Stade Toulousain : Survie économique, avenir sportif… Didier Lacroix choisit la solution offensive

RUGBY Malgré le contexte très difficile du rugby français ébranlé par le Covid-19, le président du Stade Toulousain Didier Lacroix tient un discours volontariste

Nicolas Stival

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Didier Lacroix, le président du Stade Toulousain, le 3 juin 2020 au stade Ernest-Wallon.
Didier Lacroix, le président du Stade Toulousain, le 3 juin 2020 au stade Ernest-Wallon. — Nicolas Stival / 20 Minutes
  • Le président du Stade Toulousain Didier Lacroix veut croire à une reprise du Top 14 et de la Coupe d'Europe au mois de septembre avec du public.
  • Le club le plus titré de France compte s’appuyer sur la fidélité de ses supporteurs et de ses partenaires pour sortir par le haut de la crise engendrée par le Covid-19.

On n’ira pas jusqu’à dire que Didier Lacroix a salué « le retour des jours heureux », à l’image d’Emmanuel Macron la veille au sujet de la réouverture des cafés-restaurants. Mais ce mercredi, le président du Stade Toulousain a adopté un ton résolument volontariste et teinté d’optimisme pour donner « le coup d’envoi de la saison 2020-2021 ».

Mardi, la LNR avait officialisé l’arrêt définitif de la saison 2019-2020, gelée depuis trois mois pour cause de coronavirus. Désormais, le patron du dernier champion de France se projette sur le 3 septembre, date actuelle de reprise du prochain Top 14.

« On espère jouer normalement », a insisté Lacroix devant un parterre de journalistes masqués, dans un vaste salon du stade Ernest-Wallon, « le plus beau terrain du monde », en pleins travaux. « Normalement », cela veut dire avec du public. « Si on reprend à huis clos, c’est tout simplement impossible de vivre sans aides de l’État », souligne le boss du Stade, qui a sollicité un prêt garanti par l’Etat « de l’ordre de cinq millions d’euros » et dont l’affirmation concerne aussi tous ses collègues.

Car le rugby pro, à la différence du foot gavé de droits TV, vit « à 60 % du partenariat, à 20 % du public et à 20 % du reste [droits TV, marketing…]. » Ainsi, l’annulation du quart de finale de Coupe d’Europe « délocalisé » au Stadium contre l’Ulster et à guichets fermés (33.000 spectateurs), programmé le 5 avril dernier, aurait provoqué un manque à gagner de 700.000 euros…

Ce n’est donc pas un hasard si Didier Lacroix a commencé son intervention de près d’une heure et demie par l’annonce de la tenue de cette rencontre franco-irlandaise le 20 septembre, toujours au Stadium. Avant des demi-finales et une finale programmées en octobre. A condition, bien sûr, que la situation actuelle, extrêmement mouvante, n’évolue pas dans le mauvais sens d’ici là…

Encore beaucoup d’incertitudes

« Si par malheur, une deuxième vague de Covid ou un nouveau problème survient, on s’adaptera », promet le président toulousain, qui estime qu’il n’aura une bonne vision de son budget 2020-2021 que vers fin septembre. Malgré la fidélité de l’équipementier Nike, qui a prolongé jusqu’en 2025, il sera forcément revu à la baisse par rapport aux 37,2 millions annoncés pour 2019-2020, avec des joueurs qui ont consenti des efforts salariaux (jusqu’à 15 %) alors que les négociations sont en cours avec l’encadrement (où Jean Bouilhou a succédé à Régis Sonnes) pour obtenir le même résultat.

Par petits groupes d’entraînement, les joueurs justement, poursuivent le lent et compliqué protocole de reprise qui doit les amener à retrouver la compétition. Avec quelques nouvelles têtes (les demis de mêlée Alexi Balès et Baptiste Germain) et le revenant australien Richie Arnold, qui fera la paire en deuxième ligne avec son jumeau Rory.

« Un club aimant et aimé »

L’équipe aura encore une fière allure, pour satisfaire des supporteurs et des partenaires auxquels Lacroix a tressé des lauriers tout au long de son intervention. « Toulouse est un club aimant et aimé », assure-t-il, en s’appuyant sur le succès du « mur de soutien » dont 12.000 briques ont été vendues à ce jour, pour un montant de 720.000 euros reversé à l’association. « On est là pour animer la population, faire sourire, donner du plaisir », assène Didier Lacroix. Encore faut-il pour cela pouvoir rejouer au rugby.