Vendée Globe : Le coup de panache de Ruyant... Une horde au cap Horn... Le journal de la course

VOILE On ne s'ennuie pas sur le Vendée Globe

W.P.

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Thomas Ruyant fait preuve d'audace pour son retour dans l'atlantique
Thomas Ruyant fait preuve d'audace pour son retour dans l'atlantique — LinkedOut

Le journal du 5 janvier

Thomas Ruyant aime à dire qu’il est joueur à la barre de LinkedOut. Alors, pour fêter son retour dans l’Atlantique, il a joué un coup, qui, peut-être sera gagnant. Et s’il ne l’est pas, au moins pourrons-nous dire que le Nordiste aura fait preuve d’un grand panache en passant à l’ouest des Malouines quand les trois autres skippeurs formant le quatuor de tête s’entêtaient à l’est. Le pari de Ruyant consiste à contourner l’anticyclone au nord des Iles Falkand par l’ouest. Pour le moment, il profite d’un surplus de vent et a réussi à reléguer Damien Seguin à 100 milles. Mais ce n’est que dans un ou deux jours qu’on pourra savoir si l’audace sera récompensée.

Le classement à 9 heures

1) Yannick Bestaven (Maître Coq 4), à 6.190 nm de l’arrivée

2) Charlie Dalin, (Apivia), à 209 nm

3) Thomas Ruyant, à 341 nm

4) Damien Seguin (Groupe APICIL), à 439 nm

5) Benjamin Dutreux (OMIA – Water family), à 636 nm

Embouteillage au cap Horn

C’est pas encore le périph aux heures de pointe, mais à ce niveau-là, c’est pas loin d’être du jamais vu. Depuis le passage de Benjamin Dutreux lundi après-midi, Burton, Le Cam​, Sorel, Pedote, Herrmann puis Joschke ont franchi le cap Horn. Pour faire court, aux deux tiers de la course, sept skippeurs se tiennent en 200 milles. La course est plus serrée que jamais et ça ne risque pas de s’arranger dans l’imprévisible Atlantique. Car non loin de ce groupe, Clarisse Cremer et Armel Tripon n’ont pas encore dit leur dernier mot. Fou.

Grosse frayeur pour Maxime Sorel

Dans ce peloton de poursuivant, Maxime Sorel s’est fait très peur. Face au vent, son bateau est parti à la faute. Résultat, un voilier à la renverse et deux voiles pliées et disposées sur le pont, fort heureusement tenues par des cordes, sont tombées à l’eau. Le skippeur sur V & B-Mayenne a dû fournir un très gros effort pour les remonter par 40 nœuds de vent si bien qu’après ça il n’avait « plus vraiment de forces. C’était vraiment chaud. » Ou froid, si on prend en considération la température de l’eau dans cette zone du globe.

Bestaven creuse l’écart… en dormant

A part ça, tout roule en tête du Vendée Globe pour Yannick Bestaven. Le skippeur sur Maître Coq IV, qui bénéficie de 10 heures de bonifs à l’arrivée, se paye en plus le luxe de reprendre des milles à Charlie Dalin en dormant. « J’ai dormi comme jamais hier, se vante presque Bestaven. Et en dormant, j’ai grappillé 40 milles sur Charlie. Ça me réussit de faire la sieste ! Le vent n’a pas bougé d’un iota, le bateau cavalait tout seul. » Un précieux break pour l’ami Yannick après le passage éreintant du cap Horn et les manœuvres à venir pour éviter les trous de vent. Car 210 milles d’avance sur le dauphin, c’est beaucoup et peu à la fois.