Mort de Van Halen : Frissons et « larmes aux yeux », depuis 1986 Jump tient en haleine les joueurs et supporters de l’OM

FRISSONS Le chanteur Eddie Van Halen, auteur du mythique titre « Jump » qui accompagne l’arrivée des joueurs de l’Olympique de Marseille au stade Vélodrome, est mort mardi

Adrien Max

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« Jump » retenti à chaque fois que les joueurs de l'OM rentre sur la pelouse du stade Vélodrome, sauf en Ligue des Champions.
« Jump » retenti à chaque fois que les joueurs de l'OM rentre sur la pelouse du stade Vélodrome, sauf en Ligue des Champions. — Valérie Hache / AFP
  • Eddie Van Halen, auteur du titre Jump est mort mardi des suites d’un cancer.
  • Jump est devenu l’hymne diffusé dans le stade Vélodrome lors de l’entrée des joueurs de l’OM à partir de 1986 et l’arrivée de Bernard Tapie.
  • Pour les anciens joueurs de l’OM, Jump est devenu « un mythe », « un symbole », « une source de motivation », mais qui a bien failli disparaître.

« Jump to heaven ». L'Olympique de Marseille a rendu hommage mardi soir à Eddie Van Halen, guitariste et fondateur du groupe Van Halen, disparu à la suite d’un cancer. Il n’est pas Marseillais, n’a jamais joué pour l’OM, n’est jamais venu au Vélodrome, mais il est l’auteur de la musique Jump, devenu l’un des symboles du club. Depuis 1986, ce titre accompagne l’entrée des joueurs de l’Olympique de Marseille sur la pelouse. Une nouveauté qui correspond à l’arrivée du nouveau président de l’époque, Bernard Tapie, alors que Jump, sorti en 1984, a déjà trusté la tête charts américains pendant cinq semaines consécutives.

A l’annonce de la disparition du musicien, Jean-Christophe Marquet, ancien joueur de l’OM, s’est « replongé dans ce [qu’il] a pu vivre avec cette musique ». « C’est assez difficile à expliquer. J’ai joué mon premier match à 16 ans. En tant que jeune du centre de formation, tu te prépares à jouer avec l’OM mais aussi à entrer sur cette musique. Elle te met les larmes aux yeux, tu penses à ta famille, à un milliard de choses », se remémore l’ancien milieu de terrain.

« On savait qu’on était chez nous »

« Ça évoque la grande époque de l’OM avec Tapie. Tu entendais Jump dans le tunnel et une fois sur la pelouse, c’était les frissons. Elle nous donnait le tempo pour attaquer, c’était une parfaite introduction, un parfait déclencheur du match. Dès qu’on rentrait sur le terrain, je ressentais qu’on prenait le dessus sur l’adversaire. En tant que capitaine je ressentais ça, et je pense que c’était pareil pour les autres joueurs et le staff », se souvient Marcel Dib, ancien joueur et directeur sportif de l’OM.

Aujourd’hui encore Gérard Gili, ancien joueur et entraîneur de l’OM, a les mêmes frissons qu’à l’époque, à l’écoute du titre : « C’était quelque chose de tout nouveau. C’était surprenant, la sono était extraordinaire, ça nous surmotivait. On marchait le long de ligne de touche et cette musique nous remplissait d’énergie. On savait qu’on était chez nous. »

Une nouveauté devenue symbole

« Tapie transformait les matchs en show à l’américaine », comme l’explique Gérard Gili. Une nouveauté, déjà source de motivation naturelle, décuplée par les résultats du club. « Tapie a choisi cette musique, mais ce qui a amené son âme supplémentaire et sa magie, ce sont les grands matchs européens », estime Marcel Dib. « Elle était déjà mythique, mais ce qui l’a rendu encore plus mythique ce sont les grands moments en championnats, en Coupe d’Europe. On s’identifie directement à ces moments », ajoute Jean-Christophe Marquet.

Thibaut, fan de l’OM a aussi voulu, à sa façon, identifier Jump à l’un des événements les plus marquants de sa vie : son mariage. « J’ai laissé ma femme organiser pas mal de trucs, mais j’ai insisté pour un truc : Pouvoir rentrer dans la salle le soir sur Jump ! Au moment où le DJ a dit : " Faites du bruit pour les mariés ", il a lancé le son. J’ai dit à ma femme : " Allez l’OM ! " et on est rentré. Bref j’avais l’impression d’être au Vélodrome. »

Jump, un marqueur dans une vie, à l’image d’un autre hymne tout aussi mythique chez les joueurs, comme les supporters. « Pour moi Jump procure les mêmes sensations que l’hymne de la Ligue des champions. Ce sont deux cérémonies qui s’associent tellement bien à l’OM », considère Jean-Christophe Marquet. « Pour moi, il y a la Marseillaise, la Ligue des champions et Jump. C’est mon tiercé gagnant », tranche Marcel Dib.

Faire sauter Jump ?

Pourtant Jump aurait pu disparaître du stade Vélodrome, en même temps que l’OM était relégué en seconde division en 1994, avec la disparition du titre en début de saison. « Si mes souvenirs sont bons, le club voulait tourner la page. Mais ça n’a pas duré longtemps. Quand on a été consulté, on a bien fait comprendre au club que Jump faisait partie du patrimoine de l’OM et elle est revenue comme il se doit. Et depuis elle fait toujours partie de l’institution de la ville », relate Jean-Christophe Marquet. « C’est une partie du club qu’on ne peut pas enlever, comme si on déplaçait le Vélodrome à 100 km », tranche Gérard Gili.

Aujourd’hui, Jump fait encore de la résistance en étant le dernier titre diffusé au Vélodrome qui ne soit pas du rap. Akhenaton, rappeur d’IAM et grand fan de l’OM, a d’ailleurs confessé « détester » ce morceau « merdique, doublement merdique, et même triplement merdique ». Il a même proposé de remixer cette « musique de l’émission Champs-Elysées qui ne représente par Marseille ». Il n’en fallait pas plus pour provoquer une levée de boucliers des supporters : on ne touche pas aux symboles de l’OM.