RC Lens-FC Nantes : Pourquoi la carrière de Mehdi Abeid aurait pu être bien différente

FOOTBALL Le milieu de terrain du FC Nantes, qui aurait pu partir cet été, a subi des blessures aux plus mauvais moments durant sa carrière

David Phelippeau

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Le milieu de terrain du FC Nantes Mehdi Abeid.
Le milieu de terrain du FC Nantes Mehdi Abeid. — David Vincent/AP/SIPA
  • Mehdi Abeid (28 ans) n’a pas eu beaucoup de blessures durant sa carrière, mais elles sont souvent intervenues aux plus mauvais moments.
  • Le milieu de terrain algérien, qui retrouvera son club formateur (Lens) dimanche à 13 h, aurait pu par exemple signer en 2017 à… Lyon.
  • Cet été, un club d’Arabie Saoudite a manifesté un intérêt pour le joueur, mais la direction du FCN a préféré le conserver.

Il n’a « aucun regret ». Avec Nantes, dimanche (13 h), Mehdi Abeid (28 ans) retrouve son club formateur, le RC Lens. Celui dans lequel l’Algérien est arrivé à l’âge de 12 ans et qu’il n’a plus quitté pendant sept longues années (2004-2011). Dans le Nord, il n’a pas joué une seule minute avec les professionnels. Il avait pourtant paraphé son premier contrat pro dès l’âge de 15 ans. Abeid n’a pas oublié cet épisode assez cocasse : « A 14 ans, je suis parti avec mon père à Chelsea en stage une semaine, sans prévenir Lens. Les dirigeants lensois l’ont appris parce qu’ils nous ont appelés et sont tombés sur une messagerie anglaise. Je me souviens que j’avais dit que j’avais un mariage… »

A Londres, alors qu’il n’est âgé que de 14 ans, il s’entraîne avec la réserve de Chelsea. « Je me souviens que je mangeais pas très loin de Lampard et Drogba. » A son retour, Lens lui offre un contrat de trois ans qu’il accepte. Une récompense qui ne lui permettra jamais pourtant de goûter l’élite avec les Sang et Or. « En 2011, Daniel Leclercq [directeur technique] m’a dit qu’il ne comptait pas sur moi. » Quelques semaines plus tard, il s’engage à Newcastle.

Un élan brisé à Newcastle à cause d’un doigt de pied

Le début d’une expérience de quatre années (2011-2015) jalonnée de deux prêts : un de six mois en Ecosse à Saint-Johnstone (2013) puis un d’une saison en Grèce au Panathinaïkos (2013-2014) durant laquelle il réalise un magnifique exercice (10 buts et 7 passes décisives). « Je n’ai pas la bougeotte, se défend le joueur. Je suis en compétiteur et je considère que quand tu ne joues pas, tu ne progresses pas. » C’est en substance ce qu’il explique en face aux adjoints d’Alan Pardew à son retour à Newcastle à l’été 2014. « Je vais leur dire que je ne peux plus ne pas jouer et qu’il faut me vendre ou me résilier ! Ils me répondent d’être patient et d’attendre le match de Coupe contre City dans quinze jours. »

Contre les Cityzens, Abeid ne manque pas son examen de passage et finit homme du match. « J’ai enchaîné… » Jusqu’au gros pépin. Le milieu de terrain se brise le doigt de pied en sélection. « Je rentre à Newcastle et, à Burnley, je joue avec le pied cassé avec une injection. A la fin du match, je ne pouvais plus marcher. J’ai été absent plusieurs mois. Ça a mis un frein à mon expérience à Newcastle. » Abeid est coupé dans son élan. « J’aurais pu jouer toute la saison là-bas, j’étais en confiance. J’ai kiffé ma vie là-bas. »

Un coup de fil de Florian Maurice puis un genou qui craque…

Après un retour au Pana (2015-2016), Mehdi Abeid revient en France, à Dijon. Là encore, une blessure au genou intervient au plus mauvais moment en 2017. « Un jour, je suis au restaurant et je reçois un appel d’un numéro inconnu. Je garde le numéro. Je vérifie après le repas sur WhatsApp qui m’a appelé et je vois la photo de Florian Maurice ! Mes agents m’appellent et me disent : "Mais pourquoi tu ne réponds pas ?, Lyon te veut !" » Très peu de temps après cet appel téléphonique, un des genoux d’Abeid lâche, compromettant un éventuel départ à l’Olympique Lyonnais. « Je suis très croyant et je me dis que si ça ne s’est pas fait, c’est que ça ne devait pas se faire, relativise ce père de deux garçons. C’est la vie. »

Cet été, la carrière aurait aussi pu prendre une autre direction. L’international algérien a été dragué par un club turc et surtout une formation d’Arabie Saoudite. « Ça m’a effleuré l’esprit de partir, confie-t-il aujourd’hui. Financièrement, ce n’était pas refusable et ça arrangeait le club et moi. Je suis allé voir Franck Kita [directeur général délégué du FCN] et je lui ai parlé de l’offre. Je lui ai dit : "A vous de prendre la décision !" Il a été catégorique et il m’a dit qu’il comptait sur moi. » Un nouveau faux-départ semble-t-il parfaitement digéré par l’Algérien.