Portugal-France : « Il n’a pas de limites »… Adrien Rabiot, l’ancien banni des Bleus qui fait à nouveau craquer Deschamps

FOOTBALL L’ancien Parisien a réalisé un match impressionnant samedi soir à Lisbonne

Aymeric Le Gall

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Adrien Rabiot a marqué beaucoup de points en vue de l'Euro en juin prochain.
Adrien Rabiot a marqué beaucoup de points en vue de l'Euro en juin prochain. — PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

Pardonnez-nous ce vieux poncif à deux euros cinquante, mais bon sang que tout va très vite dans le football. Banni de l’équipe de France et quasiment interdit de sol français après son caprice de diva avant le départ au Mondial en Russie, Adrien Rabiot vient de nous offrir l’un des plus beaux come-back de l’histoire en équipe de France. Pour tout dire, on est tellement hypé par le retour au premier plan en Bleu du milieu de la Juve, auteur d’un match maousse costaud samedi soir, qu’on se dit désormais qu’un retour en grâce de Benzema n’est peut-être plus à exclure.

On plaisante évidemment (désolé Karim), mais avouons-le, il y a quelques semaines de ça, personne n’aurait misé la queue d’une cerise sur un tel retournement de situation pour le Duc du Val-de-Marne. A ce titre, il faut saluer la magnanimité de Didier Deschamps, qui a su ranger sa fierté et son orgueil au placard pour rappeler un joueur au si lourd passif en bleu.

« Une question de détermination et d’envie »

« Même si ça s’est mal passé et qu’il a été écarté pendant un moment, je ne l’ai jamais oublié car c’est un joueur de qualité. Et aujourd’hui, c’est son mérite parce qu’il a franchi des paliers, il est plus consistant dans tout ce qu’il entreprend », a salué le sélectionneur au micro de la chaîne L’Equipe après la victoire française. Positionné à gauche au milieu, à côté de Pogba et Kanté, l’ancien Parisien a su s’adapter à un rôle qui n’est pas le sien depuis son arrivée dans le Piémont.

« C’est un rôle différent de celui que j’ai en club où je suis plus bas sur le terrain, mais j’ai les qualités pour jouer plus haut, s’est-il auto congratulé (à juste titre) après la rencontre. C’est aussi une question de détermination et d’envie. Après, le football c’est le football, quand on est bon, quand on joue comme ça, on peut jouer un peu partout ça nous réussit. »

Vous la sentez, vous aussi, cette confiance retrouvée ?

Disponible sur tous les fronts samedi soir, Rabiot a à la fois tenu la baraque au milieu de terrain quand il s’agissait de bloquer les relances adverses, tout en se montrant tranchant dans les phases offensives, à l’image de ses nombreux déboulés côté gauche comme s’il avait fait ça toute sa vie. C’est d’ailleurs lui qui fut à l’origine de l’ouverture du score de N’Golo Kanté, avec ce tir tendu repoussé par Rui Patricio, à la conclusion d’un superbe une-deux avec Antoine Griezmann dans la surface portugaise.

Au bon endroit, au bon moment (cette fois-ci)

Il aurait même pu y aller de son petit but sur corner après avoir remporté son duel aérien, mais sa tête puissante a frôlé la lucarne d’un cheveu. Qu’importe, le Duc a fait le job et il en était bien conscient. Rabiot : « Je ne suis pas un ailier de métier donc je rentrais souvent dans le cœur du jeu mais j’ai quand même su prendre le ballon et apporter devant. J’étais bien aussi dans le repositionnement pour aider la ligne du milieu, pour aider à bloquer les milieux adverses. Ce n’était pas un rôle habituel mais je suis content de l’avoir fait et de l’avoir bien fait. »

On pourrait ajouter : et de l’avoir bien fait au meilleur des moments. Car d’ici l’Euro, les occasions de se montrer aux yeux de DD ne vont pas être légion, et samedi soir Rabiot a gagné énormément de points dans la course à la place de titulaire au milieu. Il n’y a qu’à écouter le sélectionneur pour s’en convaincre.

« Beaucoup de choses ont changé pour lui [depuis son arrivée à la Juve], il n’a pas de limites, c’est un joueur complet. Adrien à une telle qualité technique, une telle capacité à se projeter vers l’avant, une telle intelligence de jeu… Aujourd’hui il ne se pose plus les questions qu’il se posait il y a quelques années : "je suis trop haut, je suis trop bas, trop à gauche, trop à droite". Je sais où il est et ce n’est pas pour rien qu’il réussit là-bas. Aujourd’hui c’est un autre joueur, il est en confiance, tant mieux pour lui. » Et tant pis pour la concurrence.