Vendée Globe : « Ne vous mettez pas de barrières », exhorte Damien Seguin, premier marin handicapé à boucler le tour du monde

VOILE Le skipper nantais, arrivé ce jeudi midi aux Sables d'Olonne, est un symbole pour le monde handisport

Frédéric Brenon

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Le skipper Damien Seguin à son arrivée aux Sables d'Olonne jeudi 28 janvier 2021.
Le skipper Damien Seguin à son arrivée aux Sables d'Olonne jeudi 28 janvier 2021. — L.Venance/AFP
  • Damien Seguin termine septième de son premier Vendée Globe.
  • Né sans main gauche, il est le premier marin en situation de handicap à boucler un tour du monde en solitaire sans assistance.

Il était déjà double champion paralympique et quintuple champion du monde. A 41 ans, Damien Seguin a inscrit une nouvelle ligne à son palmarès en devenant ce jeudi midi le premier marin handicapé à boucler un Vendée Globe. Le skipper nantais, né sans main gauche, a, de plus, réalisé un tour de monde en solitaire de haute volée, toujours bien placé et terminant finalement en sixième position (septième au classement général compte tenu des bonifications de Jean Le Cam) à 18 heures du vainqueur Yannick Bestaven. Damien Seguin est même le prermier arrivé des concurrents sans foil. Un exploit qui ne lui a pas fait perdre son sens de l’humour puisqu’il a remonté le chenal des Sables d’Olonne déguisé en Capitaine Crochet cet après-midi.

Damien Seguin, déguisé en Capitaine Crochet à l'arrivée de son premier Vendée Globe.
Damien Seguin, déguisé en Capitaine Crochet à l'arrivée de son premier Vendée Globe. - L.Venance/AFP

« J’ai une particularité physique, ça ne m’empêche pas d’essayer de réaliser mes rêves, a expliqué le Nantais en conférence de presse. On empêchera jamais un gamin handicapé de rêver. Donc le message que j’ai à faire passer c’est : ne vous mettez pas de barrières ! Je ne cherche pas à incarner un modèle, ni à être un exemple. Juste à élever un petit peu le débat, à essayer de sortir le handicap de sa boîte. Force est de constater que mon Vendée Globe c’est quelque chose qui a marqué, qui a plu. J’ai reçu de très nombreux messages de soutien. »

De retour dans quatre ans avec un foil ?

Le Nantais, qui dit être venu sur cette épreuve mythique simplement « pour terminer », estime avoir « plutôt bien appréhendé les difficultés ». « Chaque jour je découvrais quelque chose de nouveau, jusqu’à dépasser le seuil de 18 jours qui était ma limite en solitaire, jusqu’à dépasser le Brésil qui était l’endroit le plus loin où j’étais allé. Il y a des moments où c’est difficile, où on se demande ce qu’on fout là. Sauf qu’on n’est pas sur un terrain de foot, on ne peut pas rentrer aux vestiaires si on a envie de sortir. On est au milieu de nulle part et la seule façon de rentrer à la maison c’est de continuer. Je voulais me confronter à cette réalité-là et savoir comment j’allais réagir. »

A peine arrivé, il se projette déjà sur le prochain Vendée Globe, dans quatre ans, avec probablement un nouveau bateau. « J’ai envie de revenir. Peut-être que j’envisagerai de passer un cap. Et la performance ça passera forcément par un foil​. »