soufflé, complètement épuisé.