RC Toulon : « La vraie justice a reconnu que l’EPCR m’avait diffamé », lance Mourad Boudjellal

RUGBY Mourad Boudjellal vient de remporter son procès en diffamation contre l’organe directeur du rugby européen. L’EPCR avait qualifié « d’homophobe » le comportement de l’ex-président du RCT

J.S.-M.

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Mourad Boudjellal, en juillet 2017, alors qu'il était président du RC Toulon (archives).
Mourad Boudjellal, en juillet 2017, alors qu'il était président du RC Toulon (archives). — F. Pennant / AFP
  • « La justice a confirmé non seulement que mes propos n’étaient pas homophobes, mais surtout que l’EPCR n’avait aucune légitimité pour me juger là-dessus », lance Mourad Boudjellal.
  • Il a obtenu la condamnation en diffamation de l’EPCR et de son directeur général Vincent Gaillard.

Mourad Boudjelall n’est plus président du RC Toulon. Il vient pourtant de remporter une grosse victoire juridico-rugbystique. L’ancien dirigeant a remporté son procès en diffamation contre l’European Professional Club Rugby ( EPCR​), l’organe directeur du rugby européen. « La vraie justice a reconnu que l'EPCR m'avait diffamé », réagit Mourad Boudjellal auprès de 20 Minutes, ce jeudi, au lendemain de l’annonce du jugement. « La justice a confirmé non seulement que mes propos n’étaient pas homophobes, mais surtout que l’EPCR n’avait aucune légitimité pour me juger là-dessus », poursuit-il.

En juillet 2018, l’EPCR avait qualifié « d’homophobe » le comportement de Mourad Boudjellal. Celui qui était alors président du RCT avait été condamné à 75.000 euros d’amende par la commission de discipline de l’EPCR, pour « conduite inappropriée. » Après un match entre RCT et Trévise, Mourad Boudjellal s’était inquiété que Mathieu Bastareaud soit cité pour une insulte homophobe envers un joueur italien : « Je crains le côté mormon de l’EPCR, avec les Gallois et les Irlandais », avait-il notamment déclaré.

« Une insulte réflexe, pas homophobe »

« J’ai juste dit que quand Bastareaud dit “pédé”, c’est une insulte réflexe, pas homophobe, explicite Mourad Boudjellal, deux ans après. C’est ma façon de voir les choses. Pas celle de l’EPCR. Mais ils n’avaient pas à me juger là-dessus. » L’ancien dirigeant du RCT, qui cherche désormais à racheter le club de football du Sporting Toulon, affirme qu’il a « suffisamment été victime d’ostracisme de part [ses] origines pour ne pas l’appliquer aux autres ».

L’EPCR a été condamné à 10.000 euros d’amende. Son directeur général Vincent Gaillard est lui condamné à 5.000 euros d’amende, avec sursis. L’EPCR et Vincent Gaillard ont aussi été condamnés à verser 30.000 euros à Mourad Boudjellal et 10.000 euros au RCT au titre du préjudice moral. Ils ont dix jours pour faire appel.

« Ces organismes ne sont pas au-dessus des lois »

« C’est une décision très rare, c’est comme si un club de foot avait réussi à faire condamner l’UEFA, salue Me Clément Lambert, un des avocats de Mourad Boudjellal. Ces organismes sont persuadés d’être des quasis juridictions, des Etats dans l’Etat. Ils ne sont pas au-dessus des lois nationales. »