Mercato OM : Un goût d’inachevé chez les Marseillais malgré l’arrivée de Cuisance
FOOTBALL•L’Olympique de Marseille a bouclé son mercato lundi soir avec l’arrivée de Michaël Cuisance et les départs de Maxime Lopez et de Bouna Sarr, que le club n’a pas encore remplacéAdrien Max
L'essentiel
- L’Olympique de Marseille a enregistré l’arrivée de Michaël Cuisance en provenance du Bayern Munich, Bouna Sarr fait le voyage inverse.
- L’OM n’est pas parvenu à compenser le départ de Bouna Sarr avec l’échec du transfert de Joakim Mahele.
- Selon Rolland Courbis, l’effectif est un peu juste pour la Ligue des champions, mais une nouvelle organisation tactique pourrait offrir de nouvelles possibilités à André Villas Boas.
Le soufflé est un peu retombé. Le mercato de l'Olympique de Marseille s’est clos lundi soir sur un manqué, avec le transfert avorté du défenseur latéral Joakim Maehle, en provenance de Genk. Jusque dans les tout derniers instants du mercato, ce défenseur Danois de 23 ans était attendu à Marseille pour combler le départ de Bouna Sarr au Bayern Munich pour 10 millions d’euros. Si les négociations tournaient autour d’un prêt payant de 2 millions d’euros assortis d’une option d’achat à 8 millions d’euros, le club de Genk se serait montré beaucoup trop gourmant tard lundi soir, en demandant pas moins de 15 millions d’euros.
Mais pour Bob Faesen, journaliste à Het Belang van Limburg, et suiveur du club de Genk, ce revirement de situation n’est pas si étonnant. L’explication pourrait être plus sportive que financière. « L’OM proposait autour de 10 millions mais le club de Genk n’a pas forcément besoin d’argent, c’est l’un des clubs les plus riches de Belgique. Leur début de saison a été catastrophique, l’entraîneur a été viré et Maehle est devenu capitaine. C’est l’un des derniers joueurs qui a connu le titre en 2019, il y avait une grosse pression des supporters donc je pense que c’est plus ça qui a joué. Après s’il y avait eu une offre exceptionnelle… », confie-t-il. Le prêt de l’autre latéral du club, Casper De Norre, vers Louvain, n’a été effectif qu’à minuit preuve que tout était encore possible pour Joakim Maehle à l’OM.
« Un peu enflammée »
L’arrivée du jeune français de 21 ans Michaël Cuisance, en provenance du Bayern Munich, mais aussi les départs de Bouna Sarr qui a fait le chemin inverse, et de Maxime Lopez vers Sassuolo en Série A, satisfaisaient les supporters sur le mercato actif de Pablo Longoria, le nouveau directeur football de l’OM. Mais c’était sans compter la déception Joakim Mahele.
« Je me suis peut-être un peu enflammée, temporise Najet Rami après coup. Mais j’ai quand même bien aimé avoir cette impression que les dossiers étaient bien travaillés. Quand Sarr est parti, on avait déjà des pistes, après ça arrive dans le foot ce genre de retournements de dernière minute. Malheureusement il n’est pas remplacé, ce qui me fait dire que ce mercato est incomplet. Mais des coups comme Balerdi, Cuisance et Gueye, Zubizaretta n’en a jamais fait. »
« Le mercato n’est pas fini »
Si Najet Rami considère ce mercato comme incomplet, Rolland Courbis, ancien coach de l’OM, estime que « le mercato n’est pas fini ». L’OM devrait se tourner vers un joker en défense pour pallier le départ de Sarr. « Je pense que c’est tout à fait possible de trouver une bonne doublure à Sakaï », avance-t-il.
Difficile pour lui de comparer le mercato réalisé par Longoria cette année à celui de Zubizaretta l’année dernière, critiqué pour ne pas s’être montré plus présent. « Faire venir Alvaro [Gonzalez], Rongier et Benedetto c’est quand même pas mal », rappelle-t-il. Il est tout de même agréablement surpris par le bon coup Cuisance, la vraie bonne nouvelle du côté de l’OM pour cette fin de mercato.
Reste l’épineux dossier des départs alors que ni Zubizaretta, ni Longoria, ne sont parvenus à se défaire de Strootman, Mitrouglou et même Germain. « J’ai pu lui reprocher beaucoup de chose, mais au moins Vincent Labrune [ancien prédisent de l’OM] savait vendre », tacle Najet Rami. Dès lors, compliqué de recruter un autre numéro 9 pour suppléer Dario Benedetto, à la peine depuis le début de saison.
« Ça risque d’être compliqué pour la Ligue des champions »
Si Villas Boas fonctionnait avec un groupe de 13 ou 14 joueurs la saison précédente, elle s’est terminée au bout de 28 matchs et sans compétition européenne. « Il y a une ossature de six, sept, voire huit joueurs qui est intéressante, l’OM s’est renforcé de manière quantitative. Après ça risque d’être compliqué pour la Ligue des champions, même si leur groupe n’est pas impossible », considère Rolland Courbis face à un « calendrier démentiel ».
Pour lui, la solution se trouve déjà dans l’effectif. « Pour moi le 9 ou 9 et demi, ils l’ont déjà avec Germain. On dit souvent " on ne change pas une équipe qui gagne ", mais je pense qu’André Villas Boas doit avoir une deuxième organisation en alignant Germain avec Benedetto. Et Payet peut aussi jouer en soutien de Benedetto. L’OM peut jouer avec un quatuor offensif et revenir à trois milieux récupérateurs en fin de match par exemple », estime coach Courbis.
« C’est bien d’avoir de la concurrence au milieu, Sanson, Rongier et même Kamara ne sont pas au niveau. Mais pour moi l’effectif n’est pas taillé pour la Ligue des champions. Il faudra absolument être régulier en championnat si on veut encore se qualifier en Ligue des champions », estime Najet Rami. Des clubs comme Lille et Rennes, juste derrière l’OM au classement la saison dernière, n’ont pas hésité à lâcher des millions pour se renforcer significativement.



















