Déconfinement : La Bundesliga siffle la reprise du championnat le 15 mai

FOOTBALL La Bundesliga est le premier championnat européen majeur à reprendre. Ce retour se fera sans aucun spectateur mais pas sans critiques

F.H. avec AFP

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L'attaquant du Bayern Munich Thomas Mueller à l'entraînement le 5 mai.
L'attaquant du Bayern Munich Thomas Mueller à l'entraînement le 5 mai. — AFP

La Bundesliga est le premier championnat européen majeur à reprendre. La Ligue de football allemande (DFL) a annoncé à l’agence sportive SID, ce mercredi, la reprise du championnat pour le vendredi 15 mai. La Bundesliga avait été arrêtée le 13 mars à cause de l’épidémie de coronavirus.

Après le feu vert donné mercredi après-midi par le pouvoir politique, la DFL a envoyé un courrier circulaire aux 36 clubs de première et deuxième divisions. « Après évaluation de tous les arguments, le présidium de la DFL a décidé aujourd’hui [mercredi] de reprendre la compétition en Bundesliga 1 et 2 à partir du 15 mai », indique ce courrier, dévoilé d’abord par les journaux Bild et Kicker.

De 82.000 à 0 spectateur pour le derby de la Ruhr

Hans-Joachim Watzke, le président de Dortmund​, estime qu’un arrêt du championnat « n’aurait pas été supportable économiquement pour les clubs ». Même si, « jouer devant des tribunes vides sera un défi énorme, surtout pour une équipe comme le Borussia Dortmund qui tire beaucoup d’énergie de la passion de ses supporters ». Le BVB va reprendre à domicile par le derby de la Ruhr contre Schalke, une rencontre qui déchaîne d’ordinaire les passions et la folie des 82.000 supporters du Signal Iduna Park.

« Jouer sans spectateurs n’est pour personne une solution idéale », a admis le président de la DFL Christian Seifert, « mais dans cette crise qui menace la survie même de certains clubs, c’est la seule solution ».

« C’est à nous de jouer »

Les joueurs ont « une énorme responsabilité », a déclaré le capitaine du Bayern Munich Manuel Neuer après l’autorisation donnée mercredi par le gouvernement pour la reprise du championnat à partir de la mi-mai. « Les gens vont nous regarder depuis d’autres pays européens, en fait de partout dans le monde », a déclaré Neuer au quotidien de Francfort FAZ. « Nous devons être pleinement conscients de cette responsabilité. C’est à nous de jouer. »

L’Angleterre, l’Espagne et l’Italie espèrent, au mieux, reprendre en juin. D’autres pays ont déjà fixé leur date de reprise, dont le petit championnat des îles Féroé (9 mai), la Serbie (30 mai), la Croatie (6 juin) ou encore la Turquie (12 juin). En France comme aux Pays-Bas, les championnats de Ligue 1 et d’Eredivisie ont été arrêtés. Une différence, le PSG a été sacré champion en France alors que le titre n'a pas été attribué aux Pays-Bas.

En jouant les neuf dernières journées, la Bundesliga (D1 et D2) va récupérer 300 millions d’euros de droits TV. De quoi donner un peu d’air à un secteur sinistré, qui emploie en Allemagne 56.000 personnes.

La reprise de la Bundesliga suscite des critiques

Ce retour du football est loin de faire l’unanimité dans le pays. « L’Etat brade la santé de la population et des gens malades au football, c’est pervers », s’est emporté le champion du monde 2017 du javelot Johannes Vetter, dans une interview à un journal régional.

L’ancienne championne du monde du poids Christina Schwanitz estime que le football bénéficie de passe-droits inacceptables : « Je ne trouve pas ça bien que le football ait cette position particulière et s’assoie sur tout le reste, juste parce qu’il génère beaucoup d’argent ».

Dans le monde politique, la critique est venue du parti écologiste Les Verts : « On peut comprendre la volonté de revenir à la normalité », peut-on lire dans un communiqué. « Mais il n’est en revanche pas compréhensible que le football obtienne ces privilèges. Alors que des groupes très exposés comme par exemple les soignants en maison de retraite ne sont pas encore suffisamment testés pour le Covid-19, on va justement le faire sur les footballeurs. »