Girondins de Bordeaux : 22 juin, protocole sanitaire, entraînement… Comment le club imagine la reprise ?

FOOTBALL Malgré les incertitudes liées à la crise du Covid-19, les Girondins préparent la reprise de la nouvelle saison avant de partir en vacances

Clément Carpentier

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Paulo Sousa et Laurent Koscielny vont se retrouver mais devront respecter la distance sociale.
Paulo Sousa et Laurent Koscielny vont se retrouver mais devront respecter la distance sociale. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Les Girondins de Bordeaux pourraient reprendre le chemin de l’entraînement le 22 juin prochain.
  • Le club a d’ores et déjà établi un protocole de reprise qui passera par un test Covid-19 sur la base du volontariat et des mesures strictes dans le vestiaire comme le port du masque.
  • Pour l’instant, la visibilité économique pour le mercato estival reste très limitée.

La Ligue 1 ne reprendra pas ses droits avant le 23 août prochain. Mais d’ici là, tous ses acteurs ne comptent pas rester les bras croisés. Alors qu'en coulisses les dirigeants tentent de maintenir financièrement leur club à flot, les joueurs et entraîneurs vont enfin pouvoir retrouver un peu de liberté avec le déconfinement. Et cela même si la pratique du football est encore proscrite pour une durée encore indéterminée aujourd’hui. Certains centres d’entraînements s’apprêtent à rouvrir le 11 mai.

Mais pas sûr d’y croiser grand monde. Dans les bureaux avec le maintien du télétravail comme dans les vestiaires. Il n’y a en effet aucune urgence à reprendre le chemin des terrains avec l’arrêt du championnat et surtout les clubs planchent en ce moment sur le protocole sanitaire de reprise pour pouvoir l’appliquer le plus rigoureusement possible. « Un protocole qui change beaucoup et parfois, en l’espace de quelques heures, on doit revoir nos plans », explique un membre du staff des Girondins. 

Reprise le 22 juin avec test Covid-19 sur la base du volontariat ?

Si dans les faits la reprise de l’entraînement individuel pourra être possible dès lundi, les joueurs bordelais ne reverront pas le château du Haillan avant juin. Le club a abandonné, ces derniers jours, l’idée première de les faire revenir la semaine du 18 mai pour faire un bilan médical et reprendre l’activité physique sur quelques jours avant de partir en vacances. Le retour a finalement été programmé au 22 juin. Une date qui pourrait changer selon l’évolution de la pandémie tout comme le protocole sanitaire validé à ce jour par les dirigeants.

S’il n’y a pas de deuxième vague ou de nouvelle dégradation de la situation sanitaire, les joueurs commenceront à revenir, un par un, à partir du 22 juin pour faire un bilan clinique, psychologique et réaliser un test d’effort. Le test Covid-19 dans tout ça ? Il n’est pour l’instant plus obligatoire, parce que la ministre du travail a interdit il y a quelques jours le dépistage généralisé dans les entreprises. Et un club de football reste une entreprise comme une autre, aujourd’hui il n’existe pas de dérogation pour le sport professionnel.

« Le test se fera donc sur la base du volontariat », précise un dirigeant à 20 Minutes. Il sera dans un premier temps proposé aux joueurs, aux membres du staff et aux personnels proches de l’équipe professionnelle (une cinquantaine de personnes) avant peut-être d’élargi à tous les salariés des Girondins de Bordeaux si la situation le permet. Pour rappel, aucun joueur n’a été testé positif ou a rapporté des symptômes liés au coronavirus lors du confinement.

Port du masque et entraînement à distance par petit groupe

Il sera ensuite temps de retrouver une activité physique sur le terrain. Mais attention, il faudra faire avec des mesures strictes selon le protocole actuel. Les joueurs seront accueillis deux par deux et dès l’entrée dans le centre d’entraînement, il y aura un parcours à respecter. Le masque sera obligatoire dans les locaux.

Nicolas De Préville à l'entraînement au Haillan.
Nicolas De Préville à l'entraînement au Haillan. - NICOLAS TUCAT / AFP

Tout ça pourrait bien sûr bouger notamment si certaines mesures sont assouplies le 2 juin par le gouvernement français. Mais pour l’instant, le protocole prévoit des entraînements par petits groupes avec un travail uniquement physique à distance. Pablo, victime d’une rupture des ligaments croisés et opéré, ne reviendra pas comme prévu au mois de mai pour faire un bilan sur l’évolution de sa rééducation mais cela se fera à distance depuis son pays natal.

Peu de visibilité sur le mercato pour le moment

En coulisses, la préoccupation reste forte quant aux conséquences économiques de la crise sanitaire. Comme d’autres, le club a préféré ne pas faire une « petite » reprise en mai pour ne pas mettre fin au chômage partiel qui soulage les finances du club. A l’instant T, King Street, le fonds d’investissement américain propriétaire des Girondins de Bordeaux, n’a pas fait part à la direction d’un changement de stratégie à très court terme comme une vente possible du club. Le passage devant la DNCG d'ici le 30 juin sera un moment-clé.

Malgré cette situation complexe, le secteur sportif continue d'avancer mais avec aujourd’hui peu de visibilité. Comme l'indiqué 20 Minutes le 17 avril, l’objectif premier est de conserver à 80 % l’ossature de l’équipe et de dégraisser fortement sur le reste de l’effectif. Un premier départ devrait arriver rapidement puisque Nîmes pourrait lever l’option d’achat de Yassine Benrahou (1.5 millions d’euros) d’ici la fin de cette semaine. Par ailleurs, les discussions autour de la prolongation de contrat de Nicolas De Préville, l'un des piliers de l'équipe, doivent reprendre dans les prochains jours selon les informations.