France-Suède : « Il faut apprécier ce qu’on a fait »… Deschamps défend ses cadres et met un taquet aux critiques

FOOTBALL Le sélectionneur des Bleus a profité de cette fin d’année réussie pour remettre certaines choses à plat

Nicolas Camus

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Didier Deschamps lors de France-Suède, le 17 novembre 2020.
Didier Deschamps lors de France-Suède, le 17 novembre 2020. — FRANCK FIFE / AFP
  • L’équipe de France a battu la Suède, mardi soir, en Ligue des Nations.
  • Après la rencontre, Didier Deschamps a dressé un petit bilan de la séquence de huit matchs disputés depuis début septembre.
  • Le sélectionneur a tenu à rappeler que son équipe, et particulièrement ses cadres, méritaient de la considération pour ce qu’ils avaient fait, malgré quelques petites baisses de régime.

Au Stade de France,

Une dernière victoire pour la route, et l’occasion de remettre certaines choses à plat. Didier Deschamps était en forme, mardi soir, après le succès des Bleus contre la Suède pour ponctuer une belle phase de poule de Ligue des Nations. Heureusement, d’ailleurs, vu que c’est désormais notre seul interlocuteur à l’issue des matchs, en attendant la réouverture des zones mixtes, peut-être, un jour.

« On a pris 16 points sur 18, aucune équipe en Europe n’a fait mieux, et on avait dans notre groupe le vice champion du monde [la Croatie] et le champion d’Europe en titre [le Portugal], a rappelé le sélectionneur en conférence de presse. Tout n’a pas été parfait, on ne va pas fanfaronner, mais j’essaie toujours d’être lucide sur la situation, et là il faut apprécier ce qu’on a été capable de faire. »

Une manière pour DD de renvoyer un peu tout le monde dans ses 22, après avoir lu et entendu beaucoup de critiques sur le collectif ou ciblées sur quelques joueurs depuis la rentrée début septembre. Enfin, c’est comme ça qu’on l’a compris. Il ne dit pas que toutes n’étaient pas méritées, il a été le premier a soufflé dans les bronches de ses joueurs après la Finlande ou à reconnaître les lacunes affichées à l’aller contre le Portugal, mais il estime que les observateurs s’emballent toujours trop vite avec cette équipe et les cadres qui la composent.

Evidemment, mardi, c’était un bon soir pour sortir la carte Giroud. Le sélectionneur a semblé à deux doigts de demander comment on osait poser une question sur l’attaquant de Chelsea alors que lui-même avait déclaré la veille que sa situation était « compliquée ». Auteur d’un doublé, la Gire a encore prouvé sa résilience et DD a sorti les vissés quand il lui a été demandé si le joueur avait été piqué par sa non-titularisation au Portugal.

« Pourquoi remettre en cause ce qu’il est ? »

« Ça ne marche pas comme ça avec Olivier. Les piques viennent de l’extérieur, pas de moi. Je discute avec lui, il est conscient de la situation, qui ne lui permet pas d’arriver avec nous dans de bonnes conditions. Mais ça ne remet pas en cause ce qu’il a fait. C’est un cas un peu à part, j’ai l’impression qu’à chaque fois qu’il vient il doit faire ses preuves. On est souvent trop injuste avec lui. Quand il n’est pas bon, il n’est pas bon, mais de là à dire que c’est fini… Pourquoi remettre en cause ce qu’il est, ce qu’il a été capable de faire, ce qu’il est toujours capable de faire ? »

Interrogé au micro de M6 après la rencontre, l’intéressé a semblé au-dessus de tout ça. « Un sentiment de revanche ? Non, pas du tout, jamais. Je suis habitué à être un peu chahuté, ça fait partie de mon expérience, de ma carrière, ça me donne encore plus de force. Je n’ai aucun souci avec ça. » Réponse habituelle de sa part, que l’on entend environ tous les six mois quand sa place est remise en cause.

Deschamps s’est ensuite attaqué au cas Pogba, qui n’est plus titulaire depuis un bon mois à Manchester United et qui a commencé ce rassemblement à l’envers contre la Finlande. « Ce premier match lui a servi, quand même. Mais quand on voit ce qu’il a fait contre le Portugal et ce soir [mardi]… Je ne vise personne [en fait si, Ole Gunnar Solskjaer] mais Paul, je le connais, il a l’orgueil, la fierté, et surtout le talent, assène DD. Quand il faut défendre, il défend, quand il faut se projeter il se projette. Et s’il faut faire la passe décisive il est là aussi. C’est un joueur de top niveau. J’espère que ça va lui servir quand il va rentrer en club. »

Le sélectionneur a poursuivi avec Kimpembe, sur qui on est apparemment tombé quand « il a raté un match avec PSG » mais qui a montré sa valeur sur ces deux derniers matchs des Bleus. « Il ne faut pas stigmatiser sur un match, résume-t-il. Ça peut arriver d’avoir un trou, un coup de moins bien, mais ça ne remet pas tout en cause. En tout cas pour moi. »

« Quand les cadres sont là, ils savent pourquoi »

C’est quand même un peu le jeu de chaque match international, justement, de voir ceux qui ont répondu et ceux qui ont raté une occasion. Surtout dans une équipe aussi concurrentielle que celle de la France, à quelques mois d’une grande compétition internationale. Il ne s’agit pas d’enterrer qui que ce soit, mais d’observer les forces qui se meuvent, parfois, au sein du groupe.

En tout cas, pour Deschamps, le socle ne bouge pas et il a tenu à le faire savoir à l’issue de ce dernier match avant la liste du mois de mars, qui marquera la première étape vers l’Euro. « Ce sont des tops joueurs, et ils ont un super état d’esprit. Les cadres ont un rôle important, même si ponctuellement ils sont moins bien en club, quand ils sont là ils savent pourquoi, explique-t-il. Ils le disent souvent, c’est un peu comme une famille. Ils ont cette force collective, et la qualité est là, avec une émulation en interne. L’état d’esprit ne fait pas gagner les matchs, mais quand on ne l’a pas, comme ça peut encore nous arriver, on se fait rappeler à l’ordre. »