Coronavirus: La valeur de Mbappé et Neymar chute de 20 % dans « une crise sans précédent »

FOOTBALL Entre 169 et 238 millions d'euros se seraient «envolés» pour le PSG dans le sillage de la pandémie due au coronavirus, selon une étude du cabinet KPMG

N.C. avec AFP

— 

Kylian Mbappé et Neymar lors de PSG-Monaco, le 12 janvier 2020 au Parc des Princes.
Kylian Mbappé et Neymar lors de PSG-Monaco, le 12 janvier 2020 au Parc des Princes. — J.E.E/SIPA

La crise économique causée par l’épidémie de Covid-19 va-t-elle faire baisser la pression sur le marché des transferts ? Ce serait là, au moins, un début de bonne nouvelle. On n’en est pas encore à l’éclatement de la bulle, mais le coronavirus aura un impact sur la valeur des plus grands joueurs, affirme mercredi une étude du cabinet KPMG. La valeur de Kylian Mbappé et Neymar, par exemple, pourrait baisser de plus de 20 %.

« Les clubs font face à une crise sans précédent », souligne le cabinet d’audit, à cause des pertes de droits télé, de sponsoring et de recettes « jour de match » qui vont frapper le foot européen. « Les contraintes financières vont probablement mener à une baisse à la fois dans le nombre des transactions et dans le montant des transferts » au profit des prêts, des échanges de joueurs ou des joueurs en fin de contrat et libres, écrit encore KMPG.

Le cabinet a essayé de chiffrer la perte de valeur de plus de 4.000 joueurs évoluant dans les dix principaux championnats européens : Premier League et Championship (2e division) anglaises, Espagne, Allemagne, Italie, France, Pays-Bas, Belgique, Turquie et Portugal. Ses recherches font apparaître une perte moyenne de 20 % de la valeur pour les vingt joueurs les plus chers si la fin de saison est annulée et de 13 % si elle reprend et va à son terme.

Avec respectivement 21,5 % et 21,7 % de baisse face au scénario de l’arrêt de la Ligue 1, Mbappé et Neymar, les deux joueurs les plus chers d’Europe, sont un peu au-dessus de cette moyenne. L’attaquant français est valorisé entre 177 et 188 millions d’euros, contre 225 millions d’euros dans l’estimation de KPMG en février, alors que Neymar ne vaudrait plus 175 millions d’euros mais entre 137 et 149 millions d’euros.

L’âge et la durée restante du contrat sont des facteurs importants. L’Argentin Lionel Messi, bientôt 33 ans, perdrait entre 23,2 % et 27,5 % de sa valeur (à 127/134 millions d’euros) et le Belge Eden Hazard vaudrait entre 95 et 101 millions d’euros, une baisse de 25,5 % à 29,8 % depuis février.

À l’inverse, Raheem Sterling (Manchester City) ne perdrait que de 10,5 % à 13,8 %, pour une valeur entre 129 et 134 millions, et deviendrait le 3e joueur le plus cher d’Europe. Son compatriote Jadon Sancho, tout juste 20 ans, vaudrait entre 121 et 127 millions, seulement 8,5 % et 13,4 % de moins qu’il y a trois mois.

Ces valorisations sont loin de n’être que théoriques. « Dans certains cas, la valeur de marché des joueurs va descendre en dessous de leur valeur dans le bilan des clubs, occasionnant des pertes comptables significatives, qui accroîtront la pression sur les clubs », avertit KPMG. Ainsi, au niveau des clubs, si Manchester City présente l’effectif le plus cher d’Europe, le PSG ne serait plus que 7e dans ce classement, alors qu’il était 6e en février. Entre 169 et 238 millions d’euros se seraient « envolés » pour le PSG dans le sillage de la pandémie due au coronavirus.

Mais dans le top 10, ce sont surtout Barcelone (entre 20,5 % et 28,9 %) et le Real Madrid (de 19,1 % à 27,2 %), suivis de près par Chelsea (de 19 % à 27 %) qui subissent l’impact le plus fort.

Du marché de vendeurs au marché d’acheteurs

KPMG semble de l’avis que le football d’après-pandémie ne sera plus jamais le même. « D’un "marché de vendeurs", où les clubs avaient souvent le pouvoir de négocier des indemnités de transfert élevées pour leurs joueurs sur le départ, on va sans doute observer un "marché d’acheteurs", où une minorité de clubs exploiteront les difficultés financières de leurs homologues », prédit l’étude.

« Le besoin et la volonté des clubs de baisser les salaires persisteront probablement quand le virus sera parti et que le football reviendra à la normale », pronostique aussi l’étude, qui prévoit également une baisse des primes à la signature. « Tout bien pesé, il semblerait que (la pandémie) aura un effet positif sur la pérennité de l’industrie du football à long terme », conclut l’étude sur une note presque optimiste.