Vendée Globe : Seguin et Ruyant foncent sur Dalin... La remontée de l'Atlantique s'annonce folle... Le journal de la course
VOILE•Damien Seguin a bouté Thomas Ruyant hors du podium mais le perdant de cette histoire pourrait être Charlie DalinW.P.
Mercredi 6 janvier
Qu’il est beau, ce Vendée Globe. Pas un jour de répit, pas un jour sans rebondissement en tête de la course. En début de semaine, on a vibré avec le choix de Thomas Ruyant de prendre une route à l’ouest des Falkland. Aujourd’hui, on vibre avec l’entrée sur le podium de Damien Seguin sur un bateau à dérive. Le skippeur sur Apicil peut même viser plus haut puisque Charlie Dalin n’est plus très loin devant – on y reviendra. Et derrière, Louis Burton et Benjamin Dutreux sont en embuscade. La remontée de l’atlantique et ses systèmes chaotiques ajoutent du suspense au suspense, et on ne va certainement pas s’en plaindre. Et dire qu’il reste encore 6.000 milles à parcourir…
Le classement à 9h
1) Yannick Bestaven (Maître Coq IV), à 6.006 milles de l’arrivée
2) Charlie Dalin (APIVIA), à 213 nm du leader
3) Damien Seguin (Groupe APICIL), à 273 nm
4) Thomas Ruyant (LinkedOut), à 280 nm
5) Louis Burton (Bureau Vallée II), à 424nm
Dalin au beau milieu d’un anticyclone
S’il est toujours installé à la deuxième place du Vendée Globe, le perdant de ces dernières heures semble bien être Charlie Dalin, au ralenti dans une zone sans vent au milieu d’un anticyclone. On est curieux de savoir quel choix stratégique a mené le jeune marin à bord d’Apivia à se mettre dans la pétole, mais voyons-y du positif : il peut profiter du beau temps pour se reposer un peu et remplacer sa girouette en tête de mât. Maigre consolation pour celui qui se plaignait la veille du manque de fiabilité des fichiers météo dans cette zone et qui voit ses deux poursuivants fondre sur lui.
« Le truc, c’est que les trajectoires sont dictées par nos positions à l’instant T. Une option peut marcher pour l’un et ne peut pas exister pour l’autre. Les systèmes sont mouvants. Les options s’ouvrent et se referment différemment pour les uns et les autres. On se retrouve dans une zone où la stratégie et le placement sont importants, sauf que les prévisions changent énormément. La situation est très complexe et les fichiers ne sont pas ultra-performants. »
Déjà 13 au cap Horn
Quand on vous parlait de course regroupée, on ne mentait pas. Ils sont déjà 13 à avoir franchi la longitude du cap Horn au sein de la flotte du Vendée Globe. Clarisse Cremer (Banque Populaire) et Armel Tripon (l’Occitane en Provence) sont les deux derniers skippeurs à avoir fait la bascule.
« C’est la teuf à bord de Banque Populaire, c’est trop cool », s’est réjouie Cremer, visiblement très émue par son grand chelem de caps pour dès sa première tentative. Elle a longtemps dû batailler avec une mer déchaînée et 45 vents de nœuds avant de basculer de l’autre côté. Adieu, mers dantesques. Bonjour, systèmes météo imprévisibles. Pour elle aussi, c’est une nouvelle course qui commence désormais.



















